Voici la photo publiée en première page du rapport annuel de la corporation LACtivité Pêche du lac Saint-Jean. Il s’agit de Philippe Gentile et de sa fille, Béatrice, ainsi que de Florent Archambault, Jeanne Morin et leurs deux fils, Baptiste et Charles. Ils posent avec une superbe ouananiche capturée au large de Mashteuiatsh en juillet 2018.

La ouananiche devrait être au rendez-vous

CHRONIQUE / La question est sur toutes les lèvres des amateurs de pêche à la ouananiche: le lac sera-t-il calé pour l’ouverture de la saison prévue pour le vendredi 10 mai? Selon les observateurs, la date anticipée serait le 13 mai alors que le niveau du lac serait près de 13 pieds (3,9 m).

Il faudra attendre le jour même pour savoir où sont les glaces et dans quel secteur les amateurs pourront se mettre à l’eau. Peu importe les conditions du lac, l’ouverture hâtive démontre que la ressource ouananiche est suffisamment abondante, selon le dernier rapport sur l’éperlan et la ouananiche du lac Saint-Jean de la biologiste Karine Gagnon, du bureau régional du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP).

La biologiste conclut qu’en 2018, «les indicateurs démontrent que la ouananiche est encore dans la phase supérieure de cycle d’abondance, mais que ce cycle commence à fléchir. Comme ce processus (déclin du cycle) en est encore au début, les mesures réglementaires de l’année dernière peuvent demeurer en 2019».

C’est pour cette raison que l’ouverture de la pêche à la ouananiche est devancée de deux semaines et que la limite quotidienne de prises et de possessions est maintenue à trois, en lacs et en rivières, sauf pour la rivière Métabetchouane où la limite sera d’une prise.

Remise à l’eau

Dans un communiqué émis récemment, le MFFP précise que «la ouananiche se nourrit en grande partie d’éperlans arc-en-ciel. Augmenter les captures de ouananiches a pour effet de réduire la pression qu’elles exercent sur l’éperlan et de favoriser un maintien des stocks». Les pêcheurs auraient donc intérêt à conserver les petites ouananiches capturées et à ne pas les remettre à l’eau pour réduire la pression sur les stocks d’éperlans.

Dans le rapport annuel de la Corporation LACtivité Pêche Lac-Saint-Jean, on indique qu’en 2018, les pêcheurs ont capturé 5748 ouananiches et qu’ils en ont remis 448 à l’eau. On peut imaginer que ces remises à l’eau sont en majorité des petites ouananiches. En principe, pour éviter de mettre de la pression sur les populations d’éperlan, les pêcheurs devraient conserver ces prises.

Dans son rapport, la biologiste Karine Gagnon précise que «durant sa vie en lac, une ouananiche croît de façon plus marquée durant son premier été. Si l’éperlan est abondant, sa survie (abondance) et sa croissance (longueur) seront meilleures. En effet, la taille des prises ayant passé une année en lac est étroitement liée à l’abondance de l’éperlan». Les jeunes ouananiches sont très voraces lors de leur première année en lac. Après trois années en rivière, les jeunes ouananiches «arrivent dans le lac comme des ados dans le frigo à trois heures du matin», compare le chercheur Pascal Sirois, de l’Université du Québec à Chicoutimi .

«La survie des jeunes éperlans en 2017 a été très bonne, ce qui annonce un énorme potentiel de reproducteurs pour 2019, même si ce n’est pas une garantie», indique la biologiste, car la prédation des jeunes ouananiches et les événements hydrologiques du lac peuvent avoir des impacts.

La période de pêche au doré jaune et aux autres espèces reste inchangée et débute le 24 mai. Les pêcheurs auront accès aux embouchures des rivières si les vents sont favorables pour l’ouverture.

Le ministère précise que le devancement de l’ouverture de la pêche à la ouananiche ne s’applique pas aux rivières Grande Décharge et Petite Décharge, à Alma, en aval du barrage de l’Isle-Maligne, et à la rivière Saguenay.