Stéphanie Tremblay, de Chicoutimi, et Simon Tremblay, de La Baie, ont fait une belle pêche sur la rivière Mistassini le 10 juillet. Il s’agit d’une première ouananiche à la mouche pour la pêcheuse.

La ouananiche aussi en retard

CHRONIQUE / La ouananiche du lac Saint-Jean n’échappe pas à l’été caniculaire et accuse un retard de deux semaines de montaison dans les rivières. « Il n’y a que sur la rivière Mistassini où les pêcheurs connaissent du succès présentement. Les rivières sont à terre, elles manquent d’eau et les poissons demeurent dans le lac. Ça va prendre beaucoup de pluie pour provoquer du mouvement », a commenté le directeur de la Corporation LACtivité pêche (CLAP), Marc Archer, pour décrire la situation.

La pêche contingentée à la ouananiche à la mouche dans la haute rivière Ashuapmushuan a commencé le samedi 14 juillet et les pêcheurs ne connaissent pas les succès espérés. La saison sur la « haute » se poursuivra jusqu’au 30 septembre et il faudra peut-être attendre au mois d’août pour que la ouananiche s’active au bout des lignes.

« La rivière Mistassini est un cours d’eau avec un plus grand débit et la ouananiche est présente. Le niveau commence à être bas cependant. Le décompte des géniteurs dans la passe migratoire montre là aussi un retard de deux semaines », explique Marc Archer. Dans la fin de semaine du 7 et 8 juillet, on enregistrait les mêmes remontées qu’en date du 24 juin l’an dernier.

Pendant la période hivernale, la CLAP a attribué au tirage au sort presque toutes les 1116 perches dans les cinq rivières pour les activités de pêche à la mouche. Il en reste quelques-unes dans la basse Ashuapmushuan. « Évidemment, ça génère de la déception chez les pêcheurs, mais on ne peut rien faire contre les conditions d’eau et la canicule », fait valoir le gestionnaire de la pêche sportive au lac Saint-Jean.

Philippe Bélanger, sur la rivière Mistassini, le 7 juillet, avec une superbe ouananiche.

Doré
Le doré a aussi adapté ses comportements en fonction des températures. « Nous avons eu un début de saison très froid, nous sommes passés de l’hiver à l’été sans un printemps hâtif. Présentement, les pêcheurs dénichent des dorés en pêchant dans les fosses profondes du lac, allant de 60 à plus de 100 pieds (de 18,2 m à 30,5 m), en activant les leurres à des profondeurs de 25 à 30 pieds (7,6 m à 9,1 m) », dit-il en fonction des rapports que lui font les employés sur le terrain.

« Ça me rappelle l’été caniculaire de 2010 alors que les rivières étaient très basses. J’avais pris des photos pour les archives et les ouananiches avaient remonté la rivière Mistassini de la mi-août à la mi-septembre », relate Marc Archer.

Votre humble serviteur a pour sa part fait quelques sorties dans le secteur de la pointe de Chambord avec un succès de pêche de 50 %. Même si la ouananiche est abondante dans le lac et que les estomacs sont pleins d’éperlans, le saumon d’eau douce a toujours ses caprices. Les pêcheurs doivent y mettre les efforts nécessaires et raffiner leurs techniques pour connaître du succès.

Simon Tremblay, en pleine action à la deuxième chute de la rivière Mistassini.

Éperlans morts dans le Saguenay
Plusieurs personnes sur les réseaux sociaux ont rapporté avoir observé de grandes quantités d’éperlans morts sur les rives du Saguenay ces derniers temps. Au fait de la situation, le Parc marin du Saguenay-Saint-Laurent a fourni une réponse sur son site avec l’hypothèse qu’il pourrait s’agir d’une mortalité naturelle à la suite de la fraie du capelan.

« La période de fraie se déroulant entre mai et juillet dans le Saint-Laurent, 90 % des poissons meurent ensuite. Les mâles ne se reproduisent qu’une année, à quelques reprises avant de mourir (d’épuisement). Les femelles peuvent se reproduire plus d’une année, mais vont relâcher tous leurs œufs d’un seul coup. Ils sont déposés sur le sable des plages ou du fond, et sont fécondés par un ou des mâles. Les capelans mâles morts ou moribonds observés présentant clairement une morphologie de reproduction auraient possiblement frayé au fond, au large de Tadoussac. C’est ce que l’équipe de la conservation de Parcs Canada tente de valider ces derniers jours en prenant des échantillons de sable, pour voir s’il y a présence d’œufs de poisson », expliquent les scientifiques qui suivent le dossier.