La vice-chef du Parti québécois et porte-parole de l’opposition officielle en matière de famille, Véronique Hivon, le porte-parole en matière de forêts, de faune et de parcs, Sylvain Roy, et le porte-parole en matière de développement des régions de l’opposition officielle, Sylvain Gaudreault, ont dévoilé une série de propositions pour permettre aux Québécois de se réapproprier le secteur faunique et pour encourager la relève.

Gratuité pour les jeunes dans les zecs

La Fédération québécoise des gestionnaires de zecs (FQGZ) permettra aux jeunes adeptes de moins de 18 ans de pêcher et de chasser gratuitement le petit gibier sur le territoire des 63 zones d’exploitation contrôlées (zecs) dès la saison 2018.

« Tous les gestionnaires de zecs ont accepté de mettre en vigueur cette mesure pour favoriser la relève. Il nous reste deux organismes à convaincre et qui sont encore en processus de réflexion », a confirmé Benjamin Lavallée, conseiller aux communications de la FQGZ, lors d’une entrevue téléphonique avec Le Progrès, vendredi.

« Cette mesure s’inscrit dans la politique familiale mise de l’avant en 2017 pour favoriser l’accessibilité des familles aux activités de chasse au petit gibier et de pêche sportive. C’est une façon aussi de lancer le 40e anniversaire de fondation des zecs.

« Nous anticipons un déclin des utilisateurs de nos territoires à partir de 2019 en lien avec le vieillissement de la population. Grâce à cette mesure, nous espérons que les jeunes vivront l’expérience de la chasse et de la pêche sur les zecs », explique Benjamin Lavallée.

Pas pour la grosse chasse

Pour 2018, les gestionnaires ciblent les activités de pêche et de chasse au petit gibier, mais n’incluent pas la chasse au gros gibier. « La petite chasse fait partie d’une démarche d’initiation à la chasse avant de pratiquer la chasse au gros gibier, mais ce n’est pas exclu que la chasse au gros gibier soit aussi offerte gratuitement aux jeunes de moins de 18 ans », indique le responsable des communications.

Pour avoir accès aux territoires des zecs gratuitement, les jeunes devront être accompagnés d’un adulte détenteur de ses droits d’accès sur le territoire. L’adulte pourra même être accompagné de plus d’un jeune lors de ses activités de chasse et de pêche.

« Il peut y avoir certaines différences d’application de la gratuité selon les territoires. Certaines zecs pourraient notamment inclurent le quota de pêche des jeunes dans celui de l’adulte qui les accompagnent. Les gens doivent donc vérifier auprès des gestionnaires de leur secteur pour connaître les détails », fait savoir Benjamin Lavallée.

Les gestionnaires de zecs ont au moins 20 ans de retard pour l’application de cette mesure. Certaines zecs plus avant-gardistes avaient déjà des règles plus souples pour accommoder les familles, mais le processus a été trop long à mettre en place dans toute la province. Ça risque d’être long avant d’intéresser les jeunes, alors qu’on a manqué le rendez-vous avec deux ou trois générations.

À mon avis, les zecs ne vont pas assez loin pour inciter la relève à s’intéresser aux loisirs cynégétiques et halieutiques. Les jeunes devraient avoir le droit de fréquenter le territoire gratuitement, même sans être accompagnés d’un adulte, et cette gratuité devrait même être accordée aux étudiants de moins de 25 ans. Il n’est jamais trop tard pour bien faire, mais j’ai l’impression qu’on pourrait en faire plus pour la relève.

La région en avance

Pour le vice-président régional des gestionnaires de zecs du Saguenay–Lac-Saint-Jean, Henri Simard, cette mesure provinciale aura peu d’effet dans la région. « Ça fait 15 ans que je suis gestionnaire de la zec, et nous avions déjà des forfaits familiaux. Les dix zecs du Saguenay–Lac-Saint-Jean offrent déjà des gratuités pour les moins de 18 ans », fait savoir celui qui est également président de la Zec L’Anse-Saint-Jean.

« Le défi des zecs pour attirer les jeunes est de diversifier les offres d’activités sur nos territoires. Des études auprès de la clientèle, réalisées par la Sépaq, démontrent que sur une semaine d’activités en nature, les jeunes consacrent à peine quatre heures à la pêche. Pour les attirer sur nos territoires, nous devons offrir des sentiers de randonnée pédestre ou des activités de canot-camping », fait savoir le gestionnaire.

Proposition du PQ

La semaine dernière, la vice-chef du Parti québécois et porte-parole de l’opposition officielle en matière de famille, Véronique Hivon, le porte-parole en matière de forêts, de faune et de parcs, Sylvain Roy, et le porte-parole en matière de développement des régions de l’opposition officielle, Sylvain Gaudreault, ont dévoilé une série de propositions pour permettre aux Québécois de se réapproprier le secteur faunique et pour encourager la relève.

Un Parti québécois au pouvoir rendrait gratuit le permis d’initiation à la chasse pour tous, ainsi que le permis de pêche pour les moins de 18 ans, en plus de diminuer de 20 % le prix du permis de pêche. C’est une belle promesse, mais ça ne va pas assez loin, là aussi. On devrait inclure les étudiants de moins de 25 ans.

Chasse pour non-résidants

Par ailleurs, l’annonce récente du ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Luc Blanchette, voulant que les chasseurs non résidants du Québec doivent utiliser les services d’une pourvoirie à droits exclusifs, d’une réserve faunique ou d’une zone d’exploitation contrôlée (zec) pour venir chasser l’orignal sur nos territoires divise les différents organismes de la faune.

Les pourvoyeurs, les zecs et la Sépaq se réjouissent de cette nouvelle alors que la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs (FédéCP) dénonce cet encadrement qui n’est, selon l’organisme, « que de la poudre aux yeux et une manœuvre pour favoriser quelques entreprises. Au bout du compte, cette décision aura comme effet de priver des Québécois de chasser avec des amis étrangers et de gruger un peu plus dans l’économie globale du secteur».

Cette obligation ne s’appliquera pas cependant aux non résidants qui chassent l’orignal au Québec en compagnie d’un membre de sa famille immédiate qui est résidant du Québec, au personnel consulaire et diplomatique, ou encore aux personnes à l’emploi de la GRC ou des Forces armées canadiennes.

C’est dommage pour ceux qui ont des amis à l’étranger et qui pouvaient les inviter à chasser sur le territoire libre en leur compagnie, un fait que la FédéCP a d’ailleurs soulevé dans un communiqué dénonçant cette nouvelle règle. « La résultante de cette décision sera que des non-résidants qui venaient chasser l’orignal avec des amis sur les terres publiques du Québec cesseront tout simplement de venir chasser chez nous. Cela ne changera rien, globalement, à la disponibilité du territoire pour les Québécois, mais privera des citoyens du plaisir qu’ils avaient de partager de bons moments avec des amis non résidants. Cela diminuera également l’apport économique d’argent frais provenant de l’étranger. »