Roger Blackburn
Rémi Aubin estime que la saison de pêche au poisson de fond se déroule bien sur la baie des Ha! Ha! et il invite les pêcheurs à garder leurs petits sébastes.
Rémi Aubin estime que la saison de pêche au poisson de fond se déroule bien sur la baie des Ha! Ha! et il invite les pêcheurs à garder leurs petits sébastes.

Gardez les petits sébastes

CHRONIQUE / La saison de pêche aux poissons de fond va bon train sur les glaces de la baie des Ha ! Ha ! Les histoires de poissons géants qui cassent des lignes sont nombreuses et les photos de belles morues franches et de flétans de grande taille remis à l’eau alimentent les pages Facebook et les réseaux sociaux.

C’est cependant le phénomène des petits sébastes qui retient l’attention cet hiver. Comme ils sont trop petits, les pêcheurs ont tendance à les remettre à l’eau pour continuer de pêcher en espérant des poissons plus gros dans leur quota de cinq poissons de fond par jour.

Il faut rappeler que de nouvelles cohortes de sébastes sont entrées dans le Saguenay lors des années, 2011, 2012 et 2013. On se souviendra que les pêcheurs d’éperlan capturaient de très petits sébastes au bout de leurs petits hameçons et qu’ils les remettaient à l’eau vivant.

Évitez la remise à l’eau

« Quand tu captures un petit sébaste dans 10 ou 20 pieds d’eau, il a de bonnes chances de survivre. Mais quand tu captures un sébaste plus profondément, dans plus de 40 pieds d’eau par exemple, il n’a pas de chance de survivre », explique Rémi Aubin, spécialiste de pêche récréative.

« Les cohortes entrées dans le Saguenay au début de la dernière décennie ont maintenant atteint une croissance qui les pousse à vivre plus en profondeur. Quand un pêcheur remonte un sébaste de huit à dix pouces (20 à 25 cm) des profondeurs en quelques secondes, les yeux du sébaste sont exorbités et sa vessie natatoire a éclaté », fait savoir Rémi Aubin.

« J’ai un permis de pêche scientifique qui me permet de capturer des poissons pour l’aquarium du Musée du fjord et quand je capture un sébaste, parfois je mets 30 minutes ou une heure pour le sortir de l’eau pour faciliter la décompression. Dans 50 % des cas, il ne survit pas », assure-t-il.

Les pêcheurs de poissons de fond doivent conserver les petits sébastes qui ne survivront pas à une remise à l’eau.

Bien évidemment, les pêcheurs sont tentés de remettre à l’eau un petit sébaste en espérant pêcher de gros poissons qui donneront de plus gros filets à manger. Ce n’est évidemment pas la bonne pratique à faire. « Gardez vos petits sébastes pour les cuisiner différemment en fin de saison en les faisant cuire en entier », suggère le pêcheur scientifique.

Un sébaste (mentella) prend en moyenne 11,4 ans pour atteindre une taille de 20 cm (7,8 pouces) et peut vivre jusqu’à 40 ans pour une taille maximum de 60 cm (24 pouces). Sa taille augmente plus rapidement au début de sa croissance pour ensuite gagner moins d’un centimètre par année. Les pêcheurs en ont encore pour une bonne dizaine d’années avant de capturer des sébastes de 32 cm (12 pouces environ)

« On dirait qu’on vient de faire un retour dans les années 1976, avant l’abondance des années 1980. Il faut éviter les erreurs du passé et ne pas surpêcher le sébaste en le remettant à l’eau en sachant qu’il ne survivra pas », fait valoir Rémi Aubin qui pense à long terme pour la pêche récréative à La Baie.

Des activités à venir

Pour ce qui est des villages de pêche, on pourrait presque dire que le « chialage » est une espèce en voie de disparition sur les glaces.

Après les tergiversations sur l’épaisseur des glaces, la tarification, le poids des cabanes, l’embarquement modulé et la prise en charge des sites par l’organisme Contact Nature, l’ambiance semble au beau fixe.

« Il y a toujours des ajustements à faire en cours de route, mais les discussions et les revendications se font de manière civilisée », exprime Marc-André Galbrant, directeur général de Contact Nature.

« Nous avons une épaisseur de glace de 18 pouces (46 cm) un peu partout sur les sites à part une partie de rue dans le secteur de l’Anse-à-Benjamin. Avec cette épaisseur de glace sécuritaire, nous allons pouvoir commencer à lancer les activités récréatives comme le Festi-frette, le Carnaval des glaces et le Raid en fat bike », fait savoir celui qui souhaite un programme d’activités encore plus diversifié sur les glaces.