La saison de pêche à la truite de mer sur la rivière à Mars se terminera le 15 septembre, en même temps que la pêche au saumon atlantique en raison des faibles montaisons des ombles de fontaine anadromes.

Fin de la saison de pêche à la truite sur la rivière à Mars

CHRONIQUE / L’organisme Contact Nature a fait savoir jeudi que la saison de pêche à la truite de mer sur la rivière à Mars se terminera le 15 septembre, en même temps que la pêche au saumon atlantique. La décision a été prise en raison des faibles montaisons des ombles de fontaine anadromes dans la rivière.

Les statistiques de montaison indiquent que seulement 232 truites ont été enregistrées dans la passe migratoire alors que le seuil d’exploitation recommandé est de 440 truites minimum pour permettre une activité de pêche.

La diminution de truites de mer dans la rivière à Mars continue d’inquiéter les pêcheurs et la communauté scientifique. Depuis le déluge de 1996, la rivière a été malmenée à tous les égards et la truite de mer en a pris pour son rhume. Depuis le déluge, l’omble de fontaine anadrome a fait l’objet de plusieurs projets de recherche et tentatives de soutenir ces populations qui peinent à se maintenir à des niveaux intéressants d’exploitation.

De 50 à plus de 1700

Au début des années 2000, à peine une cinquantaine de truites de mer remontaient dans la passe migratoire de la rivière à Mars. De 2003 à 2008, un programme d’ensemencement d’alevins a été mis sur pied, ce qui a permis d’atteindre des seuils qui ont dépassé 1700 montaisons en 2010 et 2011. Les spécialistes espéraient que les ensemencements allaient contribuer à stabiliser à la hausse le nombre de truites dans la rivière, mais les montaisons se sont mises à diminuer pour se retrouver à 232 ombles anadromes en 2019 (440 truites en 2018 et 369 truites en 2017).

Pour améliorer l’habitat de la truite de mer, les gestionnaires ont réalisé des travaux afin d’aménager des frayères dans les fosses 37-38-39, grâce à un projet de compensation d’habitat du poisson de la Ville de Saguenay à la suite des travaux du projet d’installation de pontons flottants au quai de La Baie.

Recherche avec l’UQAC

« Nous sommes en train de réaliser un projet de recherche pour tenter de favoriser la création et le maintien d’habitats naturels. La rivière subit encore les effets du déluge de 1996 et il est essentiel de connaître plus précisément le comportement de la rivière pour bien orienter les travaux à venir », indique Marc-André Galbrand, directeur de Contact Nature, organisme qui gère les activités de pêche sur la rivière à Mars.

« Une équipe de chercheurs de l’UQAC est à l’oeuvre sur la rivière pour caractériser sa dynamique sédimentaire. Les chercheurs vont collecter 2500 cailloux pour les ramener en laboratoire pour forer des trous et inclure des sondes qui vont permettre de savoir, en fonction du poids et la dimension des cailloux, à quelle vitesse ils dévalent la rivière et sur quelle distance, selon le débit de la rivière », résume Marc-André Galbrand.

« Le projet de recherche est dirigé par Maxime Boivin (professeur en géographie et hydrogéomorphologie fluviale à l’UQAC), et les informations recueillies seront utilisées pour cibler des secteurs où des enrochements pourraient être démantelés pour favoriser les processus de restauration naturels », fait savoir le directeur de Contact Nature. Le projet se déroulera sur trois ans et un suivi annuel sera effectué par la suite.

Interdiction de pêche dans le Saguenay ?

Ce n’est jamais simple quand on veut comprendre la dynamique des populations de poisson. La diminution des stocks de truites de mer dans les rivières tributaires du Saguenay chauffe les discussions sur les réseaux sociaux et toutes les hypothèses sont sur la table, en partant de la présence du bar rayé, du réchauffement de l’eau des rivières en période estivale, en passant par la disparition de certains ruisseaux de reproduction et la dégradation des sites de fraye.

Plusieurs adeptes considèrent qu’il pourrait y avoir une surpêche dans le Saguenay, une activité gratuite qui ne nécessite pas de permis de pêche pour la pratiquer. Les derniers chiffres du ministère des Forêts, de la Faune et des parcs estimaient à 28 000 truites le nombre de captures dans le Saguenay en une saison.

Les observateurs trouvent qu’il y a un grand écart entre l’estimation des captures et les poissons qui remontent dans les rivières tributaires. Il remonte moins de 2000 truites de mer alors qu’il s’en capture 28 000. Ça vaudrait peut-être la peine d’interdire la pêche dans le Saguenay pendant une saison pour mesurer l’impact que cela pourrait avoir dans les rivières. Ça ne coûterait rien et les données nous en diraient plus long sur l’impact de la pêche.