Des irritants administratifs doivent être éliminés du registre des armes longues du Québec.

Des irritants à bannir

Le registre des armes à feu est un dossier dont on parle dans cette chronique depuis au moins 25 ans avec la création du registre canadien des armes à feu en 1995. La création d’un registre québécois a continué de marteler l’actualité avec les points de vue différents selon qu’on soit pour ou contre.

Le débat est usé à la corde, même si les opinions divergent, les propriétaires d’arme à feu savent très bien que ce n’est pas un registre des armes qui va empêcher des gestes de violence dans la société. Les chasseurs vont se conformer à cette norme administrative, comme il l’ont fait pour le registre fédéral en considérant cette mesure comme une simple contrainte administrative. Les chasseurs vont enregistrer leurs armes comme ils immatriculent leur automobile, leur bateau, leur motoneige, leur VTT, leur remorque ou leur roulotte.

Les chasseurs ont compris depuis longtemps que l’important est de remiser sécuritairement leurs armes, sous clé, pour empêcher qu’elles tombent entre les mains de quelqu’un d’autre. Les campagnes de prévention du suicide nous rappellent annuellement qu’un suicide sur trois commis avec une arme à feu est commis avec une arme qui n’appartient pas à la victime. C’est l’entreposage sécuritaire qui est important dans ces situations. Une arme enregistrée n’est pas plus sécuritaire si elle est mal entreposée.

Il y a cependant des limites à ne pas dépasser dans les contraintes bureaucratiques et je joins ma voix à la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs (FédéCP) qui milite pour diminuer les contraintes liées au registre des armes longues.

Le lieu

L’organisme souhaite qu’on retire l’obligation de signaler la modification du lieu où est gardée une arme à feu si elle se retrouve hors du lieu initial pendant 15 jours ou plus. Il s’agit là d’une contrainte administrative complètement ridicule et inutile. La Fédération juge que «l’obligation de signaler le déplacement d’une arme à feu pour une durée de 15 jours ou plus est simplement irréaliste puisque la période est beaucoup trop courte pour faire place à de quelconques imprévus. En outre, les propriétaires d’armes pourraient simplement oublier de faire le signalement».

Les amateurs peuvent décider de rester en forêt plus de 15 jours s’ils n’ont pas encore abattu un orignal, sans l’avoir prévu à l’avance. Il s’agit là d’une mesure sortie d’un chapeau comme on sort un lapin. J’aimerais bien connaître le fonctionnaire qui a poussé cette idée dans la gorge des législateurs pour entendre son argumentation.

Numéro de série

La FédéCP demande également qu’on permette aux propriétaires d’armes de fournir aux agents de la paix le numéro de série de l’arme plutôt que le numéro d’immatriculation d’arme à feu (NIAF). Pour l’organisme «le NIAF est un numéro supplémentaire attribué à l’arme bien qu’elle possède déjà un numéro de série, inscrit de façon permanente, et qui est demandé par le Service d’immatriculation des armes à feu du Québec (SIAF) lors du processus d’immatriculation. Ce numéro additionnel ne représente donc qu’une contrainte superflue pour le propriétaire de l’arme qui devra soit conserver sur lui, soit mémoriser un numéro qui ne sert qu’à la base de données du SIAF. Il serait beaucoup plus simple de pouvoir fournir le numéro de série à un agent de la paix», indique la FédéCP.

Le regroupement des chasseurs et des pêcheurs considère qu’il est «franchement inutile de demander la longueur du canon d’une arme pour l’enregistrement puisque de nombreuses armes peuvent posséder plus d’un canon de longueur et de calibre différents. «Utiliser cette caractéristique à des fins d’identification ne peut que causer de la confusion», indique avec justesse la FédéCP.

Un peu plus et le législateur va nous demander avec quels bois ou autre matériau est fabriquée la crosse de l’arme et la marque de son télescope. Il faudrait arrêter d’en beurrer épais pour rien, on va enregistrer nos armes, ça va coûter des millions de dollars au Québécois, ça n’empêchera pas les actes de violence, mais vous n’êtes pas obligés de nous emmerder par-dessus tout ça.

Pour ce que ça vaut, la FédéCP invite les propriétaires d’armes à feu à contacter leur député et à leur faire part des trois propositions présentées pour simplifier le registre.