Roger Blackburn
Des images de cabanes à la dérive sur une plaque de glace n’ont rien d’attirant pour les touristes qui souhaitent découvrir les joies de la pêche blanche.
Des images de cabanes à la dérive sur une plaque de glace n’ont rien d’attirant pour les touristes qui souhaitent découvrir les joies de la pêche blanche.

Des glaces à surveiller en 2020

CHRONIQUE / « Des cabanes à la dérive » : ce n’est pas le genre de manchette qu’on aime lire en une du journal quand on veut faire de la pêche blanche à La Baie un produit d’appel touristique international. Des cabanes à la dérive sur une plaque de glace n’ont rien d’invitant pour les touristes qui voudraient vivre ce genre d’expérience.

Le groupe Contact Nature, qui gère les activités entourant la pêche sous la glace sur la baie des Ha ! Ha !, ne peut rien faire contre ces images négatives, qui sont la conséquence des gestes téméraires commis par des pêcheurs audacieux ou par d’autres qui ignorent les risques de dérive des glaces en début de saison.

« Ces images ne sont pas souhaitables pour l’ensemble de l’industrie de la pêche sous la glace. La pêche avec des abris temporaires en dehors des sites sécurisés est de plus en plus populaire, mais en début de saison, avec des températures douces, les risques sont importants », prévient Marc-André Galbrand, directeur général de Contact Nature à La Baie.

« Par contre, ça démontre l’importance de confier à une organisation comme la nôtre la gestion des opérations de pêche sous la glace. Nous avons l’expertise et les avis de spécialistes pour permettre l’aménagement des villages de façon sécuritaire », fait valoir Marc-André Galbrand.

« Le temps doux des derniers jours a fragilisé le couvert de glace. Pour nous, tant que le bras de la rivière Saguenay dans le secteur de Chicoutimi ne sera pas sous l’emprise des glaces, il n’est pas question de procéder à des aménagements. Les courants et les marées amènent des mouvements de glace imprévisibles » indique le directeur général de Contact Nature.

À surveiller en 2020

Outre l’épaisseur des glaces sur le Saguenay, il y a d’autres aspects à surveiller en 2020 dans l’industrie de la chasse et de la pêche. Notamment, les propriétaires d’armes à feu devront se surveiller en 2020, car les agents de la paix du Québec commenceront à donner des constats d’infraction en lien avec le registre des armes à feu du Québec. Même si nous savons pertinemment que l’enregistrement des armes à feu n’a rien à voir avec la sécurité des citoyens, le registre est là pour rester au Québec et tôt ou tard, malgré les protestations, les chasseurs devront se conformer à la loi. Je crois que la Sécurité publique va resserrer la vis en ce qui concerne l’application de la loi sur l’enregistrement des armes à feu.

Caribou forestier

Il faudra surveiller comment va s’articuler la bataille visant à protéger le caribou forestier et les coupes forestières au coeur de l’habitat de cette espèce qui est considérée comme vulnérable au Québec.

On sait que le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) a pris des mesures pour protéger le petit troupeau de caribous forestiers dans le secteur de Charlevoix en faisant abattre des loups et des ours dans le but de protéger ce cervidé. Ces mesures ont d’ailleurs été dénoncées par des citoyens et des biologistes. Le caribou forestier risque de faire couler beaucoup d’encre en 2020, un cas type qui oppose opération forestière et protection des habitats fauniques.

Appropriation du territoire

Un autre dossier qui devrait faire parler beaucoup en 2020, c’est celui de l’appropriation du territoire par les chasseurs de gros gibiers et l’arpentage des baux de villégiature en forêt.

« Après avoir mis en application et complété la réforme du système cadastral, le gouvernement du Québec s’intéresse aux 65 000 locateurs de terrains de villégiature du domaine de l’État, songeant à imposer l’arpentage des terrains qu’il rend disponibles dans tous les recoins de la province », pouvait-on lire sous la plume du journaliste Denis Villeneuve le 11 décembre dans Le Quotidien.

De nombreux territoires de chasse sont utilisés de façon exclusive pour la chasse au gros gibier et il y a de moins en moins de place pour la relève. Le vieillissement de la population chez les chasseurs est peut-être une occasion pour les gestionnaires du gouvernement de rendre disponibles des territoires de chasse au gros gibier aux jeunes chasseurs dans les années à venir. Il s’agit d’un des importants dossiers à surveiller en 2020.