Roger Blackburn

Chasseurs et pêcheurs vieillissants

CHRONIQUE / Le réseau des 63 zecs de chasse et pêche du Québec a publié cette semaine les résultats d’une étude sur la valeur économique de ces territoires pour l’ensemble du Québec. Bien que les retombées économiques des activités pratiquées sur ces territoires sont considérables, des tendances à la baisse se manifestent sur le plan de la récolte de gibier et de la fréquentation.

Les zecs semblent cependant mieux s’en tirer que l’ensemble des activités ailleurs en province. Selon cette étude, les activités de pêche pratiquées dans le réseau des zecs rapportent plus de 9,8 millions $ par année, les activités de chasse génèrent 3,7 millions $ et les autres activités récréotouristiques rapportent 4,3 millions $, pour un total de 17,8 millions $ par année.

Dépenses par famille

J’aurais cru que les dépenses moyennes par famille auraient été plus élevées que celles indiquées par l’étude qui estime qu’en moyenne, les dépenses réalisées pour la pratique d’activités dans les zecs s’élèvent à 680 $ par famille (54,9 millions $ par année au Québec).

« Près du tiers de ces dépenses (245 $) sont réalisées auprès des gestionnaires de territoire (cartes de membre, droits de circulation, droits de pêche, droits de chasse ; camping ou hébergement ...) et l’autre partie (435 $) est dépensée en dehors des zecs (permis, achats d’équipement pour la pratique de la pêche, de la chasse ou du plein air ; transport ; hébergement ; alimentation…) », précise le document.

L’étude révèle également que 57 % des usagers des zecs pratiquent la pêche, 12 % pratiquent la chasse au petit gibier et que 8 % pratiquent la chasse au gros gibier.

On pourrait conclure que près de 40 % des utilisateurs de zec pratiquent la villégiature en forêt ou d’autres activités de plein air considérant que ceux qui pratiquent la pêche en été pratiquent aussi la chasse à l’automne.

Tendances à la baisse

Les auteurs de l’étude mettent en relief le fait que les tendances à la baisse des ventes de permis de chasse et pêche au Québec sont bien connues. « La diminution du nombre de chasseurs et de pêcheurs est une tendance inquiétante pour l’industrie de la chasse et de la pêche puisque sa clientèle classique est vieillissante et abandonne graduellement la pratique de ces activités », font-ils remarquer.

« La perte de cette clientèle aura des répercussions financières importantes. Il est donc important de trouver une nouvelle clientèle et/ou de nouvelles sources de revenus afin de compenser ces pertes » indique l’étude.

Au chapitre des permis de chasse au petit gibier, le Québec enregistre une baisse importante du nombre de permis de chasse depuis les dernières années, passant d’environ 180 000 permis vendus en 2014 à moins de 158 000 en 2018, ce qui équivaut à une baisse de plus de 12 % en cinq ans.

« Depuis les 20 dernières années, 22 % moins de permis ont été vendus. Dans le Réseau Zec, bien que le nombre de petits gibiers récoltés soit à la baisse, passant d’environ 55 000 en 2008 à environ 41 000 en 2017, le nombre de chasseurs de petit gibier est à la hausse, passant d’environ 30 000 à 38 000 pendant cette période. C’est donc dire que bien que la situation à l’échelle du Québec ait été inquiétante dans les récentes années, le Réseau Zec semble être épargné pour l’instant », peut-on lire dans le rapport.

Coronavirus et activités de la Sépaq

Les activités de plein air, de chasse et de pêche font partie des secteurs d’activités les moins touchés par les mesures de prévention de la pandémie du coronavirus. La Sépaq fait parvenir une communication indiquant que « considérant l’environnement de grande nature dans lequel se déroule la majorité de nos activités, celles‑ci sont maintenues dans l’ensemble de nos établissements, à l’exception de l’Aquarium du Québec qui est fermé jusqu’à nouvel ordre ».

« Des mesures préventives sont mises en place. Les endroits les plus achalandés dans nos différentes destinations font l’objet de rondes de nettoyage plus fréquentes. Une sensibilisation auprès de nos employés quant aux mesures d’hygiène appropriée a été effectuée. La location d’équipement dans nos établissements est suspendue de façon temporaire », fait savoir la société d’État.

Les sorties en pleine nature seront peut-être les seules activités qu’on pourra pratiquer face aux mesures prises pour éviter les rassemblements.