Des jours meilleurs s’annoncent pour les populations de saumons atlantiques des quatre rivières du fjord et pour l’ensemble de l’Amérique du Nord.

Bel avenir pour les saumons du fjord

CHRONIQUE CHASSE ET PÊCHE / Des jours meilleurs s’annoncent pour les populations de saumons atlantiques des quatre rivières du fjord et pour l’ensemble de l’Amérique du Nord. Les pêcheurs commerciaux du Groenland et des îles Féroé ont accepté une interdiction de pêche du saumon pour les 12 prochaines années, ce qui devrait permettre une augmentation de la population des saumons dans nos rivières.

«C’est une excellente nouvelle. Les pêcheurs commerciaux capturaient pas moins de 50 000 tonnes de saumons par année, ce qui représente environ 5000 à 6000 poissons qui seront épargnés et qui vont retourner dans les 26 rivières du Québec. Ça pourrait représenter de 25 à 50 saumons de plus pour les rivières du fjord dès 2019», fait valoir le président régional de la Fédération québécoise du saumon atlantique, Pierre Tremblay.

Effort de protection
«Les gens du Groenland ont constaté qu’on faisait des efforts pour protéger la ressource en ramenant la limite annuelle de capture de sept à quatre saumons par pêcheur et en obligeant la remise à l’eau des grands saumons dans plusieurs rivières», laisse entendre celui qui croit que de belles années sont à venir pour les pêcheurs de saumons.

L’interdiction de pêche au Groenland est issue d’une entente signée par la Fédération du saumon atlantique (FSA) et le North Atlantic Salmon Fund (NASF) avec l’Association of Fishers and Hunters in Greenland (KNAPK), après plus de 12 mois de négociations.

Les eaux au large du Groenland et des îles Féroé offrent des aires d’alimentation essentielles aux grands saumons sauvages de l’Atlantique provenant de centaines de rivières d’Amérique du Nord et d’Europe. « La meilleure façon de sauver les saumons de l’Atlantique Nord est d’arrêter de les récolter. Ces ententes nous permettent de le faire, en grand nombre», ajoute Chad Pike, président de NASF (États-Unis). Cette entente représente une étape importante pour le rétablissement du saumon de l’Atlantique Nord. Les saumons adultes qui autrement seraient pris par les filets commerciaux pourront ainsi recommencer à retourner à leur rivière natale au printemps de 2019.

Les pêcheurs commerciaux du Groenland recevront une aide financière pour des projets de développement économique, de recherche scientifique et d’éducation axés sur la conservation du milieu marin, en échange de leur interdiction de pêche.

Baisse des populations
Cette bonne nouvelle arrive en même temps que le rapport annuel de la FSA sur l’état des populations, qui indique que le nombre de saumons de l’Atlantique en Amérique du Nord a connu une baisse de 15 % en 2017 par rapport à l’année précédente. «Quelque 496 000 saumons auraient frayé avec succès dans les rivières continentales l’an dernier, ce qui est inférieur aux exigences de conservation dans certaines régions», indique la FSA.

L’organisme précise cependant que «les rivières dans le nord du Labrador et au Québec demeurent relativement saines. Au Québec, sur les 38 rivières ayant fait l’objet d’un décompte l’an dernier, 32 ont atteint le seuil de conservation et le taux de ponte a dépassé les exigences de conservation dans 23 d’entre elles.»

«Au Canada, la récolte totale par les pêcheurs sportifs (57 %) et les Premières Nations (42 %) a été estimée à 112 tonnes métriques l’an dernier, ce qui représente une baisse par rapport aux 135 tonnes récoltées en 2016. Cette diminution est attribuable à une décision prise par Pêches et Océans Canada de rendre obligatoire la remise à l’eau des saumons à Terre-Neuve en août dernier, de prolonger la pêche avec remise à l’eau dans les Maritimes et de demander à certaines Premières Nations d’adopter des mesures de conservation», précise la FSA.

Investissement dans les rivières du fjord
Président régional de la FQSA, Pierre Tremblay se réjouit du fait que les rivières à saumon de la région aient reçu un soutien financier important, dans le cadre des investissements de 15 millions de dollars au cours des cinq prochaines années pour la mise en œuvre du Plan de développement de la pêche au saumon et de la pêche sportive au Québec 2017-2022.

«Des installations pour compter les remontées migratoires, la construction d’abris, l’aménagement de sentier, l’achat d’équipements de pêche pour offrir en location, l’aménagement de frayères et des programmes d’ensemencement font partie des investissements qui seront faits dans nos rivières cet été», met en relief le représentant régional.

Le MFFP rappelle que «le saumon du Québec est établi dans 118 rivières, supporte 62 000 jours de pêche annuellement et soutient une économie locale importante en générant des dépenses annuelles de 50 millions de dollars. Le mode de gestion du saumon unique au Québec, rivière par rivière, en fait le seul territoire nord-américain à détenir une connaissance aussi fine de ses populations.»

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L'AUTORISATION DE PÊCHER LE BAR RAYÉ S'APPROCHE DU SAGUENAY 

Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) élargit la zone de pêche du bar rayé dans la zone 21, à la suite des consultations qu’il a menées récemment. Depuis le vendredi 15 juin, les pêcheurs sportifs peuvent capturer le bar rayé dans le fleuve Saint-Laurent dans un secteur situé à l’est d’une ligne reliant Forestville (à la hauteur de l’île Patte de lièvre) à Rimouski (à la hauteur de la pointe à Santerre).

On s’approche du Saguenay pour l’autorisation de la pêche. Le MFFP a pris cette décision considérant l’augmentation et la répartition de la population de bars rayés du sud du golfe du Saint-Laurent (rivière Miramichi). On se souviendra que les 30 bars rayés ont été récoltés et analysés dans la rivière Saguenay l’été dernier et qu’ils provenaient tous de la rivière Miramichi, la même population dont la pêche est permise. Cet été, ce sont 300 spécimens qui seront analysés. On souhaite tous que ces 300 bars proviennent de la Miramichi, ce qui signifierait une possible ouverture de la pêche dans le fjord pour 2019. 

Au cours de la saison, la limite de prises quotidienne et de possession dans les secteurs précédemment mentionnés est de trois bars rayés. Les autres modalités particulières à la pêche au bar rayé concernant la gamme de taille exploitée (vous pouvez garder les bars rayés de 50 à 65 centimètres inclusivement), les engins de pêche obligatoires et la date de fin de la saison de pêche demeurent inchangées.

Pour bien comprendre le dossier du bar rayé au Québec, il faut rappeler qu’il y a deux populations distinctes, comme l’explique le MFFP. «Il y a les bars du sud du golfe du Saint-Laurent (rivière Miramichi), qui a connu une importante expansion démographique, et celle du fleuve Saint-Laurent, actuellement protégé par la Loi sur les espèces en péril du gouvernement du Canada. En conséquence, la pêche au bar rayé est interdite ailleurs que dans les secteurs de pêche mentionnés plus haut. Cette interdiction s’applique également à la rivière Saguenay.»

Les études sur les bars rayés du Saguenay et la haute Côte-Nord se poursuivent cet été, pour évaluer la possibilité d’y permettre la pêche récréative. Les associations des quatre rivières à saumon du fjord ont reçu des permis de pêche scientifiques pour leur permettre de conserver un maximum de 25 bars chacune afin d’étudier les contenus stomacaux.

L’intention de permettre la pêche aux bars rayés dans certaines rivières pour la saison 2019 a aussi fait l’objet de discussions lors de la consultation, indique le ministère.