Bruno Tremblay, du Centre de coupe de Saint-Honoré, constate une baisse de 40 % du nombre de bêtes comparativement à 2016.­

Baisse d’orignaux à prévoir

CHRONIQUE / La saison de chasse à l’orignal avec arme à feu s’est terminée vendredi dans la zone 28 qui regroupe l’ensemble des territoires de chasse du Saguenay-Lac-Saint-Jean. La saison 2018 était une année restrictive, alors que les chasseurs n’avaient pas le droit de récolter les femelles. Seuls les mâles et les veaux pouvaient être chassés.

Un petit tour d’horizon auprès des préposés aux postes d’accueil dans les zecs et dans les centres de débitage de gibiers de la région laisse présager que les chasseurs auraient abattu moins d’orignaux en 2018 qu’en 2016, la dernière saison restrictive.

Récolte en hausse depuis 2004

Ce n’est pas un sondage scientifique, mais la tendance est à la baisse. Il faut s’y attendre, car les statistiques de chasse ne cessent d’augmenter d’année en année. Depuis 2004, le nombre d’orignaux abattus dans la région ne cesse de progresser. Pour les années restrictives, le nombre de bêtes est passé de 1426 orignaux en 2004 dans la zone 28 pour s’établir à 2664 orignaux en 2016. Chaque deux ans, depuis 14 ans, les chasseurs récoltaient en moyenne 200 orignaux de plus pour chaque saison restrictive. Si la tendance se maintient, on devrait récolter plus de 2800 bêtes cet automne.

Les données varient d’un secteur à l’autre, mais la moitié des dix zecs de la région enregistre une baisse et les centres de dépeçage de gibier constatent aussi en majorité une baisse de la récolte comparativement à 2016.

Centres de débitage

Au Centre de coupe Bruno Tremblay à Saint-Honoré, on constate une baisse de près de 40 % comparativement à 2016. « D’habitude, dès la première semaine de chasse, les chambres réfrigérées étaient remplies et on refusait des bêtes. Cet automne, nous avons accepté la venaison de tous les chasseurs », fait valoir celui qui débite de la viande de gibier depuis plus de 35 ans.

Marc-André Gobeil, du Centre de débitage Gobeil et Tremblay de Chicoutimi, arrive à débiter de 12 à 18 orignaux par jour.

« Nous avons eu tout l’espace disponible pour laisser vieillir la viande pendant une dizaine de jours avant de les débiter en portion pour les chasseurs », indique celui qui reçoit aussi les commentaires des chasseurs qu’il rencontre.

Du côté de la salle de débitage Gobeil et Tremblay de Chicoutimi, le propriétaire Marc-André Gobeil estime une baisse de récolte de 20 % environ cet automne. « On fait débiter 275 bêtes au lieu des 320 que nous avons faites en 2016 », fait savoir celui qui travaille avec une équipe de huit bouchers et quatre emballeurs.

« Les chasseurs ne traînent plus dans le bois avec leur orignal. Dès qu’ils l’ont abattu, ils s’empressent de nous l’apporter pour qu’on le laisse vieillir en chambre froide. Plus vite on abaisse la température de la viande à six degrés, mieux c’est. On laisse vieillir la viande de huit à 13 jours selon la grosseur du gibier. La viande d’orignal n’a pas besoin de vieillir aussi longtemps que la viande de boeuf, car il y a moins de gras », explique celui qui arrive à débiter de 12 à 18 orignaux par jour.

Au Centre de gibier Martin Tremblay de Saint-David-de-Falardeau, le boucher a quant à lui constaté une hausse. Son équipe a traité 110 orignaux comparativement à 86 en 2016. « C’est difficile à dire si la chasse a été meilleure ou si plus de clients nous ont choisis pour débiter leur bête », nuance le propriétaire.

Plusieurs loups sur le territoire

Les chiffres récoltés auprès des zecs et des centres de débitage sont intéressants seulement à titre indicatif. Il faudra attendre à la mi-décembre pour connaître les chiffres officiels du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec.

La plupart des gens que j’ai contactés pour ce sondage maison ont pour la plupart mentionné que les chasseurs avaient vu beaucoup de femelles sur les territoires de chasse et dans certains cas, pas beaucoup de veaux. La présence de loup a été signalée dans plusieurs secteurs. Des chasseurs ont raconté qu’ils se faisaient répondre par des loups quand ils lançaient des appels pour les orignaux.

La littérature scientifique ne mentionne pas de lien entre la présence de loup et les succès de chasse, mais les chercheurs conviennent cependant que la forte présence de loups sur un territoire a des impacts sur la prédation des orignaux en période hivernale. Il faudra suivre l’évolution des populations au cours des prochaines années.