39 accusés pour commerce d’éperlans

CHRONIQUE / À l’hiver 2018, les agents de la Protection de la faune du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) sont intervenus auprès de 70 individus qui s’adonnaient à des pratiques illégales de vente et d’achat d’éperlans sur les glaces de la rivière Saguenay et dans les secteurs de La Baie, de Chicoutimi et d’Alma.

Près de dix mois après ce coup de filet, le suivi de l’enquête de la Protection de la faune a permis de poursuivre 39 accusés pour 101 chefs d’accusation avec des amendes totalisant 247 837 $. L’agent de protection de la faune et adjoint aux opérations, Frédéric Sheehy, a fait le bilan de l’opération Marée montante, mardi dernier, lors d’une rencontre à La Baie avec les intervenants de la pêche blanche sur le Saguenay.

«Parmi les accusés, trois personnes ont été reconnues coupables de cinq chefs d’accusation pour un total de 23 725 $ d’amende. Les autres dossiers continuent de cheminer dans l’appareil judiciaire. Pour la vente d’éperlans l’amende est de 1800 $, plus les frais d’administration.

Rappelons que l’opération Marée montante a nécessité l’intervention de 95 agents de la faune, assistés de l’escouade canine de la Protection de la faune du Québec. Les perquisitions ont été réalisées à La Baie, à Saint-Fulgence, à Jonquière, à l’Ascension, à Alma, à Roberval et à Saint-Gédéon. Des articles de pêche, une cabane de pêche et plusieurs milliers de poissons ont été saisis lors de l’opération.

Éperlans plus petits

Lors de la rencontre sur la pêche blanche sur le Saguenay, la biologiste du bureau régional du MFFP, Amélie Bérubé, a fait part aux participants du suivi scientifique sur les populations d’éperlans arc-en-ciel dans le Saguenay.

Depuis six ans, le succès de pêche à l’éperlan ne cesse de diminuer dans le Saguenay. En 2012, le succès de pêche était de 6,3 éperlans par ligne, par heure, alors qu’en 2018, le taux de succès était de 0,8 éperlan par ligne, par heure.

En plus du faible taux de succès de pêche, la biologiste a fait remarquer que depuis 1995, on constate une diminution de la croissance. «Les éperlans sont de plus en plus petits. On remarque un changement de dynamique et on ne connaît pas toutes les explications possibles. Est-ce que le bar rayé exerce une forte prédation? Cette possibilité pourrait expliquer la baisse du succès de pêche, mais pas la diminution de croissance», fait remarquer Amélie Bérubé dans son exposé.

«Est-ce que l’abondance de jeunes sébastes qui fréquentent le même habitat que l’éperlan pourrait causer une compétition pour les aires d’alimentation? Ceci pourrait expliquer la diminution de croissance», laisse sous-entendre la biologiste. Elle fait valoir également qu’il y a de gros changements dans l’écosystème du Saguenay depuis l’arrivée de cohorte abondante de sébastes en 2011, 2012 et 2013, en plus du bar rayé qui s’invite dans le fjord depuis une douzaine d’années.

Le MFFP va continuer d’acquérir des connaissances au cours des prochaines années en collaboration avec la Chaire de recherche sur les espèces aquatiques exploitées de l’UQAC sous la férule du chercheur Pascal Sirois.

Le mystère du bar rayé

Le mystère du bar rayé demeure entier pour son comportement à l’été 2018. «Notre équipe avait comme objectif de capturer 300 bars rayés dans l’été. Nous avons remonté 398 filets en 199 heures de pêche pour capturer seulement 16 bars rayés. En 2017, nous avions remonté 49 filets pour 24,5 heures de pêche pour capturer 49 bars», détaille Amélie Bérubé, qui a consacré une partie de son été sur ce projet.

«Les contenus stomacaux seront analysés et des tests d’ADN seront effectués à la chaire de recherche de l’UQAC pour savoir si les bars qui fréquentent le Saguenay sont originaires de la rivière Miramichi ou s’ils sont originaires de la population du Saint-Laurent qui a été introduite en 2002.

Tracé du brise-glace

Pendant que les adeptes de pêche blanche à La Baie observent avec bonheur la glace s’épaissir à la surface de la baie des Ha! Ha! en espérant une entrée hâtive sur le village de glace, le brise-glace a causé toute une commotion cette semaine en cassant les trois à quatre pouces de glace qui s’étaient installés.

«Le capitaine est allé se virer dans le site du village de Grande-Baie en plus d’aller se stationner dans le village de cabanes de L’Anse-Saint-Jean. On nous a dit que le capitaine naviguait avec son itinéraire d’été. Nous avons téléphoné à la garde côtière qui a aussitôt communiqué avec le capitaine pour qu’il se retire des villages de pêche. Heureusement, il n’y a pas eu de conséquence pour le couvert de glace», a détaillé Guy Girard de Promotion Saguenay, responsable de cette rencontre d’information avec les partenaires de la pêche blanche.