La situation de la bernache au Canada est très préoccupante et des restrictions seront mises en place pour la prochaine saison, alors que du 25 septembre au 31 octobre, les chasseurs devront se contenter d’une limite de deux bernaches par jour. Ils pourront continuer d’en récolter dix par jour du 1er au 25 septembre dans le cheptel de bernaches résidentes.

2019, l’année des plans de gestion

CHRONIQUE / L’année 2019 dans le domaine de la chasse et de la pêche a été marquée par le lancement de cinq plans de gestion de la part du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP), ce qui générera de nouvelles modalités de chasse, de pêche et de piégeage, dès la saison 2020, pour le cerf de Virginie, l’ours noir, le dindon sauvage, l’omble de fontaine et le touladi.

Celui qui a retenu notre attention est celui de l’omble de fontaine, qui est « le poisson le plus pêché au Québec et l’espèce privilégiée de la relève », selon le ministère. Le plan de gestion de l’omble de fontaine est somme toute constitué de bonnes intentions, mais n’indique rien de concret, si ce n’est que l’on gagne une semaine de plus en fin de saison. Le ministère indique que « le plan propose une variété d’actions pour protéger et augmenter la productivité naturelle des populations, tout en adaptant l’exploitation à l’état des stocks. En effet, plus de 50 % des populations sont en état de surexploitation. Le plan a donc également pour but d’améliorer la qualité de la pêche et d’assurer le maintien des retombées économiques de cette espèce emblématique de la pêche récréative au Québec », sans pour autant préciser qu’elles sont ces mesures et ces interventions. Il faudra attendre au cours des prochaines années pour en savoir plus.

Registre d’armes à feu

Le 29 janvier 2019 a été une date butoir de la Loi québécoise sur l’immatriculation des armes à feu. Selon certaines estimations, le Québec compterait 1,6 million d’armes d’épaule en circulation, une estimation considérée conservatrice par certains observateurs. Nous avons appris le 14 novembre 2019 que la Cour suprême du Canada avait décidé de ne pas entendre l’appel des opposants au registre des armes du Québec, qui voulaient faire invalider la Loi sur l’immatriculation des armes à feu.

Jusqu’à maintenant, la moitié des armes ont été enregistrées, mais il faut anticiper que les policiers et les agents de la faune seront un peu moins tolérants envers les propriétaires d’armes non enregistrées pour voir si les récalcitrants finiront par enregistrer leurs armes.

Bernaches

La situation de la bernache au Canada est très préoccupante. « C’est un oiseau qui niche le 28 mai, peu importe les conditions météorologiques. C’est dans ses habitudes de migration et de nidification. Lors des deux dernières années, il y avait près d’un mètre de neige sur les sites de nidification », avait confié Michel Bouchard, de l’Association des sauvaginiers du Saguenay–Lac-Saint-Jean. L’organisme a organisé des consultations auprès des chasseurs de sauvagine qui anticipaient des restrictions pour les activités de chasse à la bernache.

Des restrictions seront en effet mises en place pour la prochaine saison, alors que du 25 septembre au 31 octobre, les chasseurs devront se contenter d’une limite de deux bernaches par jour. Ils pourront continuer d’en récolter 10 par jour du 1er au 25 septembre dans le cheptel de bernaches résidentes, lequel ne connaît pas de difficulté, contrairement aux bernaches migratrices du Grand Nord.

Lac Saint-Jean

En 2019, la Corporation LACtivité pêche (CLAP), qui gère les activités de pêche sportive dans l’aire faunique communautaire du lac Saint-Jean, a haussé les tarifs des autorisations de pêche. L’autorisation de pêche annuelle familiale est passée de 90 $ à 100 $, alors que la passe annuelle individuelle est passée de 65 $ à 75 $. L’autorisation de pêche journalière individuelle a grimpé de 8 $ à 9 $ et la familiale a été haussée de 15 $ à 17 $, taxes incluses. Cette mesure a été bien acceptée de la part de la clientèle.

La ouananiche a été abondante lors de la dernière saison et nous pourrons mesurer l’impact de l’aménagement des frayères en 2020. Pour ce qui est du doré, la CLAP a recommandé aux pêcheurs sportifs de remettre à l’eau les dorés jaunes de plus de 47 centimètres, dans le but de protéger les reproducteurs de grande taille et d’assurer la pérennité de la ressource et la qualité de la pêche. Il faudra voir si en 2020 si cette recommandation aura force de loi.

Pêche blanche

L’année 2019 aura été marquante pour les activités de pêche blanche sur les glaces de La Baie avec une nouvelle tarification, qui a fait passer les coûts de 85 $ à 165 $ par cabane. La Ville de Saguenay a ainsi pu réaliser des économies de 200 000 $ alors que le budget pêche blanche pour la Ville est passé de 600 000 $ à 400 000 $ en confiant le mandat de gestion de ces activités à l’organisme Contact Nature.

Lac Otis

Des biologistes du bureau régional du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) ont capturé cinq brochets dans le cadre de pêches expérimentales au filet dans le lac Otis, à Saint-Félix-d’Otis, en 2019, pour tenter d’éclaircir la présence de brochets dans ce plan d’eau. Nous devrions en savoir plus sur cette histoire en 2020.

Bar rayé

Le bar rayé a été aussi au coeur des préoccupations en 2019 alors que les spécialistes continuent de documenter les connaissances sur cette espèce qui fréquente la rivière Saguenay. Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a signalé au début du mois de décembre que la population de bar rayé du fleuve Saint-Laurent est considérée comme disparue (espèce sauvage qui n’existe plus).

Il faut donc conclure qu’il n’y avait pas deux, mais trois populations de bars rayés dans le fleuve : la population du sud du golfe du Saint-Laurent (bars rayés du golfe), originaire du Nouveau-Brunswick, la population du fleuve Saint-Laurent, résidante du fleuve (bars rayés du fleuve), réintroduite en 2002. Et la population historique du fleuve (bars rayés disparus). Il faudra attendre en 2022 pour savoir si on pourra pêcher le bar dans le Saguenay.