10% des pêcheurs réalisent leur quota

CHRONIQUE / La pêche aux poissons de fond dans le fjord du Saguenay fait l’objet de suivi scientifique depuis 1995. Les scientifiques collectent des données sur la pêche récréative hivernale et la biologiste de l’Institut Maurice Lamontagne qui fait partie du réseau des centres de recherche du ministère Pêches et Océans Canada (MPO) a publié le plus récent avis scientifique sur le sujet récemment.

Le document nous informe notamment que le succès de pêche est faible et que dans 90% des activités sur les glaces, les pêcheurs n’arrivent pas à capturer la limite quotidienne de cinq poissons de fond. Cette information devrait certes consoler les pêcheurs qui doutent de leur talent alors que sur les réseaux sociaux, c’est la majorité des gens qui publient des photos avec cinq ou dix poissons de fond avec la mention du genre: «superbe journée de pêche avec notre quota capturé moins de quatre heures de pêche».

Il suffit de se rendre sur la page Facebook «Adepte de pêche blanche sur le fjord du Saguenay» pour constater les succès de pêche de certains adeptes. Évidemment ce ne sont que des histoires à succès qu’on peut voir à travers les publications sur Internet, j’oserais prétendre que ces gens font partie de l’ordre des bons pêcheurs, parmi les plus crinqués des adeptes qui pêche avec intensité en y consacrant plusieurs heures, les plus mordus de la gang.

Quota

Ne vous découragez pas si vous ne capturez pas votre quota, vous faites partie des 90 % qui sont dans votre situation. L’avis scientifique nous informe également que le sébaste représente 85 % des captures lors des activités de pêche récréative. La morue franche compte pour 8%, la morue ogac 3% et le flétan du Groenland (turbot) 4%. Les captures réalisées par les scientifiques depuis 2013 révèlent toutefois une augmentation pour la morue franche et le flétan du Groenland. Il faudra surveiller si cette augmentation se traduira au bout des lignes des pêcheurs; la saison 2018 pourra en témoigner.

La biologiste Johanne Gauthier relève également ce que les scientifiques avaient observé, c’est-à-dire l’arrivée massive de sébastes en provenance du fleuve pour les années 2011, 2012 et 2013 et que leur abondance est d’une ampleur jamais vue en 30 ans.

La biologiste rappelle dans l’avis scientifique que le sébaste a une croissance lente et qu’il peut vivre très longtemps. «Le sébaste atteint la maturité sexuelle très tardivement (entre 10 et 15 ans) et l’on observe des générations abondantes tous les 5 à 12 ans. Le sébaste se distingue des autres poissons par sa croissance lente et sa longue durée de vie. Il peut atteindre jusqu’à 60 cm de longueur et vivre jusqu’à 75 ans», selon MPO.

Le meilleur est à venir

Selon des estimations, près de 50 % des sébastes arrivés dans le fjord en 2011 atteindront une taille supérieure à 22 cm (8,6 pouces). Les prochaines années de pêches récréatives dans le fjord ont de bonnes chances d’augmenter le succès de pêche.

Pour le moment aucune mesure n’a été prise pour éviter la capture accidentelle de petits sébastes, sauf que les pêcheurs doivent les considérer dans leur limite quotidienne de cinq poissons de fond. Avouons que ça peut être tentant pour un pêcheur qui a capturé cinq minuscules petits sébastes de les foutre au fond de la poubelle pour continuer de pêcher en espérant sortir une morue ou un sébaste qu’on pourra dorer dans une poêle à frire en fin de journée.

Les intervenants dans le domaine ont déjà eu des discussions pour diminuer la capture des petits sébastes. Ça pourrait être le choix de la grosseur des hameçons selon la profondeur ou des secteurs identifiés sur les glaces comme endroits à risque pour la capture de petits sébastes. Les résultats de pêche de cet hiver auront certes une influence sur les décisions à venir.

Certains ont déjà eu de belles journées de pêche, comme en témoigne cette photo prise sur la page Facebook des adeptes de la pêche blanche sur le fjord.