Roger Blackburn
Stéphane Brassard, président du Club de tir le Faucon de Shipshaw, était heureux d’accueillir les représentants des médias sur le site de tir récréatif.
Stéphane Brassard, président du Club de tir le Faucon de Shipshaw, était heureux d’accueillir les représentants des médias sur le site de tir récréatif.

« Le vrai visage du tir sportif »

CHRONIQUE / Des propriétaires d’armes à feu du Club de tir le Faucon de Shipshaw ont voulu sortir du placard, cette semaine, en invitant les membres des médias régionaux à visiter leurs installations et à tirer avec des armes.

Selon le bilan routier de la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ), l’an dernier, 333 personnes sont mortes sur les routes du Québec. «Vous vous êtes tous déplacés en voiture pour vous rendre ici et on sait que c’est dangereux de rouler en voiture. Mais [il] y a personne qui se lève le matin en disant je vais prendre ma voiture pour tuer quelqu’un aujourd’hui», lance l’instigateur de la rencontre de sensibilisation, Alain Maltais, pour faire une analogie avec les armes à feu.

«C’est la même chose pour les propriétaires d’armes qui pratiquent le tir de loisir, le tir de compétition ou pour les amateurs de chasse», a ajouté le président du Club de tir, Stéphane Brassard, en accueillant les représentants des médias qui étaient sur place.

«Nous voulons vous montrer le vrai visage du tir sportif, car chaque fois qu’il y a un drame avec des armes à feu, nous sommes pointés du doigt, alors que nous utilisons nos armes comme activité de loisir» a expliqué M. Maltais, secrétaire du club, qui a organisé cette rencontre avec l’ex-policier de Saguenay, Dominique Corneau, qui a rédigé un mémoire, il y a quelques années, pour s’opposer au registre des armes à feu.

Moi aussi, j’ai tiré au revolver, avec un masque et de la brume dans les lunettes, à la mode pandémie.

C’est la première fois que les utilisateurs d’armes à feu unissent leur voix pour démystifier leurs activités. De jeunes athlètes de biathlon (ski et tir à la carabine), des chasseurs, des tireurs aux pigeons d’argile, des tireurs à l’arc et des tireurs d’arme de poing (revolver, pistolet) étaient présents pour la rencontre. D’habitude, ces gens sont assez discrets sur leurs activités. Ils sont au courant des préjugés qu’entretient la population à l’égard de ces loisirs. Certains des membres du club ont déjà été dénoncés à la police par des voisins pour avoir des armes en leur possession, alors qu’ils ont tous les permis nécessaires.

Sensibilisation

À la rencontre, il y avait mes collègues journalistes et photographes du Quotidien et du Progrès Patricia Rainville, Johanne Saint-Pierre et Mariane L. St-Gelais, des membres d’Ici Radio-Canada Sagunenay–Lac-Saint-Jean et des animateurs de radio. Le conseiller municipal de Jonquière Michel Thiffault, aussi animateur radiophonique, était de la partie.

Je ne sais pas si les représentants des médias avaient des préjugés contre les armes à feu, mais ils ont pour la plupart compris ce qui se passait dans ce club de tir. Il fallait voir les jeunes tireuses de biathlon avec leur attirail qui s’entraînaient, une épreuve intéressante aux Jeux olympiques et qu’on n’a pas souvent la chance de voir de nos yeux.

Les amateurs de chasse au gros gibier et les tireurs de carabine vont apprécier le pavillon des armes longues, lequel compte six places de tir – seulement trois en période de pandémie –, dans un espace bien aménagé et qui a été entièrement rénové, il y a trois ans. Pour y avoir accès, il faut être membre du club le Faucon, qui existe depuis 1982, ou se faire inviter par un membre.

Le conseiller municipal de Jonquière Michel Thiffault a fait l’essai du tir à l’arme de point.

«Il y a deux ans, nous avons aménagé un espace pour les athlètes de biathlon, et ce sont eux qui s’occupent d’aménager leur espace avec leurs cibles et leur équipement», explique Réal Delisle, qui m’a fait faire le tour des installations.

Le club a des projets d’agrandissement. Les dirigeants souhaitent rénover le bâtiment d’accueil et allonger l’aire de tir à la carabine. «Les policiers viennent s’entraîner ici et ils aimeraient bien qu’on allonge le champ de tir», fait valoir l’amateur de tir, précisant que les gestionnaires du club souhaitent acheter des terrains de la Ville pour réaliser le projet.

Le club de tir compte plus de 1000 membres et le chemin est long avant d’obtenir un permis d’arme à autorisation restreinte.

Dominique Corneau, ex-policier à Saguenay, et Alain Maltais, secrétaire du Club de tir le Faucon, ont organisé cette rencontre avec les médias afin de démystifier le tir de loisir.

Étapes à suivre

1. Suivre le Cours canadien de sécurité dans le maniement des armes à feu à utilisation restreinte, donné par la Fédération québécoise de tir.

2. Rédiger un formulaire de demande pour obtenir un permis de possession et d’acquisition d’arme à feu auprès de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), qui fait une enquête sur la personne. Le formulaire à remplir exige la signature de trois témoins qui vous connaissent et qui assurent que vous êtes en mesure de posséder une telle arme. Il faut aussi la signature de votre ex-conjoint si ça fait moins de deux ans que vous n’êtes plus ensemble.

3. Au Québec, il y aura aussi enquête de la Sûreté du Québec.

4. La loi exige que la personne soit membre d’un club de tir pour pouvoir acheter une arme à feu à autorisation restreinte.

5. La GRC doit par la suite délivrer un permis de transport d’arme à feu à autorisation restreinte, lequel document autorise le transport de l’arme uniquement sur le trajet entre le domicile et le club de tir. Vous n’avez pas le droit d’avoir vos armes dans votre voiture en dehors de ce trajet.

6. Le propriétaire d’une arme de poing doit avoir un comportement irréprochable, car les policiers n’hésitent pas à saisir les armes dans des cas de violence conjugale, des verdicts de menaces ou la commission d’un acte criminel.

Réal Delisle, du Club de tir le Faucon, est en démarche pour des projets d’agrandissement visant le champ de tir à la carabine et le pavillon d’accueil.