Le peloton de cyclistes aura roulé dans les rues de Saguenay une dernière fois, en juin dernier.
Le peloton de cyclistes aura roulé dans les rues de Saguenay une dernière fois, en juin dernier.

C’est officiellement la fin pour le Grand prix cycliste de Saguenay 

Le Grand prix (GP) cycliste de Saguenay est passé bien près de renaître de ses cendres. Le conseil d’administration avait trouvé une nouvelle formule pour relancer l’événement qui attirait des athlètes de haut niveau, dont plusieurs de calibre international, mais la Fédération québécoise des sports cyclistes (FQSC) a refusé de fournir une licence, ciblant un conflit d’horaire avec une autre course provinciale en Montérégie.

En septembre dernier, l’organisation annonçait la fin de l’événement tel qu’on le connaissait, c’est-à-dire une course en quatre étapes tenues dans les rues de Saguenay entre le jeudi et le dimanche. La Ville de Saguenay avait alors décidé de couper son aide financière, qui était de près de 220 000 $, en incluant les subventions et les services.

Loin de se laisser abattre, le GP cycliste de Saguenay, avec le directeur général Simon Ouellet et le président Steve Potvin en tête, a tenté de trouver une nouvelle façon de garder en vie la compétition cycliste. L’objectif était de garder l’envergure internationale de l’événement, et c’est pourquoi la semaine précédant le Tour de Beauce (17 au 21 juin 2020) avait été ciblée.

Le conseil d’administration a alors travaillé sur une série de trois critériums, présentés à Roberval, Alma et Chicoutimi les 11, 12 et 13 juin, respectivement, et totalisant des bourses de 45 000 $. La Ville de Saguenay avait même accepté de fournir une aide financière de 15 000 $, rendue possible aux termes de plusieurs discussions et rencontres.

Or, la FQSC ne donne pas de licence pour deux événements interprovinciaux tenus en même temps. Le Grand prix cycliste ZVP-Opto Réseau, présenté le 13 juin à Sainte-Justine-de-Newton, en Montérégie, a déjà reçu l’approbation de la FQSC. L’organisation du Grand prix cycliste de Saguenay a tenté de défendre son point en soulignant qu’elle visait une clientèle davantage internationale, en vain.

« C’est décevant, parce que dans notre tête, c’était une formalité d’obtenir l’appui de la FQSC, a réagi Steve Potvin. On est une organisation solide, qui a fait sa preuve au fil des ans, et on ne croyait pas que la tenue d’une autre épreuve pouvait déranger. On ne visait vraiment pas la même clientèle. On s’adressait aux coureurs internationaux, qui allaient profiter de leur présence au Tour de Beauce la semaine suivante pour venir chez nous et courir la chance de remporter des bourses importantes. » Le directeur général de la FQSC, Louis Barbeau, a jugé que la nouvelle mouture du GP de Saguenay cadre surtout au cœur d’un événement interprovincial. Il n’était pas convaincu que plusieurs cyclistes présents au Tour de Beauce auraient accepté de prendre part aux trois critériums.

« On ne permet jamais à deux événements de calibre provincial de se tenir en même temps au Québec, a-t-il d’abord expliqué lors d’un entretien téléphonique. Il y aurait effectivement eu la possibilité d’attirer quelques coureurs internationaux, mais il était peu probable qu’ils soient nombreux à se déplacer pour participer à des critériums. »

M. Barbeau a proposé la période suivant les championnats canadiens pour tenir le Grand prix cycliste de Saguenay nouvelle formule, entre le 30 juin et le 5 juillet, mais Steve Potvin a expliqué qu’à cette période, les cyclistes visés auront quitté la province.

« On profitait du Tour de Beauce pour les amener chez nous, donc c’était un peu comme attirer un artiste pendant qu’il est en tournée, a-t-il illustré. La caravane était en tournée pendant cette période, il fallait la prendre pendant qu’elle passait. »

« J’avais proposé de tenir une course élite chez les femmes et chez les hommes, mais malheureusement, semble-t-il que ce n’était pas possible », a ajouté Louis Barbeau.

Cette dernière tentative infructueuse de tenir un événement cycliste dans la région sonne le glas de l’organisation saguenéenne. Le conseil d’administration sera dissous, au cours des prochaines semaines, en respectant les statuts et règlements de l’organisme à but non lucratif.