Parmi les plus beaux moments de sa carrière de patineuse, Caroline Truchon (à droite, à l’arrière) souligne la Coupe du monde de patinage de vitesse courte piste présentée au Saguenay, en 2011, où elle a pu compétitionner devant sa famille, en compagnie des trois autres fleurons de la région, Marianne St-Gelais, Valérie Maltais (à l’avant) et Marie-Ève Drolet.
Parmi les plus beaux moments de sa carrière de patineuse, Caroline Truchon (à droite, à l’arrière) souligne la Coupe du monde de patinage de vitesse courte piste présentée au Saguenay, en 2011, où elle a pu compétitionner devant sa famille, en compagnie des trois autres fleurons de la région, Marianne St-Gelais, Valérie Maltais (à l’avant) et Marie-Ève Drolet.

Caroline Truchon partage son parcours

Johanne Saint-Pierre
Johanne Saint-Pierre
Le Quotidien
Que de chemin parcouru depuis que Caroline Truchon a pris sa retraite de l’élite du patinage de vitesse courte piste, en juin 2015 ! Actuellement conseillère sports de haut niveau et services aux athlètes à l’Institut national du sport (INS) du Québec, la polyvalente athlète avoue être à la fois surprise et fière de son parcours durant les cinq dernières années, surtout qu’elle « ne s’attendait pas à ce que ce qu’elle vit lui arrive aussi vite!»

Fidèle à ses habitudes, la Chicoutimienne n’a jamais eu peur de retrousser ses manches et de mettre les bouchées doubles s’il le faut pour atteindre ses objectifs. Lorsqu’elle a pris sa retraite en 2015, elle venait de commencer à faire quelques heures comme réceptionniste à l’INS, tout en conciliant ses études en relations internationales et droit international à l’Université du Québec à Montréal (UQAM). De fil en aiguille, elle a su saisir les opportunités qui se sont offertes et a accepté de nouvelles responsabilités.

À l’hiver 2017, elle est allée étudier une session à Genève, en Suisse, pendant six mois, dans le cadre de son programme, ce qui lui a permis de réaliser, entre autres, qu’elle n’avait plus envie d’aller s’installer en Europe. À son retour, son poste était pourvu, mais une autre opportunité s’est présentée à l’INS. En mai 2019, elle a appliqué sur un poste au département des services de performance comme conseillère des services aux athlètes et a été choisie. « Plus ça va, plus mes responsabilités augmentent », mentionne avec enthousiasme la fille de Claude Truchon et Line Guillemette.

D’ailleurs, les athlètes qui la côtoient peuvent certainement s’inspirer de son passé d’athlète élite, de sa combativité et de sa détermination, ainsi que de sa capacité à rebondir lorsque survient une déception.

Pour elle, le sport a été une véritable école de vie, qu’elle applique maintenant «dans sa vie d’adulte», comme elle s’amuse à l’appeler. «Je suis fonceuse et méthodique. De la façon dont je vais mettre mes énergies dans le travail, c’est comme quand je faisais du patin. Je fais les choses vite, mais je m’applique. En plus, dans mon travail, je sais c’est quoi avoir été un athlète. Je me sens plus en confiance de les guider quand ils rencontrent des difficultés, parce que moi aussi, j’ai vécu ça. Avec le programme Plan de match, on aide beaucoup les athlètes pour leur après-carrière.»

Elle leur explique qu’ils ne doivent pas percevoir leur sport comme leur plan A et l’après comme le plan B, parce que la carrière sportive a une fin. « Ce sont deux plans A qu’ils doivent préparer comme il faut. Et ce n’est pas parce qu’ils préparent bien leur deuxième plan A que leur sport va moins bien aller. Au contraire, ils seront moins stressés », fait-elle valoir.

Soccer et patin
En plus de travailler à temps plein, la Saguenéenne de 32 ans est sur le point de terminer un diplôme d’études supérieures spécialisées en management du sport de HEC Montréal.

Athlète polyvalente, la Chicoutimienne Caroline Truchon (2e à partir de la droite) n’a pas chômé après sa retraite de la compétition en patinage de vitesse courte piste. Elle a renoué avec le soccer et l’arbitrage et fait partie du programme d’excellence provincial. Elle fait aussi ses classes comme officielle en patinage de vitesse courte piste.

Mais ce n’est pas tout ! Après sa retraite de la compétition, cette bosseuse fait maintenant ses classes comme officielle en patinage de vitesse courte piste et au soccer, un sport qu’elle a longtemps pratiqué plus jeune. «Quand j’ai pris ma retraite en 2015, j’ai recommencé à jouer et en 2016, j’ai recommencé à arbitrer. Depuis l’an dernier, je suis sur le programme d’excellence provincial de Soccer Québec», indique celle qui arbitre des matchs AAA du senior masculin AA à Montréal et des matchs féminins de la Première ligue de soccer du Québec (PLSQ).

Heureusement, elle a la couenne dure et le caractère pour s’imposer malgré les critiques des joueurs.

Elle s’est aussi lancée dans l’arbitrage au patinage de vitesse, une façon pour elle de redonner à son sport. Techniquement, elle est en troisième année et devait participer, en mars, au Championnat canadien junior, à Vancouver, comme officielle de développement pour Patinage de vitesse Canada, quand la pandémie a tout mis sur pause.

«Le responsable des arbitres au Québec m’a dit que j’avais vraiment beaucoup de potentiel et il voulait que je me développe. Je suis vraiment contente parce que j’adore faire ça. C’est du bénévolat. Il n’y a pas beaucoup d’officiels et encore moins de filles, alors c’est un avantage pour moi», souligne celle qui espère, d’ici sept à huit ans, pouvoir arbitrer en coupes du monde.

Jeux olympiques 
Malgré les médailles gagnées en Coupe du monde et aux Universiades, Caroline Truchon rêve toujours des Jeux olympiques. À défaut d’y aller comme athlète, c’est maintenant comme membre de l’équipe de mission du Comité olympique canadien (COC) qu’elle espère concrétiser son rêve. Elle avait d’ailleurs été choisie pour faire partie du programme Familles et amis des athlètes du COC aux Jeux de Tokyo. «Quand j’ai été choisie, je me disais que jamais en cinq ans je n’aurais pensé être où je suis en ce moment. Je me voyais faire ça un jour, mais je ne pensais pas que ça arriverait aussi vite.»

Bien sûr, les Jeux sont reportés en juillet 2021, mais elle est toujours dans la liste du personnel pour «ce job de rêve». Elle garde donc espoir de vivre ses premiers Jeux en 2021, mais se dit que si ce n’est pas à Tokyo, ce sera d’autres rendez-vous, idéalement une fois des Jeux d’été et une fois des Jeux d’hiver.

Et où se voit-elle dans cinq ans? «Je ne sais pas. Je vis au jour le jour. Je me vois encore à l’INS parce que j’aime beaucoup mon travail, mais peut-être pas dans le même rôle. Peut-être dans un rôle plus important ou avec plus de responsabilités. Mais pour l’instant, ça me convient. Ce n’est pas une corvée travailler. Et je suis chanceuse parce que pendant le confinement, je n’ai jamais cessé de travailler. Ça vaut de l’or ! Même si je travaille de chez nous, je suis bien et je ne peux pas vraiment me plaindre», assure celle dont les journées pourraient certainement avoir plus de 24 heures.

Lorsqu’elle a pris sa retraite de la compétition du patinage de vitesse courte piste, Caroline Truchon a enfin pu s’initier au plaisir du ski alpin.

Son amoureux lui rappelle d’ailleurs de temps en temps qu’elle n’est pas obligée de dire oui à tous les projets qui lui sont présentés, a-t-elle conclu en riant.