Professeur d’éducation physique de carrière et directeur d’école pendant une vingtaine d’années, Carl Bouchard a livré sa façon de pensée de manière honnête, ce qui a été apprécié par les jeunes hockeyeurs.

Carl Bouchard insiste sur l’attitude et les études

Les candidats pour un poste chez les Élites de Jonquière ou les Espoirs du Saguenay–Lac-Saint-Jean ont pu en apprendre un peu plus sur la façon de faire du recrutement grâce à Carl Bouchard, directeur du Centre de soutien au recrutement (CSR) de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ).

Au cours d’une conférence d’environ une heure, l’homme de hockey y est allé de différentes observations, basées sur son rôle au CSR et sur sa carrière dans le monde de l’enseignement. Professeur d’éducation physique de carrière et directeur d’école pendant une vingtaine d’années, Carl Bouchard a livré sa façon de penser de manière honnête, ce qui a été apprécié par les jeunes hockeyeurs.

« Vous prenez ce que vous voulez, je vous dis ce que je pense, et ça vous donne des outils supplémentaires », a-t-il laissé tomber à la fin de son allocution.

La 19e équipe
La présentation de cette conférence était à propos pour les joueurs de 15 et de 16 ans, car ce sont eux qui vont être scrutés par le CSR pendant la saison 2018-2019. Comme l’indiquait Carl Bouchard, le centre est en quelque sorte la 19e équipe de la LHJMQ, sauf qu’il ne repêche pas.

« On n’évalue que le talent et ce qu’on voit sur la glace, a décrit le Chicoutimien. Contrairement aux équipes, on ne passe pas de joueurs en entrevue. Par exemple, si tu dis que tu as quatre échecs à l’école, je ne suis pas sûr que l’équipe concernée va te mettre sur sa liste. »

Tout en rappelant que le CSR est un outil de plus pour les 18 équipes de la LHJMQ, Carl Bouchard a précisé que la liste finale, remise au début de mois de mai, n’était pas une donnée infaillible. « Un club peut prendre notre liste, la déchirer en morceaux et la jeter aux vidanges », a rappelé l’homme de hockey, ajoutant du même souffle que plusieurs recruteurs en chef des équipes du circuit Courteau communiquaient régulièrement avec lui.

Qualités recherchées
Carl Bouchard a profité de la tribune offerte pour partager ce que les recruteurs recherchent chez un hockeyeur. Si le coup de patin est un incontournable, la constance, le sens du hockey et l’attitude sont deux qualités plus qu’importantes à considérer. Le sens du hockey a d’ailleurs permis à Carl Bouchard de dresser des comparatifs, notamment avec Antoine Roussel, ancien capitaine des Saguenéens de Chicoutimi, qui a finalement réussi à faire son chemin jusqu’à la Ligue nationale de hockey (LNH). « Quand il est arrivé à Chicoutimi, Antoine n’avait pas un grand sens du jeu, mais il compensait tellement avec ses autres qualités et son intensité, a rappelé Bouchard. Il est possible de compenser avec autre chose, mais le sens du hockey est un des facteurs les plus importants dans le développement. »

L’attitude du hockeyeur est un autre aspect sur lequel Carl Bouchard a mis beaucoup d’accent. Le comportement hors glace et sur la glace fait partie des discussions avec les entraîneurs. « Le langage corporel sur la glace, tout le monde peut le voir », a d’abord souligné le directeur du CSR, qui est également recruteur régional pour le programme des moins de 17 ans avec Hockey Canada.

« Taper sur la glace avec son bâton en revenant au banc, ça passe quand tu es novice, mais rendu à votre niveau, ça ne passe pas, a-t-il tranché. Il n’y a pas un recruteur en chef qui ne demande pas à l’entraîneur comment est le joueur dans la chambre. L’attitude, c’est super important. »

Déformation professionnelle oblige, Carl Bouchard a supplié ses invités de se concentrer sur leurs études, tout en soulevant qu’un très mince pourcentage de joueurs parviennent à atteindre la LNH, malgré les promesses et les belles paroles de certains. « C’est hyper important d’être sérieux à l’école. Les écoles s’informent, a exposé Bouchard. La façon de faire à l’école fait partie de l’attitude. Ce que tu fais et ce que tu vis à l’école, ça ne te décolle pas de la peau. »