Ryan Poehling aura une longueur d'avance sur ses coéquipiers, alors qu'il est le seul à avoir goûté à la LNH.

Poehling croit avoir les capacités pour briller au camp des recrues

BROSSARD — Ryan Poehling compte déjà trois buts à sa fiche dans la LNH et sait que les attentes seront élevées alors qu'il se prépare à vivre une première saison dans la LNH.

Il est donc facile d'oublier que l'attaquant américain en est à son premier camp avec le Canadien.

Le Tricolore a lancé son camp des recrues jeudi. Un total de 27 joueurs vont participer à deux jours d'entraînement au Complexe sportif Bell avant de se rendre à Belleville pour un tournoi face aux espoirs des Sénateurs d'Ottawa et des Jets de Winnipeg au cours du week-end. Les espoirs du Canadien vont ensuite revenir au Québec et croiser le fer avec une équipe composée de joueurs de l'UQTR et des universités Concordia et McGill, mardi.

Poehling aura une longueur d'avance sur ses coéquipiers, alors qu'il est le seul à avoir goûté à la LNH. Croit-il être en mesure de briller au cours du camp des recrues?

«Oui, j'ai les capacités pour le faire, a-t-il dit au terme de son premier entraînement officiel sur glace de la nouvelle saison. Mais c'est aussi une occasion de retrouver mon synchronisme.

«Dans la LNH, vos coéquipiers sont aussi meilleurs. Dans un tournoi de recrues, tous les gars se battent pour une place. Quand ils font une erreur, ils s'en mordent vraiment les doigts. Je veux être un meneur et leur rappeler que les erreurs font partie du hockey.»

Lors du camp de développement du Tricolore en juin, Poehling, qui a été repêché en première ronde en 2017, ressemblait parfois à un homme jouant avec des enfants.

Sa performance lors du dernier match du Canadien la saison dernière, quand il a marqué trois buts en temps réglementaire avant d'ajouter le filet décisif en fusillade dans une victoire de 6-5 face aux Maple Leafs de Toronto, sert aussi d'argument pour prouver qu'il devrait commencer la saison avec le grand club.

«Ce qui me rend content dans ces trois buts, c'est qu'il les a marqués en jouant de la bonne façon, a mentionné l'entraîneur du Rocket de Laval, Joël Bouchard, qui est responsable du camp des recrues. Si ces trois buts avaient été le résultat de séquences à l'emporte-pièce à la Guy Lafleur, j'aurais dit que ce n'était pas réaliste pour le jeune.

«Mais il a marqué ces buts en allant au filet, en étant à la bonne place au bon moment, grâce à de bons lancers et de bons choix. Il n'y avait rien de spectaculaire, sauf que c'était du bon hockey.»

Bouchard a aussi rappelé qu'il n'était pas nécessaire pour un joueur de noircir la feuille de pointage à répétition au cours du week-end pour prouver sa valeur.

«Un joueur peut marquer un but et deux aides et vous allez penser qu'il a brûlé l'autre équipe et moi, je vais dire qu'il a des choses à travailler, a affirmé Bouchard. À l'inverse, un joueur parfois ne récoltera pas de point, mais je vais trouver qu'il s'est bien ajusté et qu'il a été très bon.

«Rappelez-vous (Jesperi) Kotkaniemi l'an passé. Il n'avait pas brûlé lors du premier match, mais il a quand même eu une bonne saison. Et j'avais dit après le premier match que la manière dont il s'était comporté démontrait qu'il était un "vrai" joueur. Ça se voyait tout de suite.»

Dans l'espoir d'être fin prêt pour sa première saison chez les professionnels, Poehling est arrivé à Montréal tôt en août. Il a travaillé avec les préparateurs physiques du Tricolore et est déjà très à l'aise dans son nouvel environnement.

«Habituellement pendant l'été, je ne passe pas beaucoup de temps sur la patinoire, a mentionné Poehling. Cette fois, j'ai beaucoup patiné ici. Je me suis beaucoup entraîné. J'ai la sensation d'être dans la meilleure forme possible.»

Âgé de 20 ans, Poehling a disputé trois saisons à l'université St. Cloud State, au Minnesota, avant de faire le saut dans les rangs professionnels. Il a admis qu'il avait encore parfois le mal du pays.

«J'ai adoré mon temps là-bas, pas le temps en classe, mais le temps avec les gars, a raconté Poehling. Maintenant que je suis ici, je pense à l'école. Avant, c'était l'inverse.

«J'ai passé tous mes étés à Lakeville (au Minnesota), a-t-il aussi rappelé. Quand je suis arrivé ici, j'étais un peu triste, mais Montréal est une ville où il est très agréable de passer du temps.»

Si Poehling trouve le moyen de répondre aux attentes, les amateurs de hockey montréalais vont rapidement l'adopter. Il ne s'ennuiera alors peut-être plus du Minnesota.