Jeff Petry a marqué le but victorieux en prolongation
Jeff Petry a marqué le but victorieux en prolongation

Petry tranche en prolongation et le Canadien gagne le premier match face aux Pens

Alexis Bélanger-Champagne
La Presse Canadienne
TORONTO — Claude Julien avait affirmé samedi midi qu’il n’avait pas d’autre choix que de faire confiance aux jeunes joueurs de l’équipe. Ses joueurs lui ont bien rendu cette confiance.

Nick Suzuki a été possiblement le meilleur attaquant du Canadien, tandis que le défenseur Jeff Petry a joué les héros en prolongation et la formation montréalaise a vaincu les Penguins de Pittsburgh 3-2, lors de la première rencontre de leur série de qualification.

Petry a dénoué l’impasse à 13:57 de la prolongation, offrant la victoire au Canadien à son premier match «qui compte» depuis le 10 mars en raison de la pandémie de nouveau coronavirus.

Le défenseur américain a récupéré une rondelle libre après une montée de Brendan Gallagher, a évité la glissade de Brandon Tanev et a déjoué le gardien Matt Murray avec un tir bas du côté du bouclier.

Le Canadien mène donc la série au meilleur de cinq rencontres 1-0. Entre 1980 et 1986, quand la LNH employait ce format pour la première ronde, l’équipe qui a remporté le premier match a gagné la série 87,5 % du temps (49-en-56).

Jesperi Kotkaniemi a marqué l’autre but du Tricolore, qui s’est imposé au Scotiabank Arena même s’il a gaspillé une avance de deux buts.

Carey Price a été solide devant le filet du Canadien, particulièrement en début de rencontre, et a repoussé un total de 39 tirs.

«La concentration était là du début à la fin. Nous étions prêts à faire ce qui était nécessaire pour gagner, a affirmé Julien. En prolongation, si vous avez peur de perdre, vous allez perdre. Si vous êtes déterminés à gagner, vous allez gagner. C’est ce que j’ai dit aux joueurs.»

Sidney Crosby et Bryan Rust ont répliqué pour les Penguins. Murray, qui a finalement été préféré à Tristan Jarry par l’entraîneur Mike Sullivan, a repoussé 32 lancers.

Les Penguins ont été 1-en-7 en avantage numérique. Ils ont notamment été incapables de profiter de 1:32 en supériorité numérique de deux hommes tôt en troisième période. Puisque Phillip Danault était au cachot, Suzuki a été l’attaquant de confiance de Julien dans cette situation.

«(Suzuki) est un joueur intelligent et il a participé à nos réunions sur le désavantage numérique, a souligné Julien. Il savait de quelle façon les Penguins allaient si prendre à cinq contre trois. Il a fait du bon travail. Price a fait de gros arrêts et nos défenseurs ont bien fait aussi. Le désavantage numérique mérite beaucoup de crédit pour cette victoire.»

Le deuxième match sera présenté lundi soir, à 20 h.

Braver la tempête

Le Canadien a survécu à la tempête en début de match. Gallagher a décoché le premier tir de la rencontre, mais les Penguins ont réussi les 10 suivants.

Price a dû être alerte pour empêcher les Penguins de transformer cet avantage dans la colonne des tirs en avantage dans la colonne des buts. Il a notamment réalisé trois arrêts difficiles aux dépens d’Evgeni Malkin.

«Je ne sais pas si c’était de la nervosité, mais les Penguins ont commencé le match en force, a noté Julien. Carey a fait du bon travail. Il nous a gardés dans le match. Il nous a donné une chance de se mettre en marche.»

Le Tricolore a ensuite réussi à mieux contrer les efforts des Penguins et calmer le jeu. Puis, Kotkaniemi a ouvert le pointage à 11:27, quand un tir de Brett Kulak a dévié avant de le frapper à la poitrine et d’aboutir dans l’objectif. Murray n’y pouvait rien sur la séquence.

Suzuki a creusé l’écart à 6:53 du deuxième tiers grâce à un lancer précis lors d’une descente à deux contre un, mais les Penguins ont repris le contrôle de la rencontre par la suite.

Au terme d’une longue séquence dans le territoire du Tricolore, Crosby a ramené les Penguins à un seul but de leurs rivaux à 9:55. Rust a ensuite créé l’égalité à 12:34, en avantage numérique, profitant d’une rondelle libre devant Price.

Conor Sheary a obtenu une chance en or de jouer les héros avec 3:03 à faire en troisième période, obtenant un tir de punition. Il a toutefois raté la cible.

Jonathan Drouin a à son tour obtenu un tir de punition à 6:46 de la prolongation, mais il a perdu le contrôle du disque au moment de tirer du revers.

Petry a finalement donné la victoire du Tricolore.

Échos de vestiaire

Jeff Petry a su profiter de sa chance en prolongation:

«Nous parlons souvent de l’importance pour les défenseurs d’appuyer l’attaque. Quand j’ai vu la rondelle apparaître, j’ai foncé. J’ai pris une seconde de plus pour me dégager et j’ai tiré.»

Petry a rendu hommage à Carey Price:

«Il a fait des arrêts très importants en début de rencontre et a joué de manière avec calme, comme il le fait si souvent. Quand l’équipe adverse applique de la pression, il excelle pour calmer le jeu et l’équipe. Ça aide tout le monde à rentrer dans son match.»

Nick Suzuki croit que le Canadien a passé un message:

«Il n’y a pas beaucoup de personnes qui nous considèrent comme des prétendants. Nous voulons démontrer que nous pouvons rivaliser avec n’importe qui. Nous venons de faire un premier pas vers l’avant. (Les Penguins) vont revenir encore plus fort lors du prochain match.»

Suzuki n’a pas bronché quand Claude Julien l’a envoyé dans la mêlée pour l’infériorité numérique de deux hommes tôt en troisième période:

«J’avais confiance et je comptais sur deux bons défenseurs avec moi (Shea Weber et Petry). Nous avons beaucoup parlé de leur avantage numérique. J’avais confiance. Et c’est agréable de voir que l’entraîneur me fait confiance dans ce type de situation.»