Christian Fischer (36) et Derek Stepan (21) se réjouissent après un but marqué en troisième période.

Les mines des joueurs du Canadien dans le vestiaire en disaient long

ANALYSE / MONTRÉAL - Personne ne se marchait sur les pieds dans le vestiaire du Canadien de Montréal après la désolante défaite de 5-4 contre les Coyotes de l’Arizona, jeudi soir, au Centre Bell. Et il suffisait d’examiner les mines des joueurs qui ont rencontré les journalistes, et écouter le ton dans leur voix, pour percevoir le désarroi qui les animait.

Alors que s’achève une cruciale séquence de six matchs à domicile, sur laquelle comptait Claude Julien pour accumuler de précieux points au classement et envoyer un message au reste de la ligue que le Tricolore ne se laissera pas damer le pion devant ses partisans, voilà qu’il s’incline devant la pire équipe de la LNH, dans son château-fort.

Tout ça alors qu’il menait 2-0 après 20 minutes de jeu et 4-3 après deux périodes grâce à un but marqué à dix secondes de la fin de l’engagement.

En principe, comme c’est souvent le cas d’ailleurs, ce but aurait dû saper le moral d’une troupe fragile et vulnérable, surtout qu’elle allait amorcer le troisième vingt à court d’un homme à la suite du grabuge qui a marqué la fin de la période médiane.

Or, non seulement, le Canadien n’a-t-il pas réussi à planter le dernier clou dans le cercueil des visiteurs, ce sont ces derniers qui ont profité des meilleures chances de marquer lorsque Derek Stepan a profité de deux occasions pour s’échapper seul face à Charlie Lindgren.

Le jeune gardien du Canadien a gagné ces deux batailles, mais les Coyotes n’avaient pas dit leur dernier mot, bien au contraire.

«Peu importe qui nous affrontons dans la Ligue nationale de hockey, si nous ne jouons pas de la façon dont le Canadien de Montréal doit jouer pour gagner des matchs de hockey, nous ne connaîtrons pas de succès», a lancé Brendan Gallagher, qui a raté une partie de la troisième période après avoir reçu un coup à la tête qui l’a forcé à passer par le protocole en matière de commotions cérébrales.

Les quelques joueurs qui ont rencontré les journalistes avaient tous le même mot dans la bouche : négligence (sloppy). Ce jeu négligent a commencé en deuxième période, après le duel aux poings entre le nouveau venu Nicolas Deslauriers et Zac Rinaldo, que ce dernier a perdu haut la main. Mais peut-être est-ce une coïncidence, c’est à ce moment que les Coyotes ont repris vie.

«Après ce combat, ils ont affiché plus d’énergie, a constaté Julien, qui n’a pas voulu s’aventurer sur le bien-fondé de la décision de Deslauriers de jeter les gants à un moment où son équipe menait par deux buts et contrôlait le tempo de la rencontre.

«En deuxième période, nous sommes devenus négligents et nous n’avons pas respecté notre plan de match. Je ne dis pas que nous n’avons pas respecté notre adversaire, mais nous n’avons pas respecté notre plan de match parce que nous avons pensé que ça serait facile. Ce soir, il n’y a aucune excuse. On peut prendre la responsabilité, on peut en parler, mais j’aimerais mieux le voir que d’en parler. Nous avions l’occasion ce soir de montrer que nous étions capables de jouer pendant 60 minutes et de garder notre concentration. Et nous ne l’avons pas fait», a ajouté l’entraîneur-chef du Tricolore, que l’on n’avait jamais vu dans un tel état depuis son retour avec l’organisation montréalaise il y a neuf mois.

Reste à voir maintenant comment les joueurs du Canadien se relèveront d’une défaite aussi crève-coeur. La visite des Maple Leafs de Toronto, samedi soir, pourrait en donner une indication claire.