James van Riemsdyk a déjoué Charlie Lindgren en troisième période pour marquer le quatrième but des Leafs de la soirée, au grand dam de Karl Alzner et de Charles Hudon.

Le Tricolore allergique à l’adversité

S’il en avait eu la latitude, Claude Julien aurait possiblement demandé à ses joueurs de se présenter à Brossard dimanche pour une séance d’entraînement qui n’était pas au programme. Mais convention collective oblige — avec ses quatre journées de congé imposées par mois —, il devra patienter pendant 24 heures pour essayer de trouver des solutions aux nombreux problèmes qui affligent son équipe, et les mettre en pratique.

Une fois de plus samedi soir, l’entraîneur-chef du Canadien de Montréal a dû se présenter devant les journalistes pour expliquer pourquoi sa troupe s’est lamentablement écrasée après avoir si bien joué pendant une portion précédente d’un match.

Le Canadien a dicté le tempo en première moitié de rencontre et totalisait déjà sept tirs au but après environ cinq minutes de jeu, mais il s’est buté au gardien Frederik Andersen.

À partir du moment où les Maple Leafs de Toronto ont trouvé une brèche et battu Charlie Lindgren pour la première fois de la soirée, à mi-chemin de la période médiane, tout s’est écroulé.

Résultat : devant tous les amateurs de hockey du pays, le Canadien a subi une autre gênante défaite, celle-là par la marque de 6-0.

Si l’on exclut le but refusé à Andrew Shaw en troisième période du match contre les Coyotes de l’Arizona jeudi dernier, voilà maintenant quatre périodes et des poussières que le Tricolore n’a pas logé une rondelle derrière un gardien rival.

«“Freddie” a été solide tôt dans le match. Nous n’étions pas aussi compétitifs qu’eux au départ. Ils gagnaient plus de batailles et de courses pour la rondelle. Nous avons réussi à nous calmer et nous avons marqué des buts opportuns. Le premier était important, mais le second nous a donné une marge de manœuvre», a noté Mike Babcock.

Plusieurs questions

En décortiquant les propos de l’entraîneur-chef des Maple Leafs, faut-il conclure que dès que le Canadien tire de l’arrière par deux buts, l’adversaire peut déjà respirer plus à l’aise?Que sa victoire est dans le sac? Que les spectateurs au Centre Bell peuvent déjà penser à rentrer chez eux? Que ceux qui regardent le match au petit écran peuvent aussitôt syntoniser une autre chaîne?

Ces questions se posent quand on sait que des huit victoires du Tricolore cette saison, une seule est venue après que l’équipe eut accusé un retard de deux buts.

À l’exception de ce match, le 4 novembre à Winnipeg, jamais cette saison le Canadien n’a même créé l’égalité dans de telles circonstances.

Pourtant, les Coyotes leur ont fait le coup jeudi, en route vers un gain de 5-4.

Si la pire équipe de la LNH en est capable, qu’est-ce qui fait que des patineurs comme Max Pacioretty, Jonathan Drouin, Alex Galchenyuk, Brendan Gallagher et Shea Weber perdent tous leurs moyens devant chaque déficit de deux buts?

Si l’on se fie à ce qu’il a dit après le match de samedi, Julien croyait encore aux chances de son équipe pendant le deuxième entracte. Il n’a fallu que 25 secondes aux Maple Leafs au début du troisième vingt pour porter le score 3-0 et éteindre ses derniers espoirs.

«Après deux périodes, on pensait qu’en travaillant pour marquer ce premier but, on pourrait ensuite profiter d’un élan, a raconté Julien. Mais une fois de plus, on a commis une erreur sur un jeu de base, lors d’une mise en jeu.

«C’est probablement l’aspect le plus frustrant en ce moment, a-t-il enchaîné. Il faut absolument réduire de telles bévues. Nous ne pouvons pas jouer de dix façons différentes, nous sommes censés jouer d’une seule manière.»