C’est sans Alex Galchenyuk, ennuyé par un virus, que Claude Julien a dirigé l’entraînement du Canadien, qui accueille les Maple Leafs de Toronto, samedi.

Julien garde foi en Galchenyuk

BROSSARD — Claude Julien n’a pas perdu foi en l’énigmatique Alex Galchenyuk et que la patience est de mise parce qu’il est encore jeune.

«Il y a des joueurs à qui ça prend un peu plus de temps. Avec Alex, on voit le potentiel. C’est important de rester patient, et on va toujours travailler avec lui», a assuré Julen au sujet de son attaquant de 23 ans, qui n’a pas patiné avec ses coéquipiers vendredi, parce qu’il était affaibli par des symptômes grippaux.

«Mais tu veux que le joueur, que ce soit Alex ou n’importe qui d’autre, fasse sa part aussi», a ajouté Julien. «On travaille ensemble. Ça ne peut pas être un travail à sens unique, il faut que ça se fasse à deux. On l’aide, il s’aide et c’est toujours la même chose avec les joueurs avec lesquels j’ai travaillé.»

Le gardien Carey Price s’est également porté à la défense de Galchenyuk. «Il est ici depuis quelque temps, donc il sait ce qu’on attend de lui. Nous souhaitons juste qu’il travaille fort et qu’il nous offre son meilleur effort. Il a le talent et on n’est pas inquiet pour lui.»

Les ennuis de Galchenyuk sont-ils d’origine physique ou psychologique? Julien a manifesté un brin d’impatience en répondant à la question.

«Ce que je vous dirais, c’est que comme entraîneur, j’entends toutes les questions sur Galchenyuk, mais je n’entends pas de questions sur d’autres joueurs qui n’ont peut-être pas été à la hauteur. Jusqu’à un certain point, un entraîneur ne doit pas toujours être obligé de répondre au sujet d’Alex Galchenyuk, mais de travailler avec. Je ne m’attarde pas sur Galchenyuk, mais sur plusieurs joueurs.»

Julien ignorait vendredi si Galchenyuk serait en uniforme samedi lors de la visite des Maples Leafs de Toronto, une équipe contre qui il y a bien paru la saison dernière comme en témoignent ses trois buts et deux aides. «C’est trop tôt pour dire s’il pourra jouer. Il devait rencontrer le médecin de l’équipe, il sera réévalué et nous prendrons une décision.»

L’entraîneur-chef, qui n’avait pas rencontré les médias depuis la défaite de mardi contre Chicago, a aussi été invité à expliquer son raisonnement derrière sa décision de placer Galchenyuk au sein du quatrième trio, à gauche de Torrey Mitchell et d’Ales Hemsky lors de l’entraînement tenu le lendemain.

«Alex connaît un départ difficile. Avec tout le temps qu’il a passé sur la patinoire en avantage numérique, il ne semble pas obtenir de chances de marquer en ce moment. À titre d’entraîneur, je dois faire le nécessaire, et ce n’est pas quelque chose qui le vise uniquement parce qu’il y a d’autres joueurs que nous croyons capables de produire et qui ne le font pas. Et quand vous évoluez avec un ailier comme Hemsky à droite, ce n’est pas comme si vous jouiez avec un joueur sans habiletés.»

0 en 14

Le difficile départ du Canadien s’explique par une attaque en panne, incluant l’avantage numérique, qui n’a pas fait vibrer les cordages en 14 tentatives cette saison. Dans l’espoir de sortir de cette torpeur, Julien a apporté des retouches à l’entraînement vendredi en utilisant Shea Weber et le jeune défenseur Victor Mete sur la première unité. En fait, lors des exercices Weber se trouvait à la hauteur du cercle de mise en jeu.

«Il faut trouver le moyen de marquer des buts», a résumé Julien. «Même si notre jeu de puissance n’a pas été mauvais et que nos entrées ont été assez bonnes, il reste que nous n’avons pas marqué de buts encore.»

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Les options de Mark Streit

Ignorer au ballotage par les 30 autres formations de la LNH, Mark Streit se donne la fin de semaine pour évaluer les différentes options qui s’offrent à lui. Pour cette raison, il a choisi de ne pas se rapporter au Rocket. Parmi les scénarios plausibles, les deux parties pourraient accepter d’annuler le contrat du défenseur de 40 ans, qui aurait alors le loisir d’aller jouer avec l’équipe de son choix. Du coup, il pourrait même retourner en Suisse, ce qui lui donnerait l’occasion de prendre part aux prochains Jeux olympiques, en février. «Mark est un excellent vétéran qui a connu une bonne carrière dans la Ligue nationale», a déclaré Claude Julien. «S’il se présente à Laval, ça ne veut pas dire qu’on ne le reverra pas ici non plus. Un vétéran comme lui a droit d’étudier les options qui s’offrent à lui. Pour l’instant, je pense qu’on va être respectueux de ce côté-là.»

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Schlemko de retour samedi?

Cédé au Rocket de Laval à des fins de remise en forme, le défenseur David Schlemko a joué vendredi un premier match cette saison dans la Ligue américaine. Claude Julien a indiqué que le Canadien évaluera son dossier sur une base quotidienne, laissant ainsi planer la possibilité qu’il soit rappelé à temps pour le match de samedi soir contre les Maple Leafs de Toronto au Centre Bell. Il se pourrait aussi que Schlemko, à l’écart du jeu depuis la deuxième journée du camp en raison d’une blessure à une main, participe au deuxième match contre les Devils de Binghamton samedi après-midi à la Place Bell.

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Pas de drapeau blanc

S’il y a une chose qui peut donner un peu de confiance en soi à un Canadien négligé en vue du match de samedi, c’est le passé immédiat entre les deux équipes. En fait, les Maple Leafs n’ont pas battu le Canadien une seule fois depuis janvier 2014, soit une sécheresse de 14 matchs, dont 12 le samedi soir, sans avoir pu vaincre les rivaux montréalais. «C’est un bon moment pour les affronter. Nous n’avons pas joué comme on le voudrait depuis le début de la saison, et toutes les équipes doivent faire face à un peu d’adversité lors d’une saison. Alors, pourquoi pas maintenant?» estime le gardien Carey Price, qui a gagné ses 11 dernières sorties contre Toronto, une séquence qui s’est amorcée le 22 mars 2014 au Centre Air Canada. Durant cette série victorieuse, il présente une moyenne de buts alloués de 1,88 et un taux d’arrêts de ,944. Vous aurez deviné que le gardien vedette, qui avait naguère lancé le célèbre Chill out! («Calmez-vous!»), pense un peu la même chose ces jours-ci, même si sa bande n’a aucune victoire en temps réglementaire depuis le début de la saison. «Ce n’est pas le moment d’agiter le drapeau blanc, on reste une équipe confiante en elle. Nous sommes meilleurs que notre fiche ne l’indique. Je crois que nous avons très bien joué lors de nos quatre matchs. À Washington, c’est le seul match où nous n’avons pas très bien joué jusqu’ici.»  avec La Presse