Joël Bouchard a affirmé jeudi que le poste qu'il a accepté — entraîneur-chef du Rocket de Laval — était celui qu'il convoitait.

Joël Bouchard devient l’entraîneur-chef du Rocket de Laval

MONTRÉAL — Joël Bouchard a fait l’objet de plusieurs spéculations au cours des derniers mois. Le nouvel entraîneur-chef du Rocket de Laval a toutefois accepté le poste qu’il convoitait.

Le Canadien de Montréal a confirmé jeudi l’arrivée de l’ex-entraîneur-chef et directeur général de l’Armada de Blainville-Boisbriand à la tête de son club-école de la Ligue américaine. C’est le dg du «grand club», Marc Bergevin, qui en a fait l’annonce lors d’une conférence de presse à la Place Bell.

Plusieurs estimaient que Bouchard pourrait avoir les doubles fonctions avec le Rocket, soit celle de directeur général en plus de celle d’entraîneur-chef. Qui plus est, plusieurs le voyaient remplacer Larry Carrière comme adjoint à Bergevin. Ce n’est pas le cas.

«J’espère seulement être un gars de hockey. Je n’ai jamais cherché à mettre un titre sur ce que je faisais, a humblement fait remarquer Bouchard. Tout ce que je fais, je le fais avec passion. [...] L’opportunité pour moi qui était la plus enrichissante, l’emploi que je voulais, c’était entraîneur-chef du Rocket de Laval.»

Après l’ajout de Dominique Ducharme au personnel hockey du club — celui-ci secondera Claude Julien derrière le banc du grand club — Bouchard est le deuxième Québécois de haut profil à se joindre au Canadien. Aux yeux de Marc Bergevin, l’organisation ne pouvait pas laisser passer ces deux hommes.

«C’est certain que tu t’assois, tu fais une liste. Tu discutes à l’interne. Les deux noms qui revenaient tout le temps, c’étaient ces deux-là, a-t-il raconté. C’est certain qu’on ne pouvait pas ne pas évaluer d’autres candidats, mais ces deux hommes-là étaient ciblés.

«Nous avions deux gars au Québec avec beaucoup de talent. Ma vision, c’était d’avoir les deux à Montréal et nous avons trouvé le moyen de les amener tous les deux», a-t-il ajouté plus tard.

Bergevin avait d’ailleurs entamé les discussions il y a quelques semaines avec son nouvel employé.

«Quelques jours après l’annonce [du congédiement] de Sylvain Lefebvre [le 17 avril], j’ai contacté Joël, a-t-il expliqué. Au cours des dernières années, nous avons souvent discuté de certains joueurs. Je lui ai expliqué la vision que j’avais pour le Rocket. De son côté, il était intéressé, mais par respect pour l’Armada, il souhaitait terminer ce qu’il avait commencé. J’étais d’accord avec ça. Je lui ai alors dit que dès que sa saison se terminerait — en souhaitant que ce soit le plus tard possible —, nous en reparlerions. Depuis deux jours, il y a eu beaucoup de négociations.»

S’ajuster, mais rester soi-même

Le nouvel entraîneur choisira bientôt ses adjoints, puisque les services de Donald Dufresne et de Nick Carrière n’ont pas été retenus.

Bouchard a passé les sept dernières saisons dans l’organisation de l’Armada, dont les quatre dernières à titre de directeur général et entraîneur-chef. L’homme âgé de 44 ans l’a notamment menée jusqu’en finale de la LHJMQ, avant de plier l’échine en six matchs face au Titan d’Acadie-Bathurst, plus tôt cette semaine.

Il a remporté 145 de ses 244 rencontres à la barre de l’Armada. Il sait toutefois que le passage du junior aux rangs professionnels lui demandera un certain ajustement.

«Coacher, c’est coacher, a-t-il d’abord lancé. C’est certain que le discours ne peut pas être le même, mais dans la Ligue américaine, il y a un amalgame. T’as des gars qui sortent du junior, d’autres qui sont des vétérans de la Ligue américaine. T’as des joueurs qui descendent de la Ligue nationale.

«D’un autre côté, je ne peux qu’être Joël Bouchard. La journée où je tenterai de diriger différemment, je serai dans le trouble.»

Avant de se joindre à l’Armada, Bouchard a occupé les fonctions d’entraîneur adjoint — aux côtés de Ducharme — avec le Junior de Montréal de 2008 à 2011, avant que la concession ne soit relocalisée à Blainville-Boisbriand. Il a également occupé les fonctions de directeur général de l’équipe nationale du Canada au Championnat mondial de hockey junior, remportant une médaille d’argent en 2017 et une médaille d’or en 2018.

L’ex-joueur de la LNH a porté les couleurs des Flames de Calgary, des Predators de Nashville, des Stars de Dallas, des Coyotes de Phoenix, des Devils du New Jersey, des Rangers de New York, des Penguins de Pittsburgh et des Islanders de New York au fil de sa carrière.

Nouvelles fonctions pour Carrière

Bergevin a profité de ce point de presse pour clarifier la situation de son organigramme, alors que Carrière, qui était son adjoint et dg du Rocket, sera dorénavant responsable du personnel des joueurs de la Ligue américaine.

«Rick Dudley a quitté pour la Caroline. Quand je suis arrivé à Montréal, je n’avais pas d’expérience comme directeur général et lui avait occupé ce poste avec quatre équipes, a noté Bergevin. J’ai un gars comme Scott Mellanby qui fait de l’excellent travail comme adjoint, et nous avons aussi Trevor Timmins qui est également adjoint au dg. C’est donc complet à ce niveau-là.»

Dans ses nouvelles fonctions, Carrière sera appelé à assister à davantage de rencontres de la ECHL, qui sert à combler les besoins du Rocket.

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ROY APPLAUDIT BERGEVIN

Selon Patrick Roy, l’arrivée de Joël Bouchard derrière le banc du Rocket de Laval constitue une autre bonne décision récente de Marc Bergevin.

«Avec Dominic Ducharme qui va comme adjoint avec le Canadien et Joël aussi qui s’en va dans l’organisation, c’est l’fun de voir ce que Marc Bergevin fait. Il reconnaît le potentiel de certains entraîneurs dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec et il donne la chance à ces gens-là de continuer à vivre leur passion», affirme Roy, à propos du dg du Canadien.

L’accession de Bouchard à la Ligue américaine s’avère par ailleurs «un cheminement qui est sage et bien calculé» de la part du principal intéressé. «C’est extraordinaire pour lui, ça va être une belle aventure. Joël était rendu là. À un moment donné, il faut que tu essaies de voir si tu es capable d’aller plus loin et c’est ce que Joël essaie de voir, jusqu’où il peut aller», dit Roy.

Roy est tout juste de retour comme directeur général et entraîneur-chef des Remparts de Québec, double fonction qu’occupait Bouchard au sein de l’Armada de Blainville-Boisbriand. Les deux clubs juniors ont Québecor comme actionnaire majoritaire.  Olivier Bossé