Fleuron du cyclisme régional avant de prendre une pause en 2006, le Jonquiérois Cédrick Bourgeois renouera avec la compétition de haut niveau, lors des Championnats canadiens qui auront lieu à Saguenay du 21 au 24 juin.

Bourgeois veut tirer son épingle du jeu

Il suffit d’une étincelle pour raviver une passion que l’on croyait oubliée. C’est ce qui est arrivé au Jonquiérois Cédric Bourgeois, qui a longtemps fait partie des fleurons du cyclisme sur route de la région. Une blessure au tendon d’Achille et les études l’avaient incité à délaisser la compétition. Mais il y a trois ans, la flamme s’est ranimée et le voilà qui tentera sa chance aux Championnats canadiens de cyclisme sur route, présentés à Saguenay du 21 au 24 juin.

« Il y a trois ans, je suis allé voir une course de vélo dans le cadre du Grand Prix de Saguenay. En jasant avec Guillaume Boivin (son ami et ancien coéquipier d’André Cycle), la piqûre m’a repris », raconte Cédrick Bourgeois qui s’est remis à l’entraînement. De fil en aiguille, il a pris part à quelques compétitions. « Cette année, j’avais prévu faire seulement les petites compétitions, mais quand ils ont annoncé que les Championnats canadiens seraient tenus ici, au Saguenay, j’ai tenu une rencontre avec la famille », raconte en riant l’athlète de 29 ans.

Pour ce papa d’un petit garçon de sept mois, pas question de se lancer dans l’aventure sans l’accord de sa conjointe. « C’est quatre heures d’entraînement par jour, en plus du travail, de la famille et de la vie de tous les jours. Il faut que la conjointe accepte d’embarquer elle aussi dans le projet à 100 % », explique celui qui courra sous les couleurs d’UltraViolet en compagnie de Jason Côté (vélo de montagne) et Lucas Lajoie (de retour après deux ans d’absence).

Aux Championnats canadiens, il avait prévu ne prendre part qu’à l’épreuve sur route puisqu’en bon grimpeur, il peut se démarquer dans les parcours montagneux. Et celui de La Baie tombe justement dans ses cordes. Pour tirer son épingle du jeu, il mise sur sa bonne forme et son expérience. « Tout est possible. Je fais ça pour le plaisir même si ça implique beaucoup de sacrifices. »

Cette année, il a fait un premier test au Grand Prix de Charlevoix. « Ça n’a pas été trop mal. La forme était correcte, mais il y avait place à l’amélioration. Les gars de l’extérieur avaient déjà plusieurs courses (dans le corps) et ça paraissait. La forme de course restait à parfaire et c’était déjà mieux au critérium à Alma (au début juin) », explique celui qui songe à ajouter le critérium à son programme lors des nationaux.

Faut dire qu’il a remporté le critérium à Alma devant l’excellent vététiste Léandre Bouchard et un as de l’épreuve, Simon Ouellet, ce qui est de bon augure. Selon lui, c’est son expérience de course qui a fait la différence. « Léandre est plus fort que nous, c’est un athlète de haut niveau, mais l’expérience de course peut faire la différence. Le dernier tour est le moment critique dans la façon de prendre les virages et la gestion de la course. Il peut tellement arriver plein de choses en un court moment. Il faut savoir saisir le bon moment. »

Grosses pointures
Malgré sa bonne forme physique et son expérience, Cédrick Bourgeois est conscient qu’il y aura du gros calibre en classe senior, aux nationaux. « Il y a beaucoup de gars qui courent professionnels aux États-Unis et en Europe. Et il y aura des gars comme Guillaume Boivin et Antoine Duchesne qui sont à un autre niveau. Je pense qu’il y aura un groupe d’élites qui sera dans une classe à part. Mais pour ceux de mon calibre, nous serons plusieurs à pouvoir nous disputer une place. »

« Pour l’instant, je vais prendre part à la course sur route, l’épreuve maîtresse du championnat, et je regarde aussi pour le critérium. Ça m’intéresse, car les athlètes qui vont gagner seront aussi ceux qui sont habiles à se déplacer dans le peloton parce que ça frotte beaucoup, avance-t-il. C’est impressionnant de voir des gars fort techniquement se déplacer partout dans les gros pelotons. Ils prennent leur place. C’est l’fun d’avoir ces gars-là dans le peloton parce qu’on apprend d’eux. »