Basketball collégial: les forces centralisées

Parce que la relève scolaire en basketball n’est plus ce qu’elle a déjà été à Saguenay, les cégeps de Chicoutimi et de Jonquière ont choisi de s’entraider au lieu de travailler chacun de leur côté. Dès le début de la saison 2018 du circuit provincial de basketball collégial, le Cégep de Jonquière formera la seule équipe collégiale masculine sur le territoire de Saguenay et celui de Chicoutimi hébergera la seule formation féminine.

Cette décision de centraliser le collégial masculin à Jonquière et le féminin à Chicoutimi est le résultat d’une réflexion qui a débuté il y a déjà cinq ou six ans. Respectivement directeur du service aux étudiants du Cégep de Chicoutimi et directeur des affaires étudiantes et communautaires du Cégep de Jonquière, Marc Gagnon et Dave McMullen parlent d’un projet-pilote qui devrait durer de trois à cinq ans. À la conclusion de cette période, ils évalueront le portrait général et prendront les décisions en conséquence des résultats obtenus et en tenant compte de l’état de la relève scolaire à Saguenay.

« On va se donner une chance de réussir, indique Dave McMullen. Il est possible que le bassin scolaire soit plus grand dans cinq ans. Le basketball pourra avoir évolué, au même titre que d’autres sports évoluent. On ne sait jamais quels sont les sports qui vont émerger. »

Pour les deux principaux intéressés, la nécessité de ce projet-pilote s’explique par une seule chose, la baisse de la clientèle au niveau scolaire. La base de la pyramide est plus étroite qu’il y a quelques années et le sommet en souffre.

« La clientèle dans le sport (le basketball) a diminué, note Marc Gagnon. L’offre de services est maintenant très variée. Plein de jeunes s’en vont dans plusieurs disciplines. Et c’est bien correct. On est parti de 44 équipes scolaires de basketball et on est rendu à 20. L’an prochain, ce sera 18. Le bassin de jeunes qui veulent évoluer en division 2 collégiale diminue beaucoup. On s’est demandé qu’est-ce qu’on pouvait faire. Au lieu de se cannibaliser l’un l’autre, de travailler chacun de notre côté, nous avons décidé de nous entraider. Nous allons concentrer nos efforts chez les filles à Chicoutimi et chez les garçons à Jonquière. »

Respectivement directeur du service aux étudiants du Cégep de Chicoutimi et directeur des affaires étudiantes et communautaires du Cégep de Jonquière, Marc Gagnon et Dave McMullen expliquent que les deux institutions ont convenu de travailler ensemble sur la scène du basketball collégial.

Marc Gagnon et Dave McMullen estiment que la nouvelle façon de travailler permettra à chaque collège d’offrir un produit de qualité et un bon encadrement à la fois athlétique et scolaire. Ils croient que le calibre de chaque équipe ne pourra qu’être plus relevé et que cette méthode contribuera aussi à garder plus de bons jeunes joueurs à Saguenay, tout en facilitant le travail de recrutement. Ils ont l’impression qu’elle sera bénéfique également au niveau des entraîneurs puisque les passionnés qui sont prêts à consacrer 20 ou 25 heures par semaines à leur équipe de basketball sont de moins en moins nombreux.

Marc Gagnon et Dave McMullen soulignent que le joueur de basketball de Saguenay qui veut pratiquer son sport avant tout pour le plaisir aura toujours le loisir de le faire au sein des circuits déjà en place. L’entente entre les deux collèges touche la structure compétitive.

« Par respect pour les organisations qui sont en dessous de nous, il est important de pouvoir offrir un produit de qualité, poursuit Dave McMullen. Quand ils ont été habitués à voir leur équipe au sommet du classement dans le scolaire, les jeunes veulent travailler pour avoir les mêmes résultats au collégial. Ils savent que ça peut aller d’un côté comme de l’autre, mais ce n’est pas agréable d’être toujours à la queue au collégial. »

Le projet-pilote signifie qu’un bon joueur de basketball pourrait être appelé à changer de collège s’il désire évoluer dans un circuit compétitif. Les deux principaux intéressés assurent que chaque collège facilitera toute demande de transfert.

Le changement survient au moment où le Cégep de Jonquière prépare une demande pour passer de la division 2 à la division 1 en 2019-2020. Dave McMullen assure que le projet-pilote ne change rien aux intentions des Gaillards, tout en ajoutant que la présence d’une seule équipe masculine sur le territoire de Saguenay aidera peut-être. 

« Une chose est certaine, le statu quo n’était pas viable », résume Dave McMullen.