Le lutteur Matt Angel en compagnie du responsable des communications et lutteur de l’AWE, Mathieu Gilbert-Tremblay.
Le lutteur Matt Angel en compagnie du responsable des communications et lutteur de l’AWE, Mathieu Gilbert-Tremblay.

AWE : se renouveler pour survivre

Samuel Duchaine
Samuel Duchaine
Le Quotidien
Nombreux sont ceux qui ont dû se renouveler pour traverser les difficultés entourant la pandémie. L’organisation de lutte saguenéenne Attitude Wrestling Entertainement (AWE) en fait partie. Les organisateurs n’ont pas baissé les bras. Après avoir lancé un balado de lutte et une plateforme de diffusion, l’AWE tiendra un premier gala avec de la lutte sur un projecteur et un spectacle de musique. « Torsions et distorsions » sera présenté le 25 septembre au tout nouveau local de l’AWE.

Ce sera également l’occasion pour les amateurs de l’organisation de découvrir les nouveaux locaux. Après un peu moins d’une heure de diffusion de lutte sur l’écran au centre du ring, les amateurs pourront vibrer sous les grands classiques des années 80, avec la prestation du groupe régional Leather Maniac, directement sur le ring.

Le responsable des communications de l’AWE, Mathieu Gilbert-Tremblay, se réjouit de la réponse des amateurs de lutte envers leur événement.

« La réponse est extraordinaire. On a vendu plus de 40 billets sur 50 en moins de 24 heures. On va voir si les commentaires sont bons après le spectacle. Si les gens aiment ça, on regardera pour refaire l’expérience. Ça pourrait même se poursuivre quand on va recommencer à lutter. Ça pourrait devenir une occasion pour différents groupes de la région de se faire voir, parce que pour eux aussi, la pandémie a été difficile. C’est quelque chose qu’on aimerait développer avec eux », a expliqué celui qui est aussi connu comme étant le lutteur Dagmar.

Des temps difficiles

Mathieu Gilbert-Tremblay ne s’en cache pas, les derniers mois n’ont pas été faciles pour l’AWE. Ils ont dû renoncer à plusieurs projets pour passer à travers la pandémie. « On est quand même chanceux, mais la pandémie n’a pas été facile. Ça allait très bien pour nous. On avait plusieurs événements à venir et puis tout ça est arrivé. Je ne cacherai pas qu’on avait un petit coussin pour améliorer l’expérience des amateurs, mais on n’a pas eu le choix d’utiliser ces fonds pour payer nos dépenses, même sans événement », a raconté le père de famille qui lutte par passion.

D’ailleurs, les profits de l’événement aideront l’organisation à survivre, en attendant la reprise des activités. « Le spectacle, c’est parce qu’on a pu de marge. La prochaine étape serait de mettre de l’argent de notre poche, comme au début. L’AWE était rendue autosuffisante depuis un an, mais là c’est difficile », a avoué le mordu de lutte.

Cependant, les organisateurs n’ont jamais perdu espoir et se sont retroussé les manches pour redonner un second souffle à l’organisation, notamment avec la mise sur pied de l’AWE sur demande, une plateforme de diffusion qui leur permet d’offrir du contenu exclusif aux amateurs de lutte.

« On s’est mis en mode solution. Avec l’AWE sur demande, on diffuse d’anciens combats et des capsules vidéo. À partir du 1er octobre, l’offre sera bonifiée avec Accès Privé, une émission bimensuelle d’environ 10 minutes où l’animatrice, Tania Clouston de KYK, va rencontrer nos lutteurs pour apprendre à mieux les connaître », a expliqué Mathieu Gilbert-Tremblay.

Un sport de combat

Comme la lutte est catégorisée dans les sports de combat, il est toujours impossible pour l’AWE de tenir des galas de lutte, même si eux se voient plus comme du théâtre. « On n’est pas vraiment un sport de combat. On est un peu dans une zone grise. On a le droit de lutter à un contre un, mais pas devant une foule. On va se le dire, la lutte, ça prend une foule. C’est un spectacle », a souligné M. Gilbert-Tremblay.

Pour la reprise des entraînements, les lutteurs doivent être divisés en différentes bulles de quatre lutteurs. « On prend ça très au sérieux et on va faire avec. Il n’y a personne qui veut être le prochain foyer d’éclosion, alors on va faire comme on nous demande, mais on a hâte de recommencer », a expliqué celui qui travaille dans le domaine du Web.

Même si les galas ne sont pas pour demain, Mathieu Gilbert-Tremblay a d’autres projets en tête pour que l’AWE continue d’être un chef de file dans l’innovation. « On a d’autres projets sur lesquels on travaille. C’est encore trop tôt pour annoncer quoi que ce soit, mais on cogite quelque chose de gros. À mon avis, on va être les premiers à faire ça. »