Après deux présences en tant qu'athlète, François Boivin s'apprête à participer aux Jeux olympiques de Sotchi de l'autre côté de la clôture, comme entraîneur.

Autre vision pour Boivin

Après deux présences en tant qu'athlète, François Boivin s'apprête à participer aux Jeux olympiques de Sotchi de l'autre côté de la clôture, comme entraîneur.
Le Jonquiérois qui a pris sa retraite en 2012 est maintenant entraîneur personnel de Dominique Maltais, un espoir de médaille en snowboardcross qui en sera à sa troisième participation aux Jeux olympiques. L'athlète native de Charlevoix avait remporté le bronze à Turin, en Italie. «Théoriquement, je suis avec Dom. Pour les olympiques, je me joins à l'équipe nationale, explique François Boivin. Ma priorité, c'est Dominique quand même. Je travaille avec les autres entraîneurs. On a fait ça toute l'année et on a développé une bonne méthode.»
Après discussions, au lieu de rejoindre l'équipe nationale à Whistler, en Colombie-Britannique, le duo a décidé de peaufiner la préparation au Mont Sainte-Anne, près de Québec. François Boivin quittera dimanche alors que sa protégée le fera la veille. L'épreuve féminine de snowboardcross aura lieu le 16 et celle masculine le lendemain.
Le Jonquiérois ne cache pas que les attentes sont grandes à Sotchi pour Dominique Maltais. Il confie que sa protégée est en avance sur les autres techniquement alors que son moral est excellent à quelques jours de la compétition. «Tu regardes sa saison. Elle a trois deuxièmes places et une première place. Elle a le potentiel et peut gagner, ça c'est sûr. Rendu-là, ça reste une course d'une journée. On a mis toutes les chances de notre bord pour bien réussir. Que ce soit l'or ou non, un médaille, ce serait très satisfaisant», souligne François Boivin qui ajoute que rien n'a été négligé dans la préparation. «C'est à l'athlète à jouer. Ce n'est pas ce que je vais dire cinq minutes avant. Ce n'est pas moi qui est sur la planche», indique-t-il. On sait à quoi s'attendre. L'endroit est toujours différent. On y est allés à Sotchi l'an dernier pour une coupe du monde. On connaît la place et le parcours. Déjà on l'a analysé avec la vidéo. On a tout fait pour mieux se préparer possible.»
Nouveau rôle
François Boivin convient qu'avec ce nouveau rôle, sa vision des Jeux olympiques a quelque peu changé. L'entraîneur pense à plus long terme tandis que l'athlète vit le moment présent.
«Tu peux avoir du succès comme athlète, une fois tu es coach, c'est bien différent quand même. Ce n'est pas parce que tu es un bon athlète que tu es un bon coach. On regarde Wayne Gretzky, je pense que ça n'a pas marché comme entraîneur. Ce n'est pas facile. Je suis encore en train d'apprendre», souligne-t-il.
«Comme athlète, tu sais que c'est ta chance. Tu veux faire une belle performance. C'est une date que tu encercles sur le calendrier. Comme entraîneur, tu ne peux pas mettre autant d'engouement sur cette compétition que lorsque tu es athlète. Tu n'as presque pas le choix d'aborder ça comme une compétition normale, mentionne François Boivin.
«Pour un athlète, c'est spécial. Ce sont les olympiques et il y a des millions de personnes qui regardent. De l'autre côté de la clôture, ça ne change pas grand chose que ce soit les olympiques ou une coupe du monde. Je vais peut-être dire autre chose quand je vais revenir dans deux semaines, mais pour l'instant, j'aborde ça comme une compétition normale.»
Dainsley@lequotidien.com