La boutique Vo2 a rapidement pris la décision de rouvrir ses portes, une fois la décision du gouvernement annoncée.
La boutique Vo2 a rapidement pris la décision de rouvrir ses portes, une fois la décision du gouvernement annoncée.

Ateliers de vélo jugés essentiels: on se réjouit et on s’ajuste

Les ateliers de réparations de vélos sont désormais reconnus comme un service essentiel, ce qui fait en sorte que toutes les boutiques offrant ce service vont pouvoir rouvrir leurs portes, après avoir dû fermer de façon temporaire. Les commerces du Saguenay–Lac-Saint-Jean entendent bien profiter de cette opportunité pour répondre à la demande, même si des ajustements sont nécessaires pour respecter les mesures sanitaires.

Dans le document de cinq pages de l’arrêté ministériel de la ministre de la Santé et des Services sociaux en date de mercredi, on peut y lire qu’une modification a été apportée à la rubrique «Services prioritaires de transport et logistique», en y ajoutant «Ateliers de réparation de vélos», au même type que les garages pour les véhicules routiers et transporteurs de biens essentiels, notamment.

L’arrêté ministériel servait à fermer tous les services jugés non essentiels pour la population. Or, plusieurs organismes ont accentué la pression pour que les ateliers de vélo demeurent ouverts, prétextant que le vélo était l’unique moyen de transport de plusieurs citoyens. Si ce dernier élément s’applique davantage dans la région de Montréal, les commerces du Saguenay–Lac-Saint-Jean se réjouissent de ce changement, à un moment où le début de la saison de vélo sur route est à nos portes.

Parmi les différents commerces contactés par Le Quotidien au cours de la journée de mercredi, tous ont démontré une ouverture à offrir un service de réparation, même si certains sont toujours en train de trouver la meilleure façon de faire, dans le but de limiter les contacts et de satisfaire la clientèle.

«On a décidé de prendre la balle au bond et on va ouvrir l’atelier avec un technicien pour l’instant, et on va s’ajuster au besoin», a fait savoir le copropriétaire de la boutique Vo2 de Chicoutimi, Dominic Piché, ajoutant qu’un deuxième technicien pourrait s’ajouter si la demande devenait plus grande.

Chez Ultraviolet sports, qui compte des boutiques à Chicoutimi, Jonquière et Alma, la décision du gouvernement nécessite une certaine logistique, considérant que le confinement demeure effectif pour la plupart de la population.

«Les gens vont pouvoir venir porter leur vélo pour des réparations, mais on va être le plus prudent possible, en y allant un client à la fois et aucun magasinage ne sera permis, a expliqué le responsable de la boutique de Chicoutimi, Jean-Philippe Fortin. On va prendre toutes les mesures nécessaires pour qu’il n’y ait pas de contamination et de contact direct avec les clients.»

Les boutiques Vo2 et Ultraviolet lancent également un nouveau service de ramassage et livraison de vélos. Le client pourra donc demander à ce que son vélo soit récupéré directement à sa résidence, avant d’être livré une fois la réparation effectuée. Le formulaire est déjà disponible sur la page Facebook de la boutique Ultraviolet, tandis que toute demande d’information peut être acheminée sur la page Facebook des différentes boutiques.

«On va s’assurer de n’avoir aucun contact entre notre livreur et le client», a précisé Jean-Philippe Fortin, qui doit évaluer avec son équipe si les ateliers de Chicoutimi, Jonquière et Alma vont tous demeurer ouverts.

L’atelier de la boutique Ultraviolet de Chicoutimi reprend du service jeudi, mais en respectant les mesures d’hygiène.

Chez Gendron Bicycles, un nouvel ajustement est nécessaire avant d’adopter la prochaine stratégie. La boutique qui a pignon sur rue au centre-ville de Chicoutimi, sur la rue Price, opérait déjà avec un horaire et un personnel réduits avant que le gouvernement demande la fermeture complète des services non essentiels. La sécurité va passer avant la rentabilité de l’entreprise, a prévenu l’équipe de Gendron Bicycles dans un échange de messages du Facebook.

«On est dans un contexte présaison et l’urgence va se faire sentir dans les prochaines semaines, a-t-on soulevé. On va donc avoir cette possibilité d’ouvrir pour nous limiter un impact qui pourrait être difficile à absorber, car pendant notre fermeture, les cas s’accumulent, le besoin, lui, est bien réel, surtout que outre la marche et le jogging, il n’y a pas grand-chose a faire.»

À Alma, le service d’atelier reprend dès jeudi chez Vélo-Cité Concept, mais uniquement sur rendez-vous. On demande d’appliquer les règles de sécurité sanitaire lors des visites.

Un «besoin» essentiel

Le principal argument des militants en faveur de l’ajout des ateliers de vélos en tant que service essentiel était que la bicyclette était l’unique moyen de transport de plusieurs Québécois. Cette réalité est présente à Montréal, mais elle l’est moins au Saguenay–Lac-Saint-Jean, où le vélo est davantage récréatif. En cette période de confinement, l’activité physique est devenue l’une des seules façons de passer le temps et les personnes interrogées mercredi en sont pleinement conscientes.

«La santé mentale n’est pas à négliger et jouer dehors demeure important, a convenu Jean-Philippe Fortin. Le vélo demeure un sport surtout individuel et à un certain moment, c’est le bien-être des gens qui entre en ligne de compte.»

Même son de cloche à la boutique Vo2, qui constate un réel besoin d’aller jouer dehors chez les personnes qui sont en congé forcé.

«Je vois ça comme un service essentiel à notre moral, a illustré Dominic Piché. Les gens marchent, ils courent comme jamais. Les cyclistes veulent aller prendre l’air et c’est un besoin de santé mentale présentement. Ça devient un besoin essentiel!»

Finalement, d’un point de vue économique, l’annonce de mercredi permet de souffler un certain soupir de soulagement. «On va espérer que ça amène un peu d’eau au moulin. On répondait déjà à une certaine demande avec la vente en ligne et la commande de vélos sur notre site», a souligné Jean-Philippe Fortin, de la boutique Ultraviolet.

«On faisait déjà de la livraison et on a réussi à faire quelques ventes, en plus des vélos achetés en précommande, mais depuis le début du confinement, on fonctionne à environ 30 pour cent de nos objectifs de la saison, a partagé Dominic Piché, de chez Vo2. Oui, le gouvernement a annoncé certaines mesures, mais ce n’est pas aussi simple que ça en a l’air.»

Vélo Québec applaudit

Sur la page Facebook de Vélo Québec, qui a été l’un des premiers organismes à agiter le drapeau rouge face à l’arrêté ministériel qui demandait d’abord la fermeture des ateliers de réparations de vélos, jugés non essentiels, on saluait la décision du gouvernement.

«Vélo Québec se réjouit que les ateliers de réparation de vélos soient désormais inscrits explicitement dans la liste des services essentiels qui pourront continuer à opérer pour répondre aux besoins des travailleurs et citoyens qui souhaitent se déplacer à vélo. Merci au gouvernement d’avoir corrigé cet oubli et entendu nos demandes!», a écrit Vélo Québec.