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Actuellement en Europe pour participer à deux coupes du monde de vélo de montagne, le Félicinois Victor Verreault devra rater la Coupe Canada présentée à Saint-Félicien, le 11 juillet, parce qu’il devra faire sa quarantaine.
Actuellement en Europe pour participer à deux coupes du monde de vélo de montagne, le Félicinois Victor Verreault devra rater la Coupe Canada présentée à Saint-Félicien, le 11 juillet, parce qu’il devra faire sa quarantaine.

Allègement pour la LNH: la colère gronde dans le monde du sport amateur

Johanne Saint-Pierre
Johanne Saint-Pierre
Le Quotidien
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La grogne a pris de l’ampleur concernant les quarantaines obligatoires des athlètes qui doivent aller compétitionner à l’étranger, y compris ceux en processus olympique. «L’exemption d’intérêt national» accordée par le gouvernement fédéral pour les équipes en séries de la Ligue nationale de hockey est la goutte qui fait déborder le vase et est dénoncée comme une gestion de deux poids, deux mesures.

Aux propos du coureur de fond Charles Philibert-Thiboutot et du roi des bosses, Mikaël Kingsbury, se sont ajoutés ceux d’entraîneurs émérites ayant multiplié les démarches pour obtenir des allégements pour leurs athlètes amateurs, dont Jude Dufour et Alexandre Villeneuve Gagné, entraîneurs de vélo de montagne de la région, ainsi que Dominick Gauthier, ancien skieur, entraîneur olympique et collaborateur à Radio-Canada.

Entraîneur de longue date dans le sport amateur, Jude Dufour est d’une patience d’ange. Mais il n’a pas du tout digéré la fleur que le gouvernement fédéral a faite aux équipes en séries de la Ligue nationale de hockey, en leur permettant de traverser la frontière sans devoir respecter la quarantaine habituelle.

Joint dimanche soir, le grand manitou du vélo de montagne au Saguenay-Lac-Saint-Jean précise d’entrée de jeu qu’il n’en veut pas aux représentants de la Ligue nationale, qui ont fait leur travail et défendu les intérêts de leur milieu.

Par contre, là où le bât blesse, c’est que les mêmes demandes faites par des gens du sport amateur ne bénéficient pas de la même écoute. «Je bouille de l’intérieur», a répété Jude Dufour à plusieurs reprises. «Et ce n’est pas par jalousie, mais parce qu’on a laissé ces athlètes [amateurs] livrés à eux-mêmes. [...] Je me rends compte qu’avec la pandémie, le fossé est encore plus immense entre le traitement des athlètes amateurs et celui des athlètes professionnels, notamment le hockey», énonce-t-il.

Entraîneur de Léandre Bouchard, Jude Dufour constate qu’avec la pandémie, le fossé est encore plus immense entre le traitement des athlètes amateurs et celui des athlètes professionnels.

Démarches vaines

L’entraîneur de Léandre Bouchard a pour sa part multiplié les démarches auprès des députés fédéraux, dont Richard Martel, la députée de Brome-Missisquoi et cycliste de haut niveau, Lyne Bessette, ainsi que la ministre Isabelle Charest. Mais les réponses reçues sont insatisfaisantes. Il se demande d’ailleurs ce qu’attendent ces élus et les fédérations sportives pour se lever et demander des allégements pour les athlètes amateurs qui rentreront bientôt au pays après des compétitions internationales. Surtout que ces athlètes doivent se trouver du financement, organiser leur voyage, payer leurs tests et, au retour, séjourner dans un hôtel supervisé avant de poursuivre leur quarantaine dans un lieu fermé. À quelque 50 jours des Jeux olympiques de Tokyo, le temps presse.

Aberrant

«Des tests, les athlètes en font à maintes reprises et ils sont confinés sur les sites de compétition. Alors, à un moment donné, il faut que ça change!», fait valoir Jude Dufour.

La situation apparaît encore plus aberrante quand les athlètes ont reçu leurs deux doses de vaccin. «[Le vététiste] Victor Verreault de Saint-Félicien ne pourra pas prendre part à la Coupe Canada qui va avoir lieu à Saint-Félicien le 11 juillet parce qu’il devra faire sa quarantaine à son retour des coupes du monde de vélo de montagne tenues en Europe. Ça n’a plus de sens!», ajoute Jude Dufour.

L’entraîneur de Victor Verreault, Alexandre Villeneuve Gagné, du club Vélo2Max, fulmine lui aussi contre l’iniquité entre les athlètes amateurs et certains groupes de professionnels. 

«Je suis un grand fan de hockey, mais encore plus du sport! Wow, très équitable pour tous nos athlètes amateurs qui en plus d’avoir à tout gérer: commanditaires, argent, organisation de voyage, accréditation et autorisation de compétitionner, pression de performer POUR SON PAYS, etc… Pour eux, on maintient la quarantaine à LEURS frais. Un autre grand coup de pelle dans le fossé les séparant des sports médiatisés, oui médiatisés, parce que plusieurs de nos athlètes dits amateurs sont plutôt de calibre et statut professionnels. D’ailleurs, ils performent sur la scène internationale comme tel, mais sans recevoir le même appui et traitement… Si au moins ils pouvaient profiter minimalement du même allègement. Vous êtes déçus quand nos athlètes ne récoltent pas de médailles aux olympiques? Bien mettez donc en place des conditions favorisant leur succès», écrit-il sur sa page Facebook. 

Dominick Gauthier a aussi publié un message après l’annonce de «l’exemption d’intérêt national» du fédéral: «Et voilà...alors qu’il n’y avait même pas de compromis possible (genre une quarantaine de 7 jours) pour les athlètes olympiques en route vers Tokyo!? Je suis furieux, j’espère que nos athlètes olympiques de Tokyo se prononceront face à cette injustice».

Pourtant, au début février, Ottawa, par l’entremise du ministre du Patrimoine canadien, Steven Guilbeault, se disait prêt à consentir des accommodements à 750 athlètes olympiques et paralympiques, ainsi qu’à des membres du personnel d’appui, à l’approche des Jeux olympiques. 

«Nous avons trouvé une solution pour accommoder nos athlètes de haut niveau et on travaille sur les modalités, a déclaré Steven Guilbeault en entrevue à Radio-Canada, dans une nouvelle du 9 février. Les détails de cette exemption devaient être annoncés dans les jours suivants, mais excluaient un allègement des mesures de quarantaine. «La dernière chose qu’on veut faire, c’est de leur mettre des bâtons dans les roues», avait dit le ministre. Or, les coffres sont vides et l’aide promise n’est toujours pas là.