À sa première saison chez les pros l’an dernier, Alex Debrincat (centre) a obtenu 52 points en 82 rencontres... dont le premier but de sa carrière, réussi ici même au Centre Bell en octobre 2017.

Alex Debrincat, grâce au CH

MONTRÉAL — À Montréal, on aime bien rappeler à quel point la transaction de Phillip Danault a été horrible pour les Blackhawks de Chicago, mais pendant ce temps, chez les Hawks, il y a un petit attaquant qui fait bien mal paraître la direction du Canadien.

Il se nomme Alex DeBrincat, et il occupe le troisième rang des marqueurs chez les Hawks, derrière les grosses pointures que sont Patrick Kane et Jonathan Toews. Le joueur de 21 ans a récolté 69 points en 70 matchs, alors qu’il en est seulement à sa deuxième saison dans la Ligue nationale.

DeBrincat, faut-il le rappeler, porte le maillot des Hawks parce que l’équipe de Chicago l’a choisi avec un deuxième choix au repêchage de 2016... un choix qui appartenait au Canadien, mais qui a été cédé dans le cadre de la transaction qui a amené Andrew Shaw à Montréal. Un autre choix dans ce troc a permis aux Hawks de sélectionner le défenseur Chad Krys, qui a joué à l’Université de Boston cette saison.

«Si je me souviens bien, j’ai parlé brièvement avec les gens du Canadien avant le repêchage de 2016, a répondu DeBrincat hier au Centre Bell. On me parle parfois de cet échange, mais je n’y pense pas vraiment. Je me considère seulement comme chanceux d’avoir été réclamé par Chicago grâce à ce choix qui avait été obtenu du Canadien.»

On peut présumer que la direction des Blackhawks se considère comme chanceuse elle aussi. DeBrincat, un joueur de 127 points à sa dernière saison dans les rangs juniors en Ontario, était encore disponible lorsque les dirigeants de l’équipe ont eu l’occasion de se servir du choix du Canadien au 2e tour, le 39e choix cette année-là.

À sa première saison chez les pros l’an dernier, il a obtenu 52 points en 82 rencontres... dont le premier but de sa carrière, réussi ici même au Centre Bell en octobre 2017.

«J’ai quand même connu des hauts et des bas, a répondu le jeune, tout en humilité. Quand on joue bien comme on le fait ces jours-ci, c’est plus facile de jouer en confiance. J’essaie d’être plus constant, parce que la constance, ce fut un problème pour moi la saison dernière.

«Mais vous savez, je suis arrivé ici et il y avait déjà tous ces vétérans dans le vestiaire, les Kane, Toews, Crawford... c’est super parce qu’on peut apprendre une foule de choses juste en les regardant aller. Ils ont déjà connu le succès, mais ils essaient de devenir encore meilleurs.»

Manquer de temps

DeBrincat et les Hawks vont peut-être finir par manquer de temps, mais leur seule présence sur le terrain de la course aux séries dans l’Association de l’Ouest sert à rappeler à quel point cette équipe est talentueuse. Dans ce vestiaire, personne ne parle de reconstruction. Pas le temps pour ça.

Au fait, les Blackhawks arrivent en ville le vent en poupe, ayant récolté quatre victoires consécutives.

«Il y a eu des moments cette saison où nous avons été très bons, puis des moments où nous avons été... moins bons, a admis le jeune attaquant. Si nous avions eu un peu plus de constance dans notre jeu, nous aurions une place assurée en séries.»

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«NOUS DEVONS PRENDRE NOS RESPONSABILITÉS», RÉPÈTE ANDREW SHAW

BROSSARD — Claude Julien avait affirmé plus tôt cette semaine que le dernier droit serait un baptême de feu pour son jeune noyau et ce fut le cas jeudi soir, quand le Canadien a été complètement déclassé par les Islanders de New York en première période.

L’attaquant Andrew Shaw avait affirmé après la rencontre que certains trios ou joueurs prenaient parfois des soirées de congé, ce qui expliquait les insuccès de l’équipe depuis quelques semaines. Shaw a répété les mêmes propos après l’entraînement de vendredi, tout en se permettant aussi une autocritique.

«Je dois aussi l’entendre. Je n’ai pas été parfait tous les soirs, a dit Shaw. Nous devons prendre nos responsabilités. Nous devons aller sur la patinoire et travailler, nous devons y aller d’un dernier effort. Nous vivons nos séries alors que nous voulons grimper au classement.

«Nous sommes tous des adultes, nous pouvons accepter la critique. [...] Si je ne joue pas bien, je veux que quelqu’un me le dise. Et je vais faire la même chose pour les autres.»

Julien a rappelé qu’il était normal que les joueurs se critiquent les uns les autres.

«Les équipes qui ont du succès savent séparer le personnel du professionnel, a mentionné Julien. Quand votre meilleur ami au sein de l’équipe ne fait pas sa part, vous lui dites. Ce n’est pas personnel, c’est professionnel. Quand les gars comprennent ça, quand ils sont capables de séparer ces choses-là, ça tourne habituellement en votre faveur.»

Une part du noyau de l’équipe en est à une première course aux séries dans la LNH. Cela inclut bien sûr la recrue Jesperi Kotkaniemi, mais aussi des joueurs comme Max Domi et même Brendan Gallagher.

«À ce temps-ci de la saison, nous étions habituellement qualifiés depuis un bon moment ou déjà éliminés, a rappelé Gallagher. C’est une situation nouvelle pour beaucoup de membres de l’équipe. Nous devons saisir cette occasion, être prêts à relever ce défi.»

«Vous devez penser à tout le travail effectué depuis le début de la saison. Si nous ne parvenons pas à en donner un peu plus, tout ce que nous avons fait jusqu’ici aura été pour rien, a déclaré Shaw, qui a connu des courses aux séries lors de ses années avec les Blackhawks de Chicago. Nous devons avoir cette mentalité. Nous devons puiser dans nos ressources, passer à la vitesse supérieure et continuer sur cette lancée.» La Presse Canadienne