Alex Chiasson (Washington, à gauche) et Jonathan Marchessault (Las Vegas) ont croisé le fer en finale de la Coupe Stanley.

Alex Chiasson, champion de la Coupe Stanley à vie

Le ciel est bleu, un vent chaud souffle. Et au-dessus de sa tête, un nuage flotte en permanence, mais il ne veut surtout pas en débarquer. Dire qu’Alex Chiasson passe un bel été serait un euphémisme. «On dirait que tout se passe bien, tu as un sourire tous les jours», dit le nouveau champion de la Coupe Stanley.

Chiasson s’est ajouté à une longue liste de hockeyeurs de Québec à avoir remporté le plus prestigieux trophée de la LNH. Il était le plus récent du lot, jeudi, au club de golf Royal Québec, où il a fait une première apparition publique depuis la conquête des Capitals de Washington.

À 27 ans, l’ancien du Blizzard du Séminaire Saint-François (midget AAA) réalisait le rêve de plusieurs jeunes garçons : soulever la Coupe Stanley.

«C’est encore plus haut et plus gros de ce qu’on peut rêver. À mon avis, c’est le plus gros trophée, le plus dur à gagner. Ce n’est pas quelque chose que je prends pour acquis, je l’apprécie tous les jours», admet-il avant de participer au 1er Marchessault Open, un tournoi de golf au profit de l’organisme le Petit Blanchon au nom de son ancien coéquipier dans le midget espoir et rival de la dernière finale entre les Capitals et les Golden Knights de Vegas.

Chiasson a repris l’entraînement, mais les longues séries, la parade dans les rues de Washington et les festivités ont changé son été par rapport à ceux des années passées. Il n’est de retour en ville que depuis deux semaines et planifie présentement les activités qui entoureront sa journée avec la Coupe Stanley, quelque part à la fin de l’été.

«Partout où l’on va, les gens m’en parlent. Ils veulent savoir c’est quoi le feeling. Je suis super content d’avoir été capable d’accomplir cela dans ma carrière. C’est sûr que mon été est un peu plus mouvementé, j’essaie d’en profiter. C’est un genre de vague sur laquelle on surfe et qu’on essaie de rester dessus le plus longtemps possible», illustre le joueur de Saint-Augustin-de-Desmaures.

Personne ne pourra lui enlever cet exploit. Son nom sera gravé sur la Coupe Stanley pendant plusieurs années, le temps que les générations futures en fassent autant. Ainsi le veut le film du temps. 

«Il s’agit de quelque chose que personne ne pourra jamais m’enlever. À vie, je serai un champion de la Coupe Stanley. Les trophées individuels, c’est le fun, mais la Coupe, elle se gagne en équipe.»

Sans contrat

Pour l’instant, Alex Chiasson se prépare en fonction de la prochaine saison sans savoir où il jouera. Son contrat d’un an avec les Capitals a pris fin après la consécration ultime. L’ancien des Stars, des Sénateurs et des Flames n’est pas inquiet pour son avenir.

«Oui, la carrière est importante, et je suis confiant que ça va bien se passer, mais j’essaie aussi d’apprécier le moment, car ça n’arrive pas tous les ans de remporter la Coupe Stanley.»

Pour atteindre son but, Chiasson n’a pas pris le chemin de la LHJMQ comme l’a fait Jonathan Marchessault, par exemple. Les deux anciens coéquipiers dans le midget espoir ont pris des directions opposées pour se retrouver en finale, le printemps dernier.

«Je regarde ma carrière, j’ai changé d’équipe assez souvent. Je suis allé à l’université, j’ai joué deux ans à Dallas, deux à Ottawa, une saison à Calgary. J’avais d’autres offres, mais j’ai décidé d’aller à Washington. Évidemment, ç’a peut-être été la meilleure décision de ma carrière… Ça n’a pas toujours été facile, mais en même temps, c’est le côté qui me touche le plus. À travers mon parcours, j’ai été supporté par mes parents, ma copine, etc., même dans les moments difficiles. Même chose pour Jon [Marchessault]. On se connaît depuis longtemps, on s’est toujours appuyé. Le fait de gagner rend un peu tout plus formidable», avouait Chiasson.

+

TOUT UN PARTY!

Les Capitals ont peut-être remporté la première Coupe Stanley de leur histoire, mais les célébrations ayant suivi sa conquête ont marqué l’imaginaire. Rarement a-t-on assisté à un aussi long party animé, entre autres, par Alex Ovechkin. L’autre Alex, Chiasson celui-là, esquisse un sourire sur le sujet, le regard caché par ses verres fumés.

«Ce n’est pas moi qui vais décrire comment les soirées se sont passées, disait-il en riant. L’équipe n’avait peut-être pas été capable d’accomplir ce que les gens pensaient qu’elle était capable dans les dernières années. Mais en fin de saison et au début des séries, tout a commencé à cliquer ensemble. Notre cheminement a été extraordinaire, je suis super content pour le groupe qui était là depuis longtemps, les Ovechkin, Backstrom, Carlson, Holtby. Je suis content d’en avoir fait partie.»