Roger Blackburn
Il y avait seulement deux pêcheurs à gué au pied du barrage du Portage-des-Roches, à Laterrière, pour l’ouverture de la saison de pêche.
Il y avait seulement deux pêcheurs à gué au pied du barrage du Portage-des-Roches, à Laterrière, pour l’ouverture de la saison de pêche.

«Ah! Quel beau feeling»

Il n’y avait pas beaucoup de pêcheurs, vendredi matin, sur la rivière Chicoutimi, au pied du barrage de Portage-des-Roches, à Laterrière, pour le rituel de la journée d’ouverture de la pêche sportive. Normalement, on peut compter une dizaine d’embarcations sur l’eau et une dizaine de pêcheurs à gué, mais cette année, il n’y avait que trois embarcations sur la rivière et deux pêcheurs à gué au pied du barrage.

Le soleil était au rendez-vous, malgré le froid hivernal. Il faut croire que les mesures de confinement ont incité les pêcheurs à demeurer à la maison. Dans les trois embarcations qui naviguaient au pied du barrage, une seule comptait deux pêcheurs à bord et il y avait deux mètres de distance entre eux.

Pas question de manquer ça
Pour Guillaume Ouellet, de Laterrière, il n’était pas question de manquer cette sortie de pêche. Debout sur une roche, en bas des pelles du barrage, il lançait sa ligne dans l’espoir de capturer une truite mouchetée (omble de fontaine) ou une ouananiche. «Je me suis levé à 5h du matin pour m’occuper de mes deux jeunes garçons, ce qui a permis à ma blonde de dormir jusqu’à 8h. Quand elle s’est réveillée, je suis parti pour l’avant-midi afin de lancer une ligne», de raconter le pêcheur.

«En début de saison comme ça, c’est le temps pour capturer des grosses truites. Ce sont les gros poissons qui commencent à bouger en premier dans l’eau froide, à la fin de l’hiver», fait savoir l’amateur qui avait hâte de lancer sa ligne.

Vincent Beaulieu pêchait à deux mètres de Guillaume Ouellet pour respecter les consignes de distanciation. «Il faut lancer nos lignes à deux mètres de distance, sinon elles vont se mêler ensemble, dit-il à la blague. La vie de pêcheur, c’est souvent d’être seul, sur le bord d’un plan d’eau, alors c’est une belle activité à pratiquer pendant cette crise. Ah! Quel beau feeling», dit-il en lançant son leurre dans l’eau.

«Là, j’utilise un poisson-nageur comme leurre, mais tout est bon. J’aurais une cuillère mauve ou verte, ça ferait quand même. On lance ça à l’eau et après c’est de la chance», avoue-t-il candidement.

La rivière Chicoutimi accueillait seulement trois embarcations pour l’ouverture de la saison de pêche, vendredi matin.

Les adeptes de pêche peuvent débuter leur saison sans problème à condition de respecter les consignes de la santé publique. La pêche en rivière ou en perçant un trou dans la glace sont pour le moment les seules façons de pêcher avec ce printemps tardif.

Seul dans son embarcation, ce pêcheur n’avait pas de difficulté à respecter les consignes de distanciation pour l’ouverture de la saison de pêche, vendredi matin, sur la rivière Chicoutimi.

Pour les activités de pêche dans l’Aire faunique communautaire du lac Saint-Jean, il faudra attendre le 8 mai pour la ouananiche et le 22 mai pour le doré. Il y a peu de chance que le lac soit calé au début de mai; il faut espérer des températures chaudes.

Annulation de la fête de la pêche
La pandémie de la COVID-19 oblige la Fondation de la faune du Québec et le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) à annuler toutes les activités en lien avec la Fête de la pêche et celles associées au programme Pêche en herbe. «Les activités du Programme de soutien à l’ensemencement des lacs et des cours d’eau (PSELCE) et celles associées au programme Pêche en herbe sont aussi annulées pour l’été 2020», indique le MFFP.

Le ministère rappelle aux adeptes de chasse, de pêche et de piégeage qu’il est important de respecter les directives et les recommandations de la Direction générale de la santé publique relatives à la pandémie de la COVID-19. Ainsi, rappelons que les chasseurs, pêcheurs et piégeurs doivent notamment respecter l’interdiction de se rassembler à l’intérieur ou à l’extérieur, maintenir, en tout temps, une distance de deux mètres entre les personnes qui ne résident pas à la même adresse, et éviter de faire du camping dans les zones d’exploitation contrôlée (zecs).

«Il faut également éviter de se déplacer d’une région ou d’une ville à l’autre, sauf en cas de nécessité. Les déplacements liés aux loisirs ne sont pas considérés comme nécessaires », rappelle le MFFP.

Enregistrement du gibier à distance 
À l’approche de l’ouverture de la saison de chasse au dindon sauvage et à l’ours noir, le MFFP annonce la mise en place de mesures d’enregistrement du gibier à distance. «L’objectif est de permettre aux citoyens de pratiquer ces activités dans le respect des règles de la Direction générale de la santé publique. Les mesures d’enregistrement proposées permettront à la clientèle qui n’aurait pas accès à une des stations d’enregistrement légalement ouvertes en cette période de pandémie de pouvoir procéder à l’enregistrement sans devoir se déplacer», indique le ministère par voie de communiqué.

Rappelons que le chasseur qui a abattu un ours noir ou un dindon sauvage doit enregistrer lui-même son animal dans les 48 heures suivant sa sortie du lieu de chasse; ce délai est porté à 15 jours pour le piégeage d’un ours noir.

Les chasseurs et les piégeurs pourront enregistrer leur gibier en ligne, sans frais, à l’aide d’un formulaire disponible sur le site à compter du 24 avril prochain, juste à temps pour le début de la chasse au dindon sauvage.

Les chasseurs et les piégeurs qui n’auront pas accès à un appareil mobile ou à un service Internet auront la possibilité d’appeler au service à la clientèle du MFFP au 1 877 346-6763 sur les heures d’ouverture pour procéder à l’enregistrement de leur gibier sans frais.