Stéphan Perron et sa conjointe, Audrey Tremblay, quitteront la région dimanche vers Madrid. Ils se rendront ensuite tranquillement vers Chamonix à bord d’un campeur.

À la conquête de l’Ultra-Trail du Mont-Blanc

Stéphan Perron et Michel Bernard participeront à la plus mythique des courses en sentiers le 30 août, l’Ultra-Trail du Mont-Blanc.

Fondée en 2003, l’épreuve s’apparente à un tour complet du massif, traversant trois pays, la France, la Suisse et l’Italie. En raison de la forte demande, le nombre de coureurs a été limité à 2300 pour la course de 170 kilomètres avec 10 000 mètres de montées positives. « Je vais monter 10 000 mètres, mais en descendre 10 000 aussi pour aller rejoindre le point de départ », rappelle avec justesse Stéphan Perron, mettant du même souffle en lumière une descente de 20 kilomètres particulièrement difficile dans le dernier quart de la course. Le départ est également donné en soirée, ce qui fait que plusieurs croisent le fil d’arrivée au beau milieu de la nuit.

« L’an dernier, il y a eu de la neige tellement ça monte haut. Je n’ai pas les hauteurs précises, mais c’est très haut. Ça prend des vêtements plus chaud parce qu’on va sûrement faire des bouts dans la neige. On court en short, mais aussi en long. On traîne tout ça dans notre sac. On essaie de traîner le minimum, mais ça prend des vêtements chauds et hydrofuges. C’est assez compliqué », convient le copropriétaire de Boutique Vo2, qui espère boucler la distance en un temps d’environ 30 heures.

Ancien marathonien, Stéphan Perron s’est converti à la course en sentiers en raison des blessures.

« Avant, je m’entraînais en distance. Maintenant, je m’entraîne en mètres-montées. J’essaie de faire en moyenne de 500 à 1000 mètres par jour. Depuis deux mois, je fais quasiment juste de ça », explique Stéphan Perron, qui s’entraîne notamment dans le sentier Eucher et au mont Fortin. Hebdomadairement, dans sa préparation, il court une centaine de kilomètres et 4500 mètres d’ascension.

Pour sa part, Michel Bernard entend d’abord et avant tout profiter du moment, sans nécessairement se fixer d’objectif. S’il en avait un, ce serait de finir sous la barre des 40 heures, mais surtout d’avoir du plaisir.

« C’est sûr que c’est un événement. C’est une course, mais d’abord et avant tout, un gros happening, où il y a 2300 coureurs, dont de très bons de trail. Mon premier objectif n’est pas en termes de position, mais de finir. Sur une distance de 170 kilomètres avec 10 000 mètres d’élévation en montagne où tu cours deux nuits, tout peut arriver », rappelle-t-il.

« On est dans un milieu extraordinaire, entourés d’autres passionnés. Dans une course comme celle-là, où tu n’es pas dans le tapis d’un bout à l’autre, tu as le temps de jaser avec des participants de partout dans le monde. Tu as aussi des paysages qui sont parmi les plus beaux au monde. C’est dur de faire mieux », de souligner Michel Bernard, qui a vécu une expérience semblable l’année dernière, dans les Alpes italiennes, dans une épreuve de 122 kilomètres et 7000 mètres de dénivellation.

« C’était surtout un parcours pas mal technique. Dans les descentes, j’avais peur et je n’ai donc pas complété. J’ai eu le mal des hauteurs. Je sais donc un peu à quoi je vais être confronté. Le parcours est aussi moins technique que l’an passé, ce qui va m’avantager. J’ai aussi fait beaucoup plus de dénivelé à l’entraînement. C’est sûr que les jambes vont tenir le coup », d’annoncer Michel Bernard avec assurance.

Après avoir découvert la course à pied en 2009, Michel Bernard a rapidement convergé vers le triathlon, l’Ironman puis la course en sentiers longue distance.

+ FAVORISÉS PAR LE HASARD

Stéphan Perron et Michel Bernard ont été favorisés par le hasard afin de pouvoir vivre cette expérience unique au mont Blanc. 

Les coureurs de partout dans le monde doivent d’abord se qualifier pour le tirage au sort annuel lors d’épreuves inscrites au calendrier de l’Association internationale de courses en sentiers (ITRA). Une fois cette étape franchie, la chance doit être au rendez-vous. Pour Stéphan Perron, c’est arrivé dès le premier essai.

« C’est une chance, surtout la première année. Normalement, ça prend une couple de coups avant d’être pigé », fait valoir Stéphan Perron, qui a obtenu ses points au Harricana 125 dans Charlevoix et lors du Bromont 160. Pour Michel Bernard, ce coup de chance est arrivé à la deuxième tentative, lui qui avait mis la main sur des points lors d’épreuves au Vermont, à Bromont et à Bear Mountain, dans l’État de New York.

Après avoir découvert la course à pied en 2009, Michel Bernard a rapidement convergé vers le triathlon, l’Ironman puis la course en sentier longue distance.

Michel Bernard a commencé la course à pied en 2009 et de fil en aiguille, il s’est lancé dans les Ironman, puis l’ultra-trail. « Ç’a fait dix ans que j’ai commencé à courir en janvier. Quand j’ai débuté, c’était dans le but de faire un marathon. Je pensais que c’était ce qu’il y avait de plus long comme distance qu’on pouvait courir. Environ cinq mois plus tard, j’ai fait mon premier marathon et j’ai eu la piqûre. J’avais envie d’en faire d’autres et je sentais que je pouvais améliorer pas mal mes performances », raconte le Chicoutimien. Dès septembre 2010, il réussissait un premier demi-Ironman, puis l’année suivante, il franchissait la distance Ironman. Finalement, en 2012, il a complété son premier Ironman officiel, à Louiseville, au Kentucky, où il est retourné l’année suivante, en plus de faire celui de Lake Placid en 2015. Il a toutefois été quelque peu refroidi par les coûts et la difficulté de pratiquer trois sports simultanément. C’est à ce moment qu’il a connu l’ultra-trail. « En 2015, je faisais mon premier 80 km à Bromont et en 2016, mon premier 160 km et ça s’est ensuite enchaîné, mentionne Michel Bernard. Je ne suis pas un coureur rapide. Sur les distances comme 5, 10 ou 15 kilomètres, je ne tire pas vraiment mon épingle du jeu. Je ne suis pas mauvais, mais je suis loin des bons coureurs de la région, mais j’ai une bonne base d’endurance. »

Pour sa part, Stéphan Perron a tiré son épingle du jeu à la course à pied, terminant notamment 3e au Marathon de Montréal en 2013. Les blessures d’usure l’ont toutefois amené vers la course en sentier. « J’ai découvert ça et je suis tombé en amour », annonce-t-il sans détour.

En voyage

L’aventure européenne des deux athlètes ne se limitera pas au Mont-Blanc et à Chamonix. Les deux férus de courses en sentiers profiteront de l’occasion pour faire un peu de tourisme avec leur conjointe respective. Elles les encourageront en plus de les aider aux ravitaillements pendant la compétition. Stéphan Perron et sa conjointe, Audrey Tremblay, quitteront la région dimanche vers Madrid, en Espagne. De là, ils se dirigeront tranquillement en campeur vers Chamonix. « On va en profiter. Je vais en avoir pour mon compte et ma blonde également », assure le Baieriverain. 

Michel Bernard et sa conjointe, Johanne Piché, partiront la veille à destination de Paris. Ils loueront ensuite une voiture pour entamer leur périple vers leur destination, en passant par Lyon, Dijon et Grenoble.