Le premier ministre Justin Trudeau et Denis Lemieux

Une occasion inespérée

ÉDITORIAL / La poussière vient à peine de retomber sur une élection partielle dans Lac-Saint-Jean que c’est au tour des citoyens de Chicoutimi-Le Fjord d’être conviés aux urnes. La démission du député libéral Denis Lemieux plonge encore une fois le Saguenay-Lac-Saint-Jean dans une dynamique électorale, mais il faut voir cet événement telle une occasion en or, pour les gens de la circonscription, de se faire entendre auprès des autorités fédérales et d’en retirer, espérons-le, d’importants dividendes.

Pour justifier son retrait précipité de la vie politique, Denis Lemieux a évoqué des raisons de nature familiale. Et bien qu’elle provoque le déclenchement imminent d’une autre partielle, cette décision lui appartient pleinement et nul ne peut lui reprocher de l’avoir prise. Par contre, il est plus qu’à propos d’analyser le bilan de celui qui a occupé les fonctions de député pendant deux ans. 

Maintes fois critiqué pour son manque de flamboyance, Denis Lemieux n’avait rien d’un politicien traditionnel, surtout en ce qui a trait aux médias. Il ne cherchait ni l’attention des caméras ni les présidences d’honneur rentables politiquement. Et jamais il n’a édulcoré son discours afin de plaire. Bref, la politique n’était pas faite pour lui. 

Cependant, nul ne pourra lui reprocher son travail en coulisses et l’énergie déployée à faire avancer les dossiers de sa circonscription, et même ceux des territoires voisins. Ceux qui l’ont côtoyé en seront témoins, Denis Lemieux s’est acquitté de ses responsabilités avec la même ardeur que celle qu’il a démontrée en affaires. 

L’attrait du pouvoir

Tel que mentionné, le départ de Denis Lemieux pave la voie à un important rendez-vous pour Chicoutimi-Le Fjord. Comme ce fut le cas dans Lac-Saint-Jean, tous les chefs de partis fédéraux se feront un devoir de visiter la région afin d’appuyer leur candidat respectif. La capitale régionale doit profiter de cette manne pour rappeler aux décideurs qu’ils existent et que les besoins sont multiples en matière de développement.

C’est lorsque les chefs souhaitent séduire à tout prix qu’ils sont le plus susceptibles d’écouter et d’agir. 

Encore une fois, l’attrait du pouvoir sera au cœur du débat. Dans Lac-Saint-Jean, c’est en grande partie pour cette raison que les électeurs ont offert les clés de la Chambre des communes au libéral Richard Hébert. C’est également parce qu’ils ont senti venir la vague libérale et l’avènement de Justin Trudeau que les gens de Chicoutimi-Le Fjord ont choisi Denis Lemieux en octobre 2015. Aussi peut-on affirmer sans risque que plusieurs se manifesteront au cours des prochaines semaines afin de porter les couleurs du Parti libéral. 

Engagements

Il demeure que l’attrait du pouvoir ne peut garantir à lui seul une victoire électorale. Il faudra des engagements, et il se trouve que dans Chicoutimi-Le Fjord, plusieurs enjeux prioritaires sont sous juridiction fédérale. En tête de lice, l’avenir de la Base militaire de Bagotville sera nécessairement abordé. Une promesse concrète, qu’elle concerne le remplacement des chasseurs CF-18, l’implantation d’un escadron de drones ou même la mise en place d’un radar d’approche de précision, aurait sans doute un effet positif pour le futur candidat libéral. Le gouvernement Trudeau a démontré sa sensibilité aux besoins militaires depuis son élection, l’heure est maintenant venue de procéder à des annonces formelles, notamment pour Bagotville. 

La renégociation de l’ALÉNA, la gestion de l’offre dans l’industrie laitière, l’avenir du Centre des technologies de l’aluminium, une succursale du Conseil national de recherches du Canada, de même que les saines habitudes de vie seront autant de sujets qui seront également discutés au cours de la campagne, avec comme fil conducteur le développement de la région, en particulier celui de Chicoutimi-Le Fjord.

Qui osera se plaindre d’une telle fenêtre d’opportunités ?