Une demande forte et croissante des besoins en gaz naturel

OPINION / Cette lettre d'opinion est signée par Patrick Bérubé, directeur général de l'organisme de développement Promotion Saguenay.

En réponse à l’éditorial Être plus blanche qu’un béluga de M. Marc St-Hilaire, paru le 4 septembre dernier, Promotion Saguenay tient à revenir sur la croissance future des besoins en gaz naturel comme solution de rechange aux énergies plus polluantes.

En tant qu’organisme de développement économique, Promotion Saguenay s’est penché sur l’environnement économique des grands projets, notamment celui de GNL Québec. Pour le moment, nous ne pouvons nous prononcer sur les aspects environnementaux de ce projet, les processus de consultation et d’analyse par les instances qualifiées étant en cours. Toutefois, nous sommes d’avis que GNL Québec contribue en bonne et due forme aux étapes réglementaires et module son projet aux pratiques environnementales attendues dans les paramètres d’un tel projet.

Dans son éditorial, M. St-Hilaire rapportait les propos de l’Agence fédérale en environnement selon lesquels le promoteur avait produit « … des affirmations qui ne reposent sur rien, comme celle qui prétend à une croissance des besoins en gaz naturel de plus ou moins 40 % d’ici 2040 ». Promotion Saguenay a, par le passé, déployé son expertise pour évaluer cet aspect. Nos analyses démontrent, au contraire, qu’il existe bel et bien une croissance de la demande et que cet aspect est très bien documenté. Qui plus est, que cette croissance devrait se poursuivre dans les prochaines décennies.

Cette augmentation de la demande s’appuie sur trois facteurs principaux, soit l’utilisation du gaz naturel comme énergie de remplacement, son utilisation comme complément aux énergies renouvelables et la croissance de la population en générale à travers le monde.

En effet, plusieurs pays souhaitent remplacer des énergies fossiles très polluantes comme le charbon et le pétrole par le gaz naturel afin de diminuer les émissions de CO2 et d’améliorer de façon significative la qualité de l’air. Ces pays sont en général très engagés vers une transition aux énergies renouvelables, mais doivent encore utiliser une autre forme d’énergie pendant la conversion.

Deuxièmement, malgré l’utilisation massive de l’énergie renouvelable par plusieurs juridictions, il demeure nécessaire pour ces dernières de stabiliser l’approvisionnement énergétique à l’aide d’une source d’énergie fiable et la moins polluante possible. Comme les énergies renouvelables produisent de l’énergie de façon variable (en fonction des conditions météorologiques), il devient donc nécessaire de prévoir un complément pouvant prendre la relève lors d’une baisse de production. En général, le gaz naturel est l’énergie favorisée et son utilisation est inversement proportionnelle à la production des énergies renouvelables. Donc, plus les énergies renouvelables sont disponibles, moins le gaz naturel est utilisé. Inversement, ce dernier vient pallier lorsqu’une forte demande survient et que les éléments ne peuvent suffire à produire l’énergie nécessaire.

Finalement, lorsque nous analysons la croissance future de la demande en énergie et en gaz naturel, il faut aussi tenir compte de la croissance de la population mondiale, notamment dans les zones urbaines. Bien que les efforts énergétiques actuels tendent à faire diminuer la consommation énergétique per capita, l’augmentation globale de la population entraînera systématiquement une plus grande demande.

Promotion Saguenay est donc d’avis qu’il existe réellement une demande croissante pour le gaz naturel et que le projet de GNL Québec est le projet le plus acceptable parmi tous les projets canadiens visant à liquéfier et à exporter cette forme d’énergie. Notre appui est fort, mais n’est pas sans réserve.

Le processus entamé doit être respecté et complété en tenant compte d’une balance réaliste des considérations environnementales et socio-économiques.