Un quotidien essentiel…

OPINIONS / Dans la saga entourant la faillite de Groupe Capitales Médias, nous souhaitons d’abord exprimer notre solidarité envers les journalistes et l’ensemble des travailleurs du Quotidien.

L’inquiétude et l’incertitude sont difficiles à vivre, dans n’importe quel milieu de travail.

Au-delà des emplois, la situation précaire du Quotidien nous inquiète beaucoup. La présence d’un journal régional est essentielle pour les travailleurs.

Bien que nous n’ayons pas toujours été en accord avec la ligne éditoriale, le travail professionnel des journalistes permet de faire connaître les faits et enjeux qui nous touchent. Cela permet d’apporter un autre point de vue et de faire contrepoids à l’influence des services de communication parfois imposants de nos employeurs, sur les élus et l’opinion publique.

Le Quotidien fait vivre le débat public dans notre région. Collectivement, on se questionne sur l’actualité et sur les grands enjeux qui nous touchent. Notre région existe au travers de nos médias.

Dans les rangs syndicaux, on a l’habitude de dire que des membres bien informés prennent de bonnes décisions. C’est aussi vrai pour des citoyens bien informés.

Ce débat public ne peut vivre au travers des journaux publiés à Montréal ou à Québec. Et on ne peut penser que les médias électroniques prendront seuls le relais.

Quand nos enjeux de négociations, dans le monde syndical, touchent les services publics ou encore nos ressources naturelles, l’appui de la population joue un rôle important sur les résultats.

Lorsque nos élus doivent prendre des décisions, est-ce que l’intérêt des gens de la région est vraiment pris en compte, au-delà des intérêts particuliers de ceux qui ont les moyens de se faire entendre ? La présence du Quotidien aide à rétablir l’équilibre entre les gros lobbys et ceux qui partent de la maison le matin avec une boîte à lunch.

Un journal chez nous, c’est bien plus qu’un bout de papier imprimé ou un site Internet, c’est à la base de notre démocratie.

Le Syndicat des travailleurs et travailleuses de l’aluminium d’Alma

Section locale 9490 du Syndicat des Métallos

+ MESSAGE À TOUT LE LECTORAT

Devant la conjoncture précaire de certains médias au Québec et plus précisément dans notre région, j’aimerais vous partager quelques réflexions sur la nécessité de tout mettre en œuvre pour maintenir en place le journal Le Quotidien.

Dans ma carrière active et même après, comme administrateur d’organisme, j’ai eu à me servir des médias régionaux. Je les utilisais, car ils étaient le seul moyen de faire connaître, à toute une population, l’envers de la médaille sur certains avancés politiques ou autres.

Sans leur écoute et leurs retransmissions, la population n’aurait pas pu se faire une idée intégrale sur certains sujets litigieux et par la suite faire un choix judicieux.

Outre leur capacité à transmettre l’information, ils possèdent un autre aspect qui n’est pas à mépriser : c’est leur pouvoir d’enquête. Le Quotidien, comme plusieurs médias du Québec, maîtrise très bien ce domaine. On n’a qu’à se rappeler leurs révélations fracassantes sur les manières de faire de plusieurs municipalités de notre région. Les journalistes ont su dévoiler au grand jour, plusieurs déficiences et favoritismes que se partageaient plusieurs de nos élus et dirigeants. Sans lui, nous aurions été laissés dans l’ignorance et notre démocratie en aurait reçu un sérieux coup. Plusieurs d’entre vous se disent que c’est à la police de faire cela. Pour moi, la réponse est non.

En général, les gens ne veulent pas avoir de problèmes et même de contacts avec la police. Il est donc plus facile pour eux d’en avertir les médias sous le couvert de l’anonymat. Car, pour un média, une source, c’est sacré.

Si comme moi vous êtes un lecteur assidu, vous conviendrez que tous les jours, Le Quotidien touche à toutes les sphères de nos activités et cela, sans aucune exclusion ou discrimination. Pour y parvenir, notre média régional s’est attribué comme mission d’écouter, de surveiller, de rapporter et de transmettre de façon juste et à la portée de tous, l’information de la vie quotidienne de notre région.

Il est clair que si nous désirons protéger notre particularité régionale, il faut que tous ensemble nous proclamions notre appartenance à ce journal, afin que nous puissions garder l’outil qui nous permet de mieux comprendre tous les dédales de notre vie régionale et les gens qui y contribuent.

Même si nous ne sommes pas tous des lecteurs constants de ce média, nous avons tous un droit de parole pour le développement de notre société. Sans ce rétroviseur régional, qui nous aide à mieux comprendre, comment pourrions-nous opter pour un développement équitable pour tous, si comme plusieurs d’entre nous, nous ne connaissons pas le nom de notre échevin, notre maire, notre député et même de notre premier ministre ?

Comme le disait le philosophe Jean-François Ravel (1924-2006) : « La civilisation démocratique est entièrement fondée sur l’exactitude de l’information. Si le citoyen n’est pas correctement informé, le vote ne veut rien dire. »

Raynald Lapointe

Alma