Un objectif commun: réduire la pollution

OPINIONS / Ce texte d’opinion a été écrit par l’équipe de GNL Québec en lien avec le projet Énergie Saguenay.

Dans la foulée de la journée climatique du 27 septembre dernier, nous estimons pertinent de prendre la plume aujourd’hui afin de rappeler la vision, les valeurs et les fondements qui animent le projet Énergie Saguenay : lutter concrètement contre les changements climatiques et la pollution de l’air à l’échelle mondiale, et ce, grâce au savoir-faire et aux ressources technologiques du Saguenay-Lac-Saint-Jean et du Québec.

Le projet Énergie Saguenay vise à fournir du gaz naturel qui émet moins de GES que le charbon et le pétrole pour remplacer, en Europe et en Asie, ces sources d’énergies fossiles, de surcroît responsables de l’émission d’énormes quantités de particules polluantes néfastes pour la santé humaine. L’équipe d’Énergie Saguenay travaille depuis 2014 à développer un projet alliant à la fois la lutte contre les GES, l’innovation technologique et le développement économique. Dans l’optique d’une transition énergétique mondiale, nous travaillons pour l’avenir et pour la planète et non contre elle.

Pour comprendre notre projet, il faut sortir des idées préconçues et des lieux communs : oui, le gaz naturel est une énergie fossile. Mais c’est la seule énergie fossile qui peut jouer, et qui jouera, au cours des prochaines décennies, un rôle majeur dans la lutte contre les changements climatiques en remplaçant le charbon, ennemie numéro 1 du climat, dans la production d’électricité, en jouant un rôle accru dans les transports routier et maritime, et en appui au développement des énergies renouvelables. Aux prises avec d’importants problèmes de smog et de santé publique, de nombreux pays, la Chine en tête (1), ont fait de la sortie du charbon une priorité nationale. Il y a là une occasion à saisir pour agir concrètement pour la planète tout en mettant en valeur les atouts économiques et les ressources spécialisées de la région et du Québec.

Ces propos ne sont pas véhiculés simplement par un promoteur, mais bien par des experts mondiaux de l’énergie, dont au premier plan l’Agence internationale de l’énergie, qui a d’ailleurs publié, récemment, un rapport portant spécifiquement sur le rôle clé du gaz naturel dans la lutte mondiale contre les GES (2). Ce rapport souligne, entre autres, que l’utilisation du gaz naturel, en substitution au charbon, a déjà permis l’évitement de la diffusion de 500 millions de tonnes de GES dans le monde entre 2011 et 2018. Dans ses prévisions basées sur les scénarios d’atteinte des recommandations du GIEC, l’Agence internationale de l’énergie laisse aussi une grande place au gaz naturel comme énergie fiable, sécuritaire, moins forte en carbone et complémentaire aux énergies renouvelables (3). Parce que les énergies renouvelables comme l’éolien et le solaire ont besoin d’une source d’énergie pour assurer la stabilité et la sécurité des réseaux et répondre aux demandes imprévues, et que ces énergies ne peuvent répondre à tous les besoins industriels.

Nous sommes d’accord avec tous ceux qui affirment qu’il est essentiel, dans le cadre de la lutte contre les gaz à effet de serre et aux changements climatiques, d’écouter les experts et les scientifiques. C’est pourquoi, dès le début du projet, en 2014, nous nous sommes efforcés de travailler avec des scientifiques réputés et reconnus afin de nous aider à livrer le meilleur projet qui soit. C’est pourquoi nous avons travaillé avec des universitaires de réputation internationale, que nous avons ici-même au Québec, œuvrant au Centre international de référence sur le cycle de vie des produits, procédés et services (CIRAIG) pour dresser un portrait factuel des émissions du projet. C’est pourquoi nous avons mandaté la Chaire en éco-conseil de l’UQAC pour nous appuyer dans notre engagement à opérer un complexe carboneutre. Une première mondiale pour une industrie de cette envergure. C’est pourquoi nous travaillons actuellement avec des spécialistes de la conception maritime pour améliorer le design des futurs navires qui viendraient à notre terminal, avec des experts de la question des mammifères marins, pour mieux comprendre comment réduire les impacts potentiels de la navigation, notamment en matière de bruit sous-marin. Déjà ces collaborations permettent de faire concrètement avancer la science.

Nous sommes conscients que la question environnementale et que la réflexion envers les grands projets industriels sont émotives pour tous. Dans ce contexte, nous allons continuer, à titre de promoteur sérieux, de travailler avec les meilleurs experts, dans le cadre d’un processus d’évaluation fédéral et provincial très rigoureux et dans une optique de bonification continue du projet. Grâce à une alimentation en hydroélectricité propre et renouvelable, grâce à un engagement clair à être carboneutre et à travailler avec les meilleurs acteurs de l’industrie, grâce aux normes canadiennes, les plus sévères au monde en matière de régulation des émissions fugitives et d’extraction du gaz naturel, le projet Énergie Saguenay établirait de nouveaux standards dans l’exploitation intelligente du gaz naturel et s’établirait comme un modèle mondial.

Les données sont claires, les faits sont clairs. La demande en gaz naturel sera croissante, au cours des prochaines années, et il continuera à être exploité. Nous avons donc l’occasion, ensemble, d’élever les standards internationaux en la matière et d’offrir le gaz naturel liquéfié le moins polluant au monde pour répondre à cette demande et contribuer à réduire le nombre de centrales aux charbons actuellement encore en activité dans le monde. Il en reste encore 6500 et, malheureusement, d’autres sont en ce moment même en construction. Si nous laissons passer cette opportunité alliant la lutte contre les changements climatiques et la pollution de l’air et le développement économique du Saguenay-Lac-Saint-Jean, du Québec et du Canada, d’autres promoteurs vont combler le vide, avec des projets beaucoup plus polluants.

(3) Agence internationale de l’énergie, 2018, Scénario du GIEC atteinte de 1,5 degré de réchauffement