Un enjeu majeur

Opinion / Récemment deux personnalités régionales provenant de milieux différents : Marc-Urbain Proulx, du milieu universitaire, et André Harvey, du milieu politique, sont intervenues dans le dossier de Rio Tinto. L’un prônant ce que nous pouvons appeler un nouveau contrat social et l’autre de devenir actionnaire important de l’entreprise. J’appuie ces deux démarches qui sont complémentaires. Leur lecture de la conjoncture, en deux volets, va dans le même sens : nous ne pouvons laisser la compagnie décider seule de l’avenir de l’industrie de l’aluminium dans la région (premier volet), mais actuellement nous ne pesons pas lourd dans le processus décisionnel (deuxième volet).

Comparativement à la compagnie Alcan, pour laquelle la région était une pièce maîtresse de son portefeuille, chez Rio Tinto, nous sommes une portion négligeable. De plus, l’impact économique de l’entreprise dans la région a subi une baisse drastique, tant dans les emplois qui sont passés de 10 000 à 3 000, qu’en matière de services. La situation est plus qu’alarmante. En ce qui a trait à la volonté et à l’appétit de l’entreprise pour la transformation, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’on va rester sur notre faim.

Nous sommes à un carrefour. Nous avons rendez-vous avec notre propre histoire et il faudra des actions concrètes de nos communautés pour changer la donne. Dans le monde capitaliste dans lequel nous sommes, le politique ne fait plus le poids. C’est l’argent qui mène. Si nous voulons avoir notre mot à dire, il faudra qu’on parle « argent ». D’autres pays avant nous, comme la Norvège, ont compris que s’ils voulaient être partie prenante des décisions il fallait investir dans les entreprises, et ce, jusqu’à 51 % et même plus, dans certains cas. Il nous reste quelques mois pour nous préparer et mettre sur la table un projet ambitieux pour notre avenir. Dans l’objectif de faire avancer ce projet, j’esquisse les grandes lignes de ce que nous pourrions exiger de nos élus québécois, et ce, dans une perspective que chacune des MRC de la région et Ville de Saguenay puissent y trouver leur compte.

Je propose que nous demandions à chacun des partis politiques lors de la prochaine campagne électorale de 2018 s’ils sont d’accord pour que: 

• L’État québécois, en collaboration avec la Caisse de dépôt et placement, Hydro-Québec (qui a des surplus très importants d’énergie) et d’autres fonds de placement, acquièrent jusqu’à 51 % des propriétés de Rio Tinto dans la région;

• Qu’un plan de développement à moyen et long terme axé sur la transformation y soit associé;

• Que la moitié des redevances de l’ordre de 60 millions par année, versées par Rio Tinto à l’État québécois, soient dorénavant réparties entre chacune des MRC et de Ville de Saguenay sur la base d’un partage équitable.

Si nous voulons que la politique regagne ses lettres de noblesse, nous devons exiger qu’elle dépasse les vœux pieux et qu’elle prenne des engagements qui pourront contribuer à nous donner un avenir dont nous serons fiers.

Denis Trottier, président

Option régions

Régimes ciblés

Citation : « Je suis préoccupé(e) par le projet de loi C-27 émanant du gouvernement, ou la Loi modifiant la Loi de 1985 sur les normes de prestations de pension. Cette loi permettrait aux sociétés d’État et aux employeurs sous réglementation fédérale de faire pression sur leurs employés pour qu’ils renoncent à leurs régimes de retraite à prestations déterminées au profit de régimes de retraite à prestations cibles. En 2015, le premier ministre Trudeau a clairement promis à l’Association nationale des retraités fédéraux par écrit que les régimes de retraite à prestations déterminées « qui ont déjà été payés par les employés et les pensionnés, ne devraient pas être rétroactivement convertis en [régimes de retraite à prestations cibles] ». Et pourtant, c’est exactement ce que le projet de loi C-27 permettrait. Et, grâce aux récents reportages dans les médias, nous savons maintenant que le parrain du projet de loi C-27, le ministre des Finances Bill Morneau, a reçu des dividendes mensuels de Morneau Shepell depuis son entrée en fonction en 2015. Alors, qui donc a vraiment intérêt à tirer profit des régimes à prestations cibles? Certainement pas les employés et les retraités dont les pensions seront affectées. »

Les paragraphes précédents sont en fait une partie de la lettre qu’il est proposé d’envoyer à nos députés fédéraux et au premier ministre Justin Trudeau, qui dit se préoccuper tellement de la classe moyenne.

J’avais déjà écrit mon opinion du lecteur et en allant m’informer un peu plus sur le projet de loi C-27, je suis tombé sur cette lettre qui explique et exprime encore mieux mon intention de faire part aux lecteurs de ce qui attend les prestataires de régimes de retraite à prestation déterminée qui risque dangereusement de devenir un régime à prestation ciblée. 

Parce qu’il faut savoir que ce projet de loi est rétroactif et qu’il s’adresse maintenant aussi à ceux qui reçoivent déjà une prestation déterminée. Par exemple, si un régime est déficitaire de 20%, la prestation diminuerait automatiquement du même chiffre. Une rente de 1000 $ serait réduite à 800 $, éliminant en même temps la dette de l’employeur ainsi que sa responsabilité envers la rentabilité de votre ancien régime de retraite à prestation déterminé. Il est donc important de se préoccuper de nos affaires dès maintenant. 

J’invite les intéressés à faire part de votre désaccord à nos députés et au premier ministre, M. Justin Trudeau.

Sylvain Côté

Alma