Un engagement ferme à innover

OPINION / L’auteur de cette lettre d’opinion est Pat Fiore, président du promoteur GNL Québec, lequel entend construire une usine de liquéfaction de gaz naturel au port de Grande-Anse.

En mai dernier, dans une lettre ouverte publiée dans la foulée de nos activités consultatives destinées au grand public, je m’engageais à reprendre la plume régulièrement afin de faire le point sur l’avancement d’Énergie Saguenay. Compte tenu de l’actualité des dernières semaines, j’estime le moment pertinent pour donner suite à cet engagement.

En marge de la réception d’une série de questions portant sur le contenu de notre étude d’impact environnemental acheminée par l’Agence canadienne d’évaluation des impacts (anciennement connue sous le nom d’Agence canadienne d’évaluation environnementale), une étape prévue dans tout processus d’évaluation rigoureux d’un grand projet, certains ont, en effet, conclu erronément que l’équipe de GNL Québec prenait un peu à la légère la question des impacts du projet Énergie Saguenay sur le béluga.

Je veux aujourd’hui être parfaitement clair : nous sommes aussi préoccupés quant à l’avenir du béluga. Comme toutes les activités humaines présentes ou futures dans l’habitat essentiel du béluga, incluant le passage des bateaux de croisières, les activités d’observation des mammifères marins, le trafic permanent des traversiers à l’embouchure du Saguenay et l’ensemble de la navigation sur le Saint-Laurent, les navires de GNL Québec pourraient avoir un impact sur la santé de cette espèce emblématique de notre région et du Québec.

Une priorité

L’équipe de GNL Québec est consciente depuis le jour 1 de l’importance de faire du projet Énergie Saguenay un modèle de cohabitation avec les bélugas et les autres mammifères marins. Pour cette raison, nous avons eu recours à des scientifiques et à des experts reconnus mondialement pour mener notre étude d’impact dans les règles de l’art. Au fil des ans, notre consultant principal dans cette étape cruciale a participé à des centaines d’évaluations environnementales pour de grands projets industriels, non seulement au Québec et dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean, mais aussi partout sur la planète.

Actions concrètes

Évidemment, l’engagement de GNL Québec envers la navigation durable dans le Saguenay et dans le Saint-Laurent dépasse la réalisation d’une étude d’impact rigoureuse. À titre de promoteur sérieux et engagé, nous avons l’obligation de viser l’exemplarité. C’est pourquoi, conscient de l’importance de cet enjeu, j’ai pris personnellement la tête, dès mon arrivée, d’un comité de travail dédié à ce sujet. Au sein de l’équipe de GNL Québec, des ressources sont dédiées à temps plein à chercher des solutions et des innovations qui permettraient de réduire les impacts, particulièrement sur le plan des bruits sous-marins, des navires qui viendraient accoster au terminal.

Concrètement, nous travaillons ainsi de concert avec la Corporation des pilotes du Bas-Saint-Laurent et le Centre d’expertise et de simulation maritime de Québec, ainsi qu’avec des chercheurs et des organismes réputés dans le milieu, afin de mettre au point des modélisations sonores et de navigation.

Conscients que bien des efforts doivent être déployés pour mieux connaître le comportement du béluga du Saint-Laurent afin de le protéger et assurer sa survie, nous sommes ouverts à contribuer aux travaux du comité scientifique mandaté pour concilier la navigation durable sur le Saguenay avec le développement industriel, dont la création a été annoncée mardi par la ministre déléguée aux Transports, Chantal Rouleau.

Nous travaillons aussi avec des armateurs, des ingénieurs et des chantiers maritimes afin de mettre en place des innovations qui permettront de rendre les éventuels navires-citernes plus silencieux. Par exemple, nous travaillons sur les designs des coques, des propulseurs et des hélices plus silencieuses. Déjà, nous savons que les navires qui seront construits pour les besoins de notre projet seront dotés de systèmes permettant de créer des murs de bulles d’air limitant la propagation des sons sous l’eau.

Par ailleurs, je suis, avec l’ensemble de l’équipe de GNL Québec, engagé dans la mise en place de programmes spéciaux destinés à lutter contre le bruit subaquatique qui, lorsqu’ils seront finalisés, positionneront la région comme un modèle dans ce domaine et démontreront encore plus la force de notre engagement envers les mammifères marins.

Depuis le début du projet, toute l’équipe d’Énergie Saguenay est déterminée à établir un nouveau standard au sein de son industrie. L’engagement à la carboneutralité du complexe en est une preuve. En désignant une zone industrialo-portuaire à Port de Saguenay, les autorités et la région ont manifesté le désir d’utiliser le site comme un outil de développement économique, et nous sommes fiers de pouvoir contribuer à ce développement.

À cet effet, nous avons mis la barre très haute afin de répondre aux attentes des différents acteurs du milieu, mais aussi des citoyens et des Premières Nations. Nous sommes déterminés à nous montrer à la hauteur et à faire de notre projet un levier de diversification économique régionale en luttant contre les changements climatiques, bien sûr, mais aussi un exemple à suivre en termes de conciliation des usages maritimes et d’appui à la réussite du rétablissement du béluga.