L'analyste d’affaires et en stratégies de communications pour DEVICOM Jean-Luc Doumont

Un algorithme qui changera tout

Le professeur Patrick Giroux, responsable du Laboratoire de formation et de recherche en littératie numérique à l’UQAC, et l’analyste d’affaires et en stratégies de communications pour DEVICOM, Jean-Luc Doumont, s’expriment sur le nouvel algorithme annoncé pour le réseau Facebook .

Le plus populaire réseau social a annoncé par la voix de son fondateur, Mark Zuckerberg, qu’un nouvel algorithme sera mis en place progressivement pour donner plus d’importances aux statuts provenant des amis ou des connaissances plutôt que celles des entreprises ou encore des médias. Donc, sur votre fil d’actualités, plus aucune information provenant des pages d’entreprises et des médias que vous suivez, à moins qu’ils payent !

Pour Facebook un statut entre les individus sera plus visible au sein de son algorithme, plutôt qu’un message provenant d’une page Facebook issue des entreprises ou encore des médias. De plus, l’engagement actif, c’est-à-dire, des interactions soutenues (commentaires personnalisés sous forme d’une discussion) sera également priorisé par le réseau social mondialement connu.

Ce changement d’algorithme ne signifie pas une bonne nouvelle pour les entreprises ni pour les médias. D’ailleurs Mark Zuckerberg estime lui-même dans son message diffusé le 11 janvier dernier que les utilisateurs passeront moins de temps à consulter leur compte Facebook.

En plus de vouloir éradiquer les concours avec des commandes précises comme « Tague un ami et partage », les médias se verront avec moins, voir plus aucune visibilité, à moins de débourser.

Si nous lisons entre les lignes de cette annonce, Facebook demandera aux responsables des pages de créer et de fournir du contenu de marque et de qualité qui mettra l’engagement de leurs internautes en avant, puis bien entendu aux entreprises de payer pour avoir une meilleure visibilité. 

Donc, pour se démarquer une entreprise (ou un média) devra réduire la fréquence de ses publications, investir un budget de visibilité et créer du contenu qui suscitera de l’intérêt auprès de sa clientèle cible, car il est bien entendu que Facebook souhaite mettre en avant deux outils issus de leurs créations à l’avant-plan, soit Business Manager et Audience Insights, lesquels permettent de promouvoir des statuts moyennant une somme d’argent.

L’autre phénomène pour se démarquer sera impérativement de travailler ou de collaborer avec des influenceurs dans leurs milieux respectifs qui partageront sur leurs fils d’actualités certaines nouvelles provenant des médias traditionnels. De nouveaux influenceurs verront le jour, mais ils devront être choisis avec parcimonie de la part des entreprises (médias compris). À l’image de LinkedIn, qui permet de réseauter les professionnels entre eux, les influenceurs de Facebook seront des personnes reconnues et qui possèdent un large réseau de contacts actifs à son effectif.

Sans contredit, les petites entreprises ou les médias de niche, qui ciblent une clientèle bien précise, seront les premiers qui verront leurs visibilités réduites à néant, à moins bien entendu de dépenser une somme d’argent considérable pour sortir du lot. Les budgets publicitaires régionaux risquent d’être transférés encore plus sur ce réseau social.

C’est un changement majeur dans l’algorithme de Facebook et la création de groupes privés provenant des entreprises ou des médias semble aux yeux de plusieurs d’entre eux (Washington Post avec PostThis ou le Financial Times avec FT Books Café), l’une des solutions privilégiées à court terme.

Dans un monde où il est plus que nécessaire d’être bien informé, le réseau social provenant du pays de l’Oncle Sam donne un coup de masse aux entrepreneurs qui souhaitent sortir du lot avec des budgets bien souvent limités. Pour ces dernières, les firmes spécialisées dans les stratégies médias deviennent un champ d’expertise pour innover.

Facebook laisse le champ libre à Twitter pour devenir le premier réseau social au monde… en 144 caractères !

L'analyste d’affaires et en stratégies de communications pour DEVICOM Jean-Luc Doumont