La Maison Jean-Eudes Bergeron d'Alma

Un élan de pérennité

Maison Jean-Eudes Bergeron: Que penser de ce dossier qui dépasse les frontières de la région ? Patrick Savard, directeur général de la Coopérative de services à domicile Lac-Saint-Jean-Est, et Marc Asselin, maire d'Alma, se prononcent sur le sujet.
TRIBUNE / Le 24 avril dernier, nous annoncions, à regret, la fermeture de la Maison Jean-Eudes-Bergeron à Alma.
Cette décision créa une onde de choc sans précédent dans la communauté de Lac-Saint-Jean-Est.
Le projet de la Maison Jean-Eudes-Bergeron, une ressource intermédiaire (RI), a débuté en 2012 lorsque nous avons répondu à un appel d'offres lancé par le CSSS-Lac-St-Jean-Est visant à créer un milieu de vie pour des résidants avec des handicaps physiques lourds. De par notre mission et opérant déjà une autre RI à Hébertville depuis près de 15 ans, il était naturel pour nous de répondre à cet appel d'offres que nous avons remporté. 
Les prévisions financières ont été réalisées en collaboration avec le CSSS-Lac-St-Jean-Est afin notamment d'estimer les revenus et dépenses liés à la clientèle handicapée.
Le jour 1 de la Maison JEB (c'est comme ça qu'on l'appelle entre nous), soit le 7 avril 2014, nous étions fiers d'offrir ce service de RI sans précédent dans notre milieu, aux plus vulnérables de notre société.
Soixante jours après l'ouverture de la Maison, le premier choc fût de constater que la classification* de nos résidants par le ministère de la Santé, qui déterminent les rétributions financières de la clientèle dans le cadre des RI, était bien plus basse que celle que nous avions estimée avec le CSSS-Lac-St-Jean-Est. S'en sont suivi des travaux sur l'optimisation du travail, des ajouts d'heures sur le plancher, des rencontres avec les responsables du CIUSSS-02 (en remplacement du CSSS qui a été aboli en 2014), et j'en passe...
De nombreux efforts ont été faits en phase de démarrage, autant par la Coop que le CIUSSS, afin de rendre la Maison viable avec les ressources moindres que prévus qui ont été accordées par le ministère. Les énergies investies, avant la regrettable annonce du 24 avril dernier, dépassent votre imagination. Mais tous l'ont fait pour la cause, on ne peut plus humaine ! Malgré tout, nous avons été forcés d'admettre en mars dernier que tout avait été fait et qu'il était impossible de garder la maison ouverte avec les ressources accordées... jusqu'au 25 avril ! ! ! À cette date, les résidants, les médias, la population et le milieu politique d'ici (et plus particulièrement notre député Alexandre Cloutier) se sont levés pour dire NON à la fermeture de la maison. 
Depuis ce 25 avril dernier, nous avons le sentiment que le grand Québec est derrière nous dans cette situation causée principalement par un instrument de classification du ministère qui ne reconnaît pas l'ampleur des besoins des résidants avec des handicaps physiques lourds comme ceux de la Maison JEB. C'est un constat qui est également partagé par l'Association des ressources intermédiaires en hébergement du Québec (ARIHQ).
Suite à deux (2) rencontres, les 2 et 18 mai dernier, avec la ministre Charlebois, nous travaillons à une autre forme de financement, un peu plus complexe (car elle implique la Société d'habitation du Québec [SHQ] en plus du ministère de la Santé). Raison pour laquelle nous avons besoin de temps pour faire cheminer les demandes, et ainsi espérer assurer la pérennité de la Maison. Nous sommes convaincus que la ministre Charlebois est sincère quand elle nous dit qu'elle ne veut pas laisser tomber les résidants. Elle nous a accordé cette semaine une somme qui permettra de garder la Maison ouverte jusqu'au 1er septembre prochain. Espérons que ce temps sera suffisant pour conclure une entente avec la SHQ. D'ici là, nous allons travailler en étroite collaboration avec le cabinet de la ministre Charlebois, le CIUSSS, la Ville d'Alma qui nous accompagne dans les démarches avec la SHQ, notre député Alexandre Cloutier et les résidants. Nous devons garder la Maison Jean-Eudes-Bergeron ouverte pour les résidants, cette « famille » qui en a grandement besoin !
* http ://publications.msss.gouv.qc.ca/msss/document-000 350/
Patrick Savard, directeur général de la Coopérative de services à domicile Lac-Saint-Jean-Est,