Des cabanes chauffées avaient été emménagés à chacun des ravitaillements.

Sans eux, rien n'est possible

La Traversée du lac Saint-Jean à vélo suscite de plus en plus d’engouement, en raison de sa démesure, mais aussi de ceux qui l’ont porté depuis toujours. Louis Potvin s’exprime sur cet événement qui se déroulait la semaine dernière.

TRIBUNE / La majorité des événements qui se déroulent dans la région ne se concrétiseraient pas sans l’aide et l’implication de précieux bénévoles. La Traversée du lac Saint-Jean à vélo en est l’exemple parfait.  

Depuis que je m’implique dans cette organisation, je suis subjugué par le dévouement de ces femmes et hommes qui ne ménagent pas les efforts pour permettre à des centaines de cyclistes de traverser le grand désert blanc en toute sécurité.

Cette année, nos bénévoles ont démontré qu’ils n’avaient pas peur de l’ouvrage et qu’ils pouvaient réaliser de petits miracles. Nous l’avons constaté le vendredi alors qu’une trentaine de participants s’apprêtaient à prendre le départ du Village sur glace de Roberval. À 8 h 30, nos motoneigistes bénévoles constatent que la crevasse du km 29 s’est agrandie et qu’il est impossible de passer à vélo. La faille a plus de 30 pieds. 

Que faire ? Panique… Oh non !

Notre directeur de course, le très calme François Potvin, ne s’énerve jamais, comme d’habitude, et nous avise du bogue. Il a déjà une solution. Dans le temps de le dire, il commande du bois et du contre-plaqué à Mistassini et convainc une dizaine de bénévoles de Péribonka de se rendre en plein milieu du lac pour fabriquer un pont. Il est 8 h 45, le départ est prévu pour 9 h 30. Nous décidons de retarder le départ de 30 minutes et avisons nos participants qu’il est possible qu’au 16e kilomètre, ils soient obligés de rebrousser chemin.

S’engage alors une véritable course contre la monte. Le matériel arrive, nos valeureux bénévoles munis de scies mécaniques, haches, marteaux et perceuses, construisent notre « pont Champlain ». Nous arrêtons les participants aux refuges du km16. Ils prennent un bouillon poulet, un café, mangent un peu en regardant l’immense beauté de ce désert blanc. Ils n’ont pas conscience de tout le travail qui se réalise afin qu’ils puissent réaliser leur défi. Du nombre, des Américains qui sont venus du New Hampshire « to cross the frozen lake ». Puis, après une trentaine de minutes d’attente, les aventuriers poursuivent leur périple en direction de Péribonka.

Les travaux s’activent et quelques minutes avant le passage du premier cycliste, le pont est complété. 

Je vous invite à aller voir sur la page Facebook de la Traversée des photos et des vidéos qui témoignent de cette précieuse collaboration.

Il fallait voir les sourires de satisfaction de nos bénévoles quand les cyclistes passaient sur le pont, les remerciaient et témoignaient de leur reconnaissance.

C’est ça la paye des bénévoles : la reconnaissance de leur travail. La prochaine fois que vous en croiserez un, n’hésitez pas à le remercier. Ils sont tellement précieux.

Chaque fois, ça me dépasse tant ces gens sont dévoués. La municipalité de Péribonka est un exemple à suivre. Pour une population de 500 âmes, 50 personnes se sont impliquées pour faire de la Traversée une réussite. Ça représente 10 % de la population. Cette communauté sait recevoir. En plus, elle s’implique financièrement pour que la Traversée se concrétise. Il faut aussi le dire ; sans l’aide financière des municipalités et de plus d’une quarantaine de partenaires, cet événement « vitrine » du Lac-Saint-Jean en hiver ne se réaliserait pas.

À Roberval aussi, les bénévoles sont nombreux. En plus de leur implication dans le Village sur glace, certains ne lésinent pas à donner quelques heures pour la Traversée. Il y a aussi les valeureux motoneigistes du club Passe-partout. Au total, ce sont plus de 100 bénévoles qui ont permis à 300 personnes de traverser le Piekuagami cette année et surtout, à vivre ce défi unique. 

Vous avez sûrement déjà vu la fameuse affiche sur laquelle il est inscrit : « Avant de critiquer un bénévole, assurez-vous d’être en mesure de pouvoir le remplacer ». À tous les bénévoles, peu importe votre implication, je tiens à souligner votre importance dans notre communauté. J’invite les gens qui n’osent pas ou prétextent qu’ils n’ont pas le temps de s’impliquer de le faire. Vous verrez, le plaisir croît avec l’usage.

Louis Potvin