La fierté d'une région

Le Dr Stéphane Fortin a été responsable de l’équipe médicale aux Championnat canadien junior 2017 de patinage de vitesse et est administrateur du Centre Marc-Gagnon. Il se penche sur le sujet des dimensions de patinoires.

TRIBUNE / Le patinage de vitesse est de loin le sport où notre région est la plus performante ! Nos succès sont remarquables : quatre des 10 patineurs canadiens aux Olympiques de Pyeongchang sont originaires du Saguenay-Lac-Saint-Jean : Samuel Girard, Valérie Maltais, Marianne St-Gelais et Kasandra Bradette !

Notre tradition d’excellence en patinage de vitesse courte piste ne date pas d’hier : Frédéric Blackburn, Marc Gagnon, François-Louis Tremblay et Marie-Ève Drolet sont tous d’anciens médaillés olympiques.

Et la relève s’annonce tout aussi prometteuse : pendant que Vincent Girard et Claudia Gagnon s’envoleront bientôt vers Varsovie en Pologne pour les Championnats mondiaux juniors, d’autres excellents jeunes patineurs viseront des titres de champions québécois et canadiens en 2018, après nous avoir éblouis en remportant la bannière de la meilleure région aux Jeux du Québec à Alma il y a un an à peine.

Oui, nous pouvons être fiers de nos accomplissements : notre région est une véritable pépinière qui forme non seulement des champions, mais aussi une si belle jeunesse ! 

Car, au-delà des podiums et des médailles, nous sommes particulièrement fiers de la passion que nous transmettons à cette belle jeunesse ! Des jeunes souriants, enjoués et motivés de découvrir les valeurs du sport tels le dépassement de soi, la persévérance, la résilience face aux difficultés : c’est aussi cela le patinage de vitesse !

Cependant, ces succès incontestables ne sont pas le fruit du hasard. Des entraîneurs passionnés et compétents, des clubs structurés et organisés, un nombre d’heures d’entraînement sur glace adéquat et la présence indispensable d’une glace olympique sont autant d’éléments qui expliquent nos succès. 

Il n’y a que neuf glaces de dimensions olympiques au Québec et nous avons le privilège d’en posséder une ici, à Chicoutimi. Ceci est essentiel pour développer le plein potentiel des patineurs. Ce n’est pas un hasard si la Fédération de patinage de vitesse du Québec oblige tous ses patineurs de 14 ans et plus à compétitionner exclusivement sur des glaces de dimensions olympiques. Il s’agit d’une question de sécurité : la vitesse maximale atteinte en sortie de virage déporte les patineurs vers les matelas protecteurs recouvrant les bandes. Cette sécurité est compromise sur une glace de dimensions nord-américaines trop étroite : pas le temps de se protéger en cas de chute ! Parlez-en au club de La Baie qui a vu un des siens, 13 ans à peine, mais fort talentueux, se fracturer une vertèbre cervicale.

Depuis la fermeture du Centre Georges-Vézina, nous avons perdu notre seule glace olympique au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Et Matane, Rimouski (en construction), Lévis, Québec, Trois-Rivières, Drummondville, Sherbrooke, Montréal et Laval sont plutôt éloignées pour nous venir en aide.

Perdre l’accès à la glace olympique du Centre Georges-Vézina pour trois semaines est certes un problème majeur pour le patinage de vitesse. S’il fallait la perdre à jamais, les conséquences seraient catastrophiques pour tous les athlètes de la région, obligeant plusieurs à s’exiler hors de la région pour poursuivre leur développement, et privant par le fait même les autres et les plus jeunes de leurs leaders et entraîneurs.

Tous nos élus, tant municipaux, que provinciaux et fédéraux, ainsi que la population, doivent comprendre l’importance de cette glace olympique et tout mettre en œuvre pour la maintenir. Sans celle-ci, le patinage de vitesse tel qu’on le connaît serait appelé à disparaître du paysage de notre « Royaume ».