Il faut aider les hommes aussi

Les hommes sont des êtres humains qui ressentent les mêmes émotions que les femmes, mais ces émotions sont moins verbalisées. Nous savons que la détresse chez les hommes est en augmentation et en même temps on voit une dévalorisation de la demande d’aide. Chez les hommes, la demande d’aide lors de difficultés importantes arrive trop souvent très tard. On sait que lorsque la détresse n’est pas diagnostiquée et traitée, elle augmente significativement le risque d’apparition d’idées suicidaires.

Andrée Verreault 

Les hommes cumulent plusieurs facteurs de risque. Par exemple, ils sont plus nombreux que les femmes à rapporter qu’ils ont un niveau de soutien social faible. Ils sont deux fois plus nombreux que les femmes à reconnaître n’avoir aucun confident. De plus, les hommes seraient moins nombreux que les femmes à consulter en cas de difficultés. Quand ils consentent à demander de l’aide, ils la veulent tout de suite, sans attendre. Cette demande d’aide est souvent analysée sous la forme d’un agir (impulsivité, colère). On les croit agressifs et non souffrants. 

En 2018, des standards qui sont encore trop souvent présents.

L’homme doit avoir :

La capacité de sacrifier ses besoins et désirs personnels pour nourrir les membres de sa famille ;

La capacité d’endurer la douleur et les épreuves pour protéger ses proches ;

L’expression d’amour en posant des gestes pour les autres. Ex. : prouver l’amour au lieu de le dire ;

L’intégrité, la résolution et la loyauté face à des engagements ;

L’empressement à prendre des risques et à rester calme face au danger ;

La tendance à être centré sur l’action et le faire (l’agir).

Il ne devrait pas :

Lâcher tant qu’il n’a pas réussi à résoudre un problème ;

Pour un homme, la tâche est immense, il n’y a pas beaucoup de place pour l’expression de la souffrance. Chez les hommes, elle doit d’abord être approuvée, validée, autorisée, il faut qu’elle devienne comme socialement acceptable.

Les hommes consultent de la même manière qu’ils vont au garage pour le remplacement d’une pièce mécanique défectueuse.

En conclusion, nous croyons que cinq types de facteurs peuvent faciliter la demande d’aide des hommes : 

1) Une socialisation qui leur permettrait de demander de l’aide sans qu’ils se discréditent.

2) Une plus grande accessibilité des services d’aide. 

3) Un accueil tenant compte de leur réalité. 

4) Un organisme visible et accessible dont la culture interne est sensible aux besoins des hommes.

5) Une proposition de services clairement définie et destinée spécifiquement aux hommes.

Les hommes en difficulté doivent se sentir respectés, mieux compris et accueillis dans leur différence. 

Cet accueil sur mesure peut alors constituer la première étape d’un processus de reconstruction qui nécessite tout d’abord la réconciliation de l’homme avec lui-même. 

Aide et entraide 

Le centre de prévention du suicide 02 est l’un des organismes qui offrent des services spécifiques aux hommes et soutient un programme d’aide fait pour eux. 

Transition/Trajectoire en est un exemple, c’est un groupe d’entraide pour hommes âgés de 18 ans et plus, qui vivent des périodes difficiles (séparation, perte d’emploi, etc.) et qui cherchent des moyens pour s’en sortir. 

Nous invitons les hommes à miser sur l’entraide en se joignant à un groupe. Pour plus d’information, communiquez au 418 820-1433. « Demander de l’aide… c’est fort ! »