L’athlète Léandre Bouchard a remporté la 5e Traversée du lac Saint-Jean à vélo, samedi dernier.

Des projets de fou qui prennent vie

La Traversée du lac Saint-Jean à vélo suscite de plus en plus d’engouement, en raison de sa démesure, mais aussi de ceux qui l’ont porté depuis toujours. Éric Larouche s’exprime sur cet événement qui se déroulait la semaine dernière.

TRIBUNE / À maintes reprises, je me suis fait traiter de fou pour des projets ou idées que j’avais. Mon ami David Lecointre en avait toute une. Imaginez, traverser le lac Saint-Jean en fatbike. Ça prenait juste un Bleuet belge pour avoir cette idée. 

Pourquoi lui ? C’est juste que nous, dans la région, parfois on ne voit plus le côté attractif d’un produit qu’on a, et qu’on connaît depuis longtemps. Le lac Saint-Jean, c’est tout un produit, hiver comme été. Il faut juste savoir comment le développer, et ce, de la bonne façon. 

La Traversée du lac, j’en sais quelque chose pour l’avoir fait de quatre manières différentes (rame, raquettes, nage et fatbike) est définitivement une attraction. Le lac a un côté mythique qui attire les gens à relever le défi qu’il représente.

Pour ma première fois en fatbike, car c’est de cela qu’on parle, David m’a demandé d’en être le président d’honneur. Je vous l’avoue, ça ne me tentait pas. Je suis frileux de nature et l’hiver, je ne fais pas de fatbike, mais plutôt du ski de fond.

J’ai poigné la pire tempête qui pouvait arriver. Ça m’a pris moins de 5 heures pour le traverser. J’étais à bout, tu dis, mais quand même fier de l’avoir fait.

J’ai dit sur toutes les tribunes que c’était la dernière fois que je faisais cette traversée. Et j’en suis aujourd’hui à ma 3e expérience. Il n’y a que les fous qui ne changent pas d’idée, faut croire.

La première édition, 5 heures ; la deuxième, 1h58 ; puis la troisième, 1h41. Et vous savez quoi, j’aime ça ! Alors une fois par année, j’enfourche mon fatbike et je fais la Traversée.

Et je comprends très bien que le touriste international ait le goût de vivre cette aventure. Au début, nous étions une centaine de participants, et cette année, plus de 300 cyclistes sont venus relever ce défi. Sérieux, il faut capitaliser là-dessus.

Il faut prolonger le séjour pour ce beau monde, ajouter le ski de fond, faire un duathlon et avoir 1000 personnes ! Voilà ce qu’il faut faire. 

Des touristes qui restent plus longtemps, c’est payant. Et pourquoi pas, tant qu’à y être, une piste permanente de fatbike et une autre de ski de fond, qui relieraient plusieurs municipalités ? Roberval-Péribonka, Métabetchouan-Saint-Gédéon. Nous aurions des visiteurs tout l’hiver juste avec cela.

À la traversée du lac en vélo, je dis bravo et je félicite surtout les bénévoles. Sans eux, pas d’événement.

David, je te dis : tu es fou ! L’an prochain, aller-retour 64 kilomètres, possible. Mais 100 kilomètres, c’est trop.

Reste fou, mais pas con.

Éric Larouche