Bientôt à Saguenay?

TRIBUNE / À l’aube d’élections municipales, il est question de villes intelligentes. Pour bien des gens, ce concept demeure toutefois intangible. L’analyste de Devicom Jean-Luc Doumont aborde le sujet.

OPINION / Depuis des semaines, cette question suscite de plus en plus d’intérêt de la part des élus, des entreprises et des médias. Pour bien comprendre ce qu’est le concept de « ville intelligente », il faut en comprendre les prémices et bien interpréter l’ensemble des enjeux qui s’y rattachent.

Le terme « ville intelligente » (« smart city » en anglais) désigne une ville qui utilise les technologies de l’information (TI) pour améliorer l’ensemble des services urbains ou encore afin de réduire les coûts. À travers le monde, les smart cities sont implantées en Espagne, en France, Pays-Bas, Le Caire, Dubaï, Abou Dabi ou l’Inde. Plus près de nous, Québec et Montréal (qui d’ailleurs possède son propre bureau de développement) travaillent actuellement sur 70 projets misant sur l’innovation collaborative.

L'auteur de cette chronique, Jean-Luc Doumont

Pour une administration municipale, il s’agit d’une autre façon d’accentuer l’écoute et la communication auprès de ses citoyens. On ne parle plus de concurrence entre les entreprises issues des TI, mais bel et bien d’un projet collectif. D’ailleurs, quand les investissements en capitaux humains, sociaux et en infrastructures alimentent un développement économique durable pour améliorer la qualité de vie des citoyens, une ville peut alors être qualifiée d’intelligente.

À Montréal, parmi les 70 projets sur la table, on retrouve la synchronisation des feux de circulation ; le trafic routier en temps réel ; une carte d’identité numérique qui permet l’accès aux musées, bibliothèques, salles de spectacle, etc. ; la création d’un laboratoire d’innovation publique ; une application pour connaître les stationnements disponibles ; la demande d’accès à l’information et réponses en ligne pour la ville ; une cour municipale en ligne ; la vue sur les contrats octroyés par la ville où chaque citoyen pourra consulter l’ensemble des données ; sans oublier une vue sur le budget de la Ville avec un portail de données ouvertes qui assure une meilleure transparence.

De son côté, Québec a lancé, entre autres, des campagnes par messages textes pour annoncer, une heure à l’avance, les opérations de déneigement, sécurité civile ou encore la collecte d’ordures, sans oublier un gestionnaire de permis en ligne (citoyens et entrepreneurs) ou encore une alerte par courriel « Faire Face » pour avertir et aider les citoyens en cas de sinistre.

Regardons à présent pour Saguenay. En implantant un bureau de ville intelligente, nous pourrons régionaliser certains projets développés à Montréal en les adaptant, en les améliorant pour les faire correspondre à notre couleur locale et à nos réalités quotidiennes. Ne voyons pas les autres villes comme des compétiteurs, mais plutôt comme des partenaires qui pourraient jumeler leurs expertises avec celles que nous possédons dans notre région. 

À l’heure où la transparence est exigée de la part de nos élus, leurs implications avec les différents secteurs d’affaires provenant des TI, pour stimuler la création collaborative et mobiliser des équipes de travail, feront de Saguenay un acteur économique majeur dans le développement des technologies de l’information. 

Bien entendu, tout cela repose sur une réelle volonté politique et administrative pour que Saguenay devienne une ville intelligente après Montréal et Québec. Saguenay est à l’heure des choix pour son développement axé sur le futur, soit celle de l’économie du numérique.

Soyons proactifs, Infrastructures Canada annoncera prochainement le « Défi des villes intelligentes » où un grand prix de 50 M $ pour un soutien financier au développement de cette technologie est à la clé. Saguenay se devra d’être parmi les 20 premières villes intelligentes à travers le monde afin d’amener un positionnement et un rayonnement inespéré à notre ville. Une porte s’ouvre à nous, saisissons-la en collaborant ensemble.

La prochaine étape cruciale serait-elle la création d’un regroupement d’élus, d’entrepreneurs et de professionnels provenant des TI pour mettre en œuvre les prémices d’une politique d’une ville intelligente ? La réponse est simple : oui !