Suffisants, les cours de conduite ?

Les parents ne font pas la vague devant les cours de conduite obligatoires depuis 2010. Les cours que suivent leurs enfants dans le but d'obtenir un permis de conduire ne font pas nécessairement d'eux de bons conducteurs. Il semblerait que les 15 heures de pratique réparties sur douze mois ne suffisent pas à faire d'eux des automobilistes sécuritaires.
Certains espéraient qu'en payant 1000$ à une école de conduite, cela suffirait pour que le jeune se présente à la SAAQ pour passer et réussir son examen. Ça ne suffit pas, me dit-on. Les parents doivent asseoir leurs enfants derrière le volant et le faire conduire au moins une cinquantaine d'heures pour qu'il assimile les habiletés nécessaires pour se qualifier à l'examen.
Il me semble qu'une heure de conduite aux dix jours, ce n'est pas la meilleure façon d'apprendre à conduire. Les heures de cours pratiques devraient être concentrées dans un plus court laps de temps, genre en un mois. Au prix que ça coûte pour suivre ces cours, il me semble que ça devrait être plus efficace.
Certains parents se montrent un peu nerveux à asseoir un jeune au volant pour pratiquer la conduite de l'auto quand le professeur de l'école de conduite pèse encore sur la pédale de frein installée du côté passager pour assurer sa sécurité, au cas où...
Les parents sont parfois de très mauvais professeurs et n'ont pas toute la patience et la pédagogie nécessaires pour aider leur jeune à conduire. Certains parents sont plus stressants que d'autres et n'arrivent pas à donner confiance au jeune. C'est pourquoi ils payent 1000$ pour que le travail soit fait par quelqu'un d'autre.
C'est certain que ce ne sont pas tous les jeunes qui ont la même habileté pour conduire une voiture. Il suffit de faire une visite sur les forums de discussion pour se rendre compte que conduire une voiture pour certaines personnes est un véritable cauchemar. Certains y renoncent même pour la vie.
Trois coins de rue
Quand j'étais jeune, tout le monde me parlait de Toto. C'est lui qui faisait passer les examens pratiques pour obtenir son permis de conduire au bureau des véhicules. C'était comme une légende, mes frères et les autres adultes du quartier disaient: «Si c'est Toto qui te fait passer ton permis, tu vas couler c'est sûr, il fait couler tout le monde», bavassait la rumeur publique.
La veille du test de conduite, on ne dormait pas de la nuit et on souhaitait tomber sur quelqu'un d'autre. Mais à cette époque, très jeunes, on pouvait conduire une auto en s'assoyant sur les genoux du conducteur sans avoir de ceinture de sécurité. Les jeunes sur les fermes pouvaient conduire des tracteurs dès qu'ils étaient assez grands pour toucher aux pédales. Donc on avait déjà expérimenté la conduite dans un rang quelconque sans permis de conduire dans nos poches.
Je me rappelle de ces virages que je n'arrivais pas à prendre, de la difficulté à évaluer les distances des voitures qu'on croise et du stress de se retrouver sur un boulevard où tout le monde roule à 70 km/h alors que tu roules à 50 km/h et que les automobilistes te poussent dans le dos. Je serrais le volant tellement fort que j'avais des crampes dans les mains.
Je m'étais présenté à mon examen pratique avec une voiture de marque Pinto en espérant ne pas tomber sur Toto. Évidemment, je vois arriver ce grand monsieur avec une casquette béret sur la tête. J'avais les fesses serrées. J'ai démarré l'auto, il m'a dit tourne à droite ici, continue tout droit, tourne à droite, à gauche puis à gauche. Après trois ou quatre coins de rue, j'étais revenu à mon point de départ. «Ne prends pas tes virages trop larges» qu'il m'a dit en descendant de l'auto, et le tour était joué.
Le tellement menaçant Toto, finalement, était un homme au bord de la retraite qui m'a fait passer mon test pratique sans aucun problème. La légende urbaine en avait pris pour son rhume, je ne pouvais pas la gonfler et rendre Toto plus méchant. Dommage, j'aurais bien aimé.