«La méga fuite d’informations personnelles de Desjardins, touchant une partie significative de la population québécoise, sera peut-être un point tournant dans l’attitude des institutions financières à l’égard de leurs clients», écrit l'auteur de cette lettre d'opinion.

Pour qu’on en finisse avec les vols d’identité

POINT DE VUE / La méga fuite d’informations personnelles de Desjardins, touchant une partie significative de la population québécoise, sera peut-être un point tournant dans l’attitude des institutions financières à l’égard de leurs clients. Enfin, on l’espère, parce qu’en cette matière, les pratiques de Desjardins ne sont pas vraiment différentes des autres et les conséquences tragiques pour celle-ci en feront peut-être réfléchir plusieurs.

Bon nombre d’institutions financières et organisations de crédit ont laissé les fraudeurs opérer en presque totale impunité, leur facilitant la tâche en simplifiant les tracasseries administratives aux demandes de crédit. Qui n’a pas été sollicité par ces fameuses «demandes préapprouvées» par la poste et «donateurs de cartes» à l’entrée des magasins? On en est même venu à trouver acceptable un certain pourcentage de fraudes, considérées comme un mal nécessaire afin de maintenir les taux d’adhésion et la compétitivité de leurs produits financiers.

Pire encore, lorsqu’il y a fraude ou vol d’identité, elles imposent aux clients qui en sont victimes un parcours du combattant afin de se libérer des menaces qu’elles font peser sur eux de détruire à jamais et unilatéralement leur dossier de crédit. Elles se défilent devant leurs responsabilités alors que c’est à elles que revient le fardeau de prouver que telle ou telle transaction financière, dont elles sont sensées avoir vérifié la validité, a bel et bien été effectuée par leur client ou un mandataire dûment autorisé.

J’espère qu’à partir de maintenant, cette attitude hautaine et désobligeante ne sera plus tolérée. Desjardins est peut-être la première à vraiment l’avoir compris, en raison de l’ampleur de la fuite d’informations et de l’atteinte à son image. Il ne reste plus qu’à souhaiter que l’exemple amène toute l’industrie des services financiers à revoir ses pratiques, afin qu’elle cesse de prendre ses clients en otages lorsqu’elle s’empêtre dans des problèmes qu’elle a elle-même créés.