Pour la dignité des vulnérables

OPINIONS / L’adage veut que l’on juge la grandeur d’une nation à la façon dont elle traite les plus vulnérables de ses citoyens. Le Québec moderne, plus que toute autre société en Amérique du Nord, s’est construit autour de cet idéal : offrir à tous ses citoyens la possibilité de grandir, de vieillir et de mourir dans la dignité.

Cet objectif ne saurait être atteint sans la contribution inestimable d’organisations partenaires œuvrant au bien-être des personnes vulnérables, en collaboration avec le gouvernement. C’est le cas des ressources intermédiaires d’hébergement (RI) qui, dans toutes les régions du Québec, lancent ces jours-ci un véritable cri du cœur afin de dénoncer le manque de moyens auquel elles font face.

À mi-chemin entre les soins à domicile et les CHSLD, ces quelque 900 RI offrent des milieux de vie adaptés à 13 000 personnes vulnérables au Québec : des aînés en perte d’autonomie, mais aussi des personnes vivant avec une déficience intellectuelle, un handicap physique ou une problématique de santé mentale. Elles leur assurent dignité et qualité de vie dans leur communauté, plutôt qu’un transfert hâtif en milieu institutionnel.

Leur présence permet au gouvernement de réaliser des économies substantielles. Le coût moyen par jour d’un usager y est de 108 $ pour le trésor public, comparativement à 300 $ en CHSLD et de 1200 $ en centre hospitalier. Dans un contexte de vieillissement accéléré de la population, il s’agit d’un écart significatif pour la santé de nos finances publiques.

Face à un manque grandissant de financement, les RI peinent à offrir des conditions de travail décentes à leurs employés, dont 80 % sont des femmes. Plusieurs préposées, gagnant un salaire moyen d’à peine 11 à 13 $ l’heure, doivent même cumuler deux emplois pour subvenir aux besoins de leur famille. Dans les circonstances, nombreuses sont celles qui se dirigent vers un autre emploi, notamment dans les CHSLD, où elles peuvent gagner 10 $ de plus par heure pour moins de responsabilités. Ces femmes, qui prennent soin d’une population vieillissante et vulnérable, méritent davantage de reconnaissance.

L’Association des ressources intermédiaires d’hébergement du Québec (ARIHQ) souhaite un investissement de 15 millions $ par année, sur cinq ans, pour remplir les responsabilités qui lui sont confiées par le gouvernement. Une demande on ne peut plus raisonnable, au moment où le gouvernement se dirige vers des surplus budgétaires se calculant en milliards $. Refuser de consentir si peu à des partenaires permettant de prendre soin des plus vulnérables de notre société à moindre coût n’est plus défendable.

L’Entente nationale régissant les conditions des RI est échue depuis deux ans. Depuis des mois, l’attitude du gouvernement du Québec freine tout avancement dans les discussions visant son renouvellement. Nous appelons donc aujourd’hui les ministres Gaétan Barrette et Lucie Charlebois à faire preuve du leadership que commande la situation, pour la dignité de l’ensemble des Québécoises et des Québécois.

Michel Clair et Johanne Pratte

Président et directrice générale de l’ARIHQ

Cachons ce sein...

Il n’y a rien au profit des villes dans la légalisation du pot. Des retombées économiques de 500 à 700 M $ par année, selon l’UPA, qui veut ramasser tout le pactole de la production et de la mise en marché pour ses membres. Rien de moins !

Les villes pourraient-elles avoir autre chose que juste des problèmes de consommation à gérer comme, tolérance 0 pour la conduite automobile ? Alors qu’il n’y a rien de démontré scientifiquement sur sa détection précise dans le corps humain. Les villes aussi, Saguenay en est une, font des déficits budgétaires et à la clé ont une dette à gérer. Pas juste les gouvernements provinciaux et fédéral qui pourraient tirer profit des retombées.

Pourquoi les villes auxquelles on veut donner davantage de pouvoirs avec la Loi 122, n’auraient-elles pas l’exclusivité de la production du pot, avant sa mise en marché par la SAQ ? Les villes ne pourraient-elles pas avoir autre chose que les pots cassés à ramasser ? Si on peut vendre notre électricité produite localement à Hydro-Quebec, on pourrait faire de même avec le pot.

Par ailleurs, une élue du peuple comme la ministre Lucie Charlebois n’a pas à laisser transpirer ses convictions personnelles en annonçant que ce n’est pas de gaité de cœur qu’elle accepte de s’occuper de mettre en place la loi québécoise sur la légalisation du pot. Au reste, ai-je senti un brin d’électoralisme dans son attitude. On ferme trop facilement les yeux sur la réalité prégnante de l’usage des drogues contrôlé par le crime organisé. On s’émeut peu ou pas du nombre de victimes innocentes, dans l’entourage de l’alcoolique ou du joueur compulsif, faites par Loto-Québec et la SAQ.

En tout état de cause, c’est avec le cœur en liesse que je vais accueillir le 1er juillet prochain. Enfin, je vais pouvoir, de temps à autre, aller m’asseoir sur mon coteau voisin de la rivière pour regarder passer les bateaux en fumant une couple de joints de qualité, à prix raisonnable et en toute quiétude. Si une partie des profits de la vente du pot peut servir à Éducanabis, à sensibiliser et à éduquer les jeunes aux dangers des drogues, comme Éducalcool le fait dans son propre créneau, tant mieux.

Marcel Lapointe, Jonquière