Roger Blackburn
Ginès-Didier Cano, directeur-propriétaire du Crestwood Music Education Center de New York, est originaire de Chicoutimi. Confiné à New York, il dirige présentement son école de musique via Internet et des cours virtuels.
Ginès-Didier Cano, directeur-propriétaire du Crestwood Music Education Center de New York, est originaire de Chicoutimi. Confiné à New York, il dirige présentement son école de musique via Internet et des cours virtuels.

Pire que le 11 septembre

Ginès-Didier Cano, le directeur propriétaire du « Crestwood Music Education Center » de New York, est originaire de Chicoutimi et il traverse la crise du coronavirus avec la même vigilance que les New-Yorkais, lesquels vivent dans l’épicentre de l’épidémie.

La région la plus touchée des États-Unis, l’État de New York, avait enregistré 778 nouveaux décès au cours des dernières 24 heures, mardi midi, ce qui portait le bilan à 10 834 décès depuis le début de la pandémie.

Cours virtuels

«Comme plusieurs New-Yorkais, nous avons été proactifs. Notre école de musique compte plus de 600 élèves et 43 professeurs. C’est une école privée et nous n’avons aucun soutien de l’État. En moins d’une semaine, nous avons fermé nos salles de classe pour offrir des cours en ligne. Les élèves et professeurs utilisent maintenant des applications comme FaceTime, Skype ou Zoom pour suivre et donner les cours de musique, depuis un mois », fait savoir le directeur propriétaire qui a fondé son école en 1987.

« Notre édifice est fermé et tous nos enseignements se font par Internet. Les professeurs se sont montrés créatifs et cette formation à distance est devenue très importante pour les élèves, tant pour les adultes que pour les jeunes. Comme toutes les écoles sont fermées, le cours de musique devient un rendez-vous très apprécié pour les familles confinées dans leur résidence », indique le musicien qui vit à New York depuis 1979.

À proximité de l’épicentre

Ginès-Didier Cano a reçu son doctorat de la Manhattan School of Music après avoir complété une maîtrise à la Juilliard School of Music après une formation au Conservatoire de Musique du Québec.

Le Crestwood Music Education Center est considéré comme l’une des écoles de musique les plus réputées du comté de Westchester, à New York, avec des étudiants privés de tous âges et de tous niveaux.

« Nous considérons les consignes de la santé publique très au sérieux. Nous sommes à 20 minutes de New Rochelle, la banlieue où a commencé l’épidémie à New York. La santé publique avait confirmé un premier cas chez un avocat qui avait fréquenté une synagogue », fait savoir le musicien de 60 ans.

« Nous croyons que nous allons donner des cours virtuels pendant plusieurs mois encore. Ici à New York, toutes les écoles sont fermées, nous avons désinfecté notre édifice avec nos 20 salles de classe, mais il faudra plusieurs mois avant qu’on rassemble des élèves dans une classe », considère le directeur du Crestwood Music Education Center.

Un gouverneur inspirant

« Nous avons été proactifs comme plusieurs New-Yorkais qui sont restés chez eux très tôt après les premiers cas. Le gouverneur de l’État de New York, Andrew Cuomo, est un homme extraordinaire, solide et très intelligent. N’eût été son leadership, il y aurait trois fois plus de morts à New York », assure-t-il.

« La situation est épouvantable présentement, mais cela aurait été pire sans les interventions du gouverneur de l’État et du maire de New York Bill de Blasio », évoque le directeur de l’école de musique.

Bill de Blasio a annoncé la fermeture des écoles publiques, bars et restaurants à compter du 16 mars et le gouverneur Andrew Cuomo a décrété le confinement et la fermeture des activités non essentielles une semaine plus tard, le 22 mars.

« New York, ce n’est pas une ville, c’est un pays de plus 20 millions de personnes. C’est une ville très énergique. C’est difficile de confiner tous ces gens dans leur appartement. Les gens ne sont pas testés ici au pays, alors c’est très difficile de connaître les chiffres concernant le nombre de cas et d’estimer une date pour la fin de cette pandémie », croit le Chicoutimien d’origine.

« J’écoute la science dans ce genre de situation. Il faudra attendre un vaccin et des tests pour savoir qui est contaminé. La vie humaine est plus importante que l’économie, alors ça risque d’être long pour un retour à la normale. La situation que nous vivons présentement est pire que l’attentat des “twins towers” le 11 septembre », termine-t-il, en saluant les gens de la région et ses anciens confrères du Séminaire de Chicoutimi.